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La Villeneuve

Collège Lucie Aubrac, classe affaire

Il n’y pas d’âge pour créer sa boîte. Pour la seconde année scolaire consécutive, le collège Lucie Aubrac de la Villeneuve lance une mini-entreprise gérée, comme une vraie, par des élèves de troisième. Visite d’une classe affaire.

749840_College AubracDepuis, septembre 2014, 18 élèves de 3e du collège Lucie Aubrac, dans le cadre des options de troisième, ont fondé une mini-entreprise qui a tout d’une grande. Dirigée par un président directeur général, elle intègre une directrice générale adjointe, cinq chefs de services et onze employés, est dotée d’un budget et possède un compte bancaire. De la recherche de finances, à la mise en œuvre et la commercialisation d’un produit ou d’un service en passant par l’étude de marché, les jeunes entrepreneurs réalisent et gèrent toutes les étapes du projet, de A à Z. L’ensemble, dans le délai d’une année scolaire, 9 mois. Au long de cette gestation, ils sont accompagnés par deux professeurs et deux parrains issus du monde professionnel. Les enseignants, « maîtres du temps » veillent au respect du calendrier fixé en début d’exercice. Les professionnels partagent leur expérience par de précieux conseils.

Former à l’esprit d’entreprise
Cette action portée par le réseau national EPA, Entreprendre Pour Apprendre, partenaire du ministère de l’Éducation nationale, vise à démystifier l’entreprise en la faisant entrer à l’école. Les jeunes apprennent à faire fructifier leur projet et à le mener à son terme. Ils deviennent acteurs de leur vie personnelle et professionnelle et acquièrent le sens des initiatives, des responsabilités et du travail en équipe.

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La sensibilisation au projet se fait dès la classe de quatrième. L’embauche finale a lieu au début de la troisième, sur la base du volontariat. A l’automne, Yassine, ancien délégué de classe, engagé dans des associations et des clubs, rassembleur adroit et doté d’un sens relationnel reconnu de tous, a fait l’unanimité de ses collègues au poste de pdg. « Au début, j’étais plutôt fier, avoue-t-il, mais ensuite je me suis vite aperçu que c’est lourd de diriger une équipe et de se positionner face à ses amis. A la fin de chaque séance de travail, je dresse le bilan, rédige le rapport et ensuite, avec Nawal, la directrice générale adjointe, j’élabore l’emploi du temps de la séance suivante. »

Une équipe compétente et engagée
Au départ de l’entreprise, un entretien d’embauche individuel où participent le Pdg, un parrain, un professeur, le chef d’établissement ou son adjoint, fixe l’organigramme. Chacun des élèves est positionné sur un poste en adéquation avec ses compétences, « quitte à susciter quelques frustrations lorsqu’on ne répond pas à l’envie du candidat mais au besoin de compétences. Mais c’est aussi ça l’entreprise » semble regretter Yassine, compatissant. Signe de leur engagement et de leur volonté de réussir, le jour de l’entretien d’embauche, les élèves ont délaissé leurs habits quotidiens pour des tenues plus classiques.

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Un produit bien pensé
Cette année, après avoir confronté diverses idées innovantes, le trieur de sac a été retenu comme projet. Il permet d’organiser un sac dépourvu de compartiments. Le nom de l’objet : TTS pour Trie Ton Sac devient aussi celui de l’entreprise. « Dans un tel projet, il faut se méfier de la fausse bonne idée qui fera un flop. Le trieur est un choix pertinent. Facile à mettre en œuvre dans une diversité de matières et d’une valeur d’usage avérée, il s’adapte à différents types de sacs : cartables, sacs à dos, sac de sport, sacoches » souligne Stéphane Berger, parrain, en professionnel avisé.

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Au moment du passage au lycée, cette expérience démystifie le monde de l’entreprise, ouvre de nouvelles orientations et stimule les ambitions. « Sur le quartier de la Villeneuve il est essentiel de démontrer qu’il est possible de créer sa propre activité ou une entreprise à partir d’un projet structuré et sérieux, si on respecte les étapes imposées. La mini-entreprise vise la mixité. Élèves en difficulté et élèves brillants, travaillent de concert et chacun trouve sa place en fonction de ses compétences. Personne ne reste à la traîne. Et l’on découvre aussi des talents insoupçonnés » conclut Joseph Sergi, principal du collège Lucie Aubrac.

Le staff au taff

Chaque mardi après-midi, les élèves troquent leur casquette d’élève pour celle de communiquant, financier, designer, graphiste, développeur technique… et investissent la salle de technologie du collège. En début de chaque séance, Yassine dresse le bilan de ce qui est déjà réalisé, fixe les objectifs et distribue le travail du jour. « Je m’adresse aux chefs de services qui répartissent le travail dans leur équipe » cadre le pdg.

Ça cogite au service marketing

Le 6 janvier 2015, Inès, Yanis, Aurélie, Djakhar, du service marketing planchent sur la charte graphique et la carte de visite de l’entreprise. Eya, Issak et Ozlem, forts en maths et passionnés d’informatique au service financier, comptabilisent les avances remboursables collectées, sortes d’actions qui financent le projet, et règlent les premières factures des fournisseurs.Côté marketing et relations clients, Nadia et Sabrina conçoivent, dessinent le logo de l’entreprise et le testent sur un cartable.

Discret, Stéphane Berger, parrain, observe et pose une question : « Le trieur est-il seulement prévu pour les cartables ? » Nawal, directrice générale adjointe, se joint au débat. L’échange et la confrontation des avis s’engagent et aboutissent à une décision partagée. Il faut aussi prévoir des illustrations de sac de sport, de sacoche pour élargir la cible des consommateurs. Après un premier test, il devient évident que le logo TTS ne parle pas assez au public. « Et si vous attisiez la curiosité du client ? » lance Stéphane Berger. Le nom de l’entreprise « Trie Ton Sac », plutôt sympathique, sera ajouté sous le logo. Un grand pas en avant vient d’être franchi pour valoriser le produit.

… et ça compte au service financier

Très concentrées, Sakina, directrice du service technique et financier et Sarah, se concentrent pour « déterminer les fonctions et contraintes du projet afin de concevoir le meilleur produit qui corresponde le mieux aux attentes du client. » En pratique, elles rédigent le cahier des charges du trieur qui s’imposera à l’équipe recherche et développement dans la réalisation du prototype. Enfin Yanis et Ali, collègues du service technique, font leur marché sur internet. Ils listent les fournisseurs de matériaux qui proposent les meilleurs produits aux meilleurs prix.

Après le test du trieur, l’équipe technique le fabriquera pendant que le service marketing relations avec le public en assurera la promotion auprès de la cible clientèle. La vente permettra de rembourser les avances financières confiées, au début de l’opération, par les souscripteurs et dresser le bilan économique de la jeune entreprise. Trie Ton Sac devra clore son exercice en juin pour confronter son projet à ceux des collèges concurrents lors du concours régional organisé par EPA.

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