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Éloïse Pariset

Chercheuse en pleine santé

A 24 ans, Éloïse Pariset pourrait bien apporter une pierre précieuse à l’édifice de la recherche contre le cancer. Depuis deux ans, la jeune alsacienne investit un laboratoire du CEA pour mettre au point un système médical « miniaturisé et simple d’utilisation », dans le but de dépister encore plus tôt un cancer, avant l’apparition des symptômes.

Éloïse est une inventeuse. Issue d’une famille d’artistes, elle a souhaité s’orienter dans le domaine scientifique lorsqu’elle était collégienne. « C’était comme une évidence. Avec les sciences, on accède à un univers, comme quand on apprend à lire, car tout ce qui nous entoure est explicable et interconnecté », raconte la doctorante. Aujourd’hui, elle est ingénieure spécialisée en physique-chimie et en biologie.

Dans le cadre de sa thèse, elle a intégré le laboratoire BioChip et BioPackaging(1) du CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) à Grenoble, avec une application finale en cancérologie. « Plus de dix millions de personnes sont touchées par le cancer chaque année. Le problème c’est qu’il faut attendre que la maladie se développe jusqu’à un certain stade pour la diagnostiquer. Mon but, avec ce dispositif, est de la détecter en amont, avant la présence d’une grosse tumeur par exemple. Les traitements seraient alors moins lourds… », explique-t-elle.

C’est un honneur de voir que mon travail est reconnu. Je sens que mes recherches ont un réel intérêt et un vrai impact sur la société.

Pour cela, son objet d’étude et d’espoir n’est autre que le sang, et plus particulièrement un type de vésicules contenues dans ce liquide biologique. « Si on constate qu’elles comportent des modifications physiques en présence d’une maladie cancéreuse, cela peut apporter un diagnostic complémentaire. Des examens de contrôles routiniers pourraient alors être réalisés avec ce matériel », précise-t-elle.

Ressemblant à une carte électronique (photo ci-dessus), cet outil permettrait de filtrer les cellules souhaitées, les isoler et les analyser à l’aide de capteurs. Éloïse envisage un système facile à transporter, notamment en faveur des pays qui n’ont pas accès aux matériaux traditionnels.

Une reconnaissance internationale

Le 11 octobre dernier, son cheval de bataille a été récompensé par la fondation L’Oréal-Unesco pour les femmes et la science, génération jeunes chercheuses. Une bourse de 15 000 euros lui a été attribuée pour l’accompagner et la valoriser dans sa carrière. « C’est un honneur de voir que mon travail est reconnu. Je sens que mes recherches ont un réel intérêt et un vrai impact sur la société. (…) Lors de la remise des bourses, il y avait beaucoup de lycéens. Représenter les femmes dans la science auprès des plus jeunes me tient à cœur », raconte-t-elle. La jeune femme rappelle en effet que la gent féminine est représentée à hauteur de 28 % dans le milieu scientifique. « Il y a clairement une inégalité et je pense qu’il n’y a aucune raison pour ça », affirme-t-elle.

Au terme de sa thèse, elle souhaite continuer à se consacrer à la recherche appliquée dans le domaine biomédical ou dans l’énergie, car « cela impacte aussi notre santé ».

(1) Un laboratoire axé sur la réalisation de dispositifs miniaturisés pour la santé.

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