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Cinq arbres infectés par le chancre coloré

Récemment, le service des Espaces Verts de la Ville de Grenoble a détecté cinq cas de platanes infectés par le chancre coloré. Situés au niveau des numéros 49 et 90 du cours de la Libération et du Général Charles De Gaulle, ces arbres doivent aujourd’hui être abattus. Explications sur la prolifération et le traitement de ce champignon invasif.

La chute précoce des feuilles d’un platane en automne peut-être un symptôme visible de la présence du chancre coloré. © Auriane Poillet

Originaire d’Amérique du Nord, le chancre coloré est un champignon qui détruit les platanes. Il a été introduit à Marseille pendant la deuxième guerre mondiale. Les spores, présents dans des caisses en bois de soldats américains, ont été apportés par bateau.

En France, les autorités ont commencé à se préoccuper de ce nuisible à partir des années 70 et la lutte a été rendue obligatoire en 2000. Le chancre coloré a fait beaucoup de ravages, notamment autour du Canal du midi.

Dans les Bouches-du-Rhône, par exemple, 30 000 platanes ont disparu en 25 ans. Dans le Vaucluse, 1 300 sujets sont éliminés chaque année.

A Grenoble, 7 cas avérés depuis 2010

Même s’il est majoritairement présent dans le sud de la France, le chancre coloré remonte progressivement vers le nord de l’hexagone. A Grenoble, le premier platane infecté a été découvert en 2010 dans le quartier Mistral.

En 2017, un cas avéré avait été découvert au niveau du n°104 du cours de la Libération et du Général Charles De Gaulle. Cette année, le long de cette même voirie, cinq nouveaux platanes ont été diagnostiqués malades. Hypothétiquement, ces infections peuvent correspondre aux travaux réalisés pour l’installation de la ligne de tram E.

Malheureusement aucun traitement qui permet l’éradication du champignon et la sauvegarde du platane n’a pour le moment été découvert. Une fois infecté, l’arbre meurt en moins de cinq ans et le champignon se transmet rapidement. Il faut alors agir vite, selon une législation très précise définie par l’arrêté préfectoral du 22 décembre 2015.

Deux mois pour agir

Tout propriétaire d’arbre est tenu de surveiller les platanes et de les détruire en cas avéré de chancre coloré. A Grenoble, le service des Espaces Verts procède désormais deux fois par an (au printemps et à l’automne) à l’inspection de l’ensemble des platanes du cours de la Libération et du Général de Gaulle.

La chute précoce des feuilles à l’automne est l’un des symptômes liés à la présence du chancre coloré. © Auriane Poillet

Les 4 400 platanes présents sur la ville font par ailleurs l’objet d’un diagnostique complet tous les 1 à 5 ans selon leur état de santé. Tout problème repéré visuellement par les équipes de terrain est immédiatement signalé pour effectuer une identification précoce de la maladie.

Des symptômes peuvent permettre de détecter le champignon. Parmi eux, la pousse retardée des feuilles au printemps, la chute précoce des feuilles à l’automne, la présence de « flammèches » violettes sur la surface du tronc et le craquèlement de l’écorce adhérente à la surface du tronc.

En cas de suspicion, l’arbre est signalé auprès de la Métropole, propriétaire des arbres de voirie, et auprès du SRAL (Service régional de l’alimentation). La FREDON (Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles) effectue un prélèvement sur la surface du tronc et l’échantillon est ensuite envoyé à un laboratoire agréé indépendant.

© Auriane Poillet

Lorsque la suspicion se transforme en cas avéré de chancre coloré, les autorités disposent d’un court délai de deux mois pour agir.

Dans le cas des arbres infectés du cours de la Libération et du Général De Gaulle, Grenoble-Alpes-Métropole gère le chantier destiné à éradiquer le champignon. Il est réalisé par une entreprise spécialisée.

Un chantier très réglementé

Lorsqu’un platane est diagnostiqué malade, son propriétaire est dans l’obligation de l’abattre et d’abattre ses voisins dans un périmètre légal de 35 mètres. Pour cinq arbres malades sur le cours, 58 seront abattus.

Le chantier est très contraignant. Le sol doit être bâché. La bâche, les copeaux, le matériel et les engins doivent être désinfectés en permanence avec des produits biocides très localisés.

Les platanes abattus sont normalement incinérés sur place. A Grenoble, il existe cependant une dérogation pour les incinérer dans des chaufferies.

Le camion qui permet de les déplacer doit être étanche et emprunter une route sur laquelle on trouve un minimum de platane pour éviter la contamination d’autres arbres. Là, ils seront broyés et incinérés. La souche restée sur place est aussi dévitalisée ou rognée et enterrée.

Une surveillance accrue

Après l’abattage d’un platane malade, il est interdit de replanter un arbre de la même espèce au même endroit pendant dix ans pour éviter la recontamination. Le lieu peut être laissé comme tel ou accueillir une nouvelle essence.

A Grenoble, il n’existe pas de condition météorologique qui peut influencer sur la prolifération du chancre coloré. Il reste néanmoins important pour le service des Espaces verts et le service commun de l’arbre entre la Ville et la Métropole de surveiller les platanes de Grenoble et de l’agglomération.

Les élagueurs limitent leurs interventions sur les platanes afin d’éviter de créer des plaies qui constituent des portes d’entrée pour la maladie. Mais lorsqu’elles deviennent nécessaires, ils sont dans l’obligation de désinfecter tous leurs outils avant et après chaque intervention sur un platane.

informationRenseignements divers
Le chantier débute au cours du mois de novembre.

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