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Des initiatives du coin de la rue jusqu’au bout de la planète

Les habitants des villes bougent leur mode de vie partout dans le monde. Des villes de toutes tailles, capitales comprises, engagent des projets ambitieux sur des thématiques environnementales, citoyennes ou économiques. Des projets qui bousculent certaines habitudes, que les habitants partagent au quotidien.

La Ville d’Essen, en Allemagne a été élue Capitale verte de l’Europe. © JochenTack

Un réseau international de Villes en transition a vu le jour il y a une dizaine d’années et sa toile se ramifie partout dans le monde. D’après le site Transition Network, plus de deux mille initiatives ont été recensées dans une cinquantaine de pays, dont cent cinquante en France.

À Grenoble, un petit groupe « en transition » est né au début des années 2010, animé par le désir d’une transformation sociale et écologique de la ville pour surmonter les impasses de la civilisation du pétrole. Depuis 2014, la Ville réfléchit à s’entourer d’un réseau d’acteurs internationaux pour mettre en lien ses propres initiatives avec les expériences menées ailleurs.

Un réseau qui fait pousser la réalité de la transition : « C’est un rapprochement de villes, qui se retrouvent sur des prises de conscience communes. Elles discutent ensemble et tissent des relations constructives pour rendre l’espace urbain désirable et solidaire », appuie Bernard Macret, adjoint aux solidarités internationales.

Les relations entre Grenoble et plusieurs de ces villes sont déjà très avancées. Élus et techniciens correspondent et se rencontrent pour échanger sur les projets en cours et les adapter le cas échéant, en tenant compte du contexte et des besoins locaux. Un mode opératoire qui vise la souplesse et l’efficacité : « À l’échelle européenne, ces regroupements se formalisent pour répondre à des appels à projets. Nous avons commencé à le faire l’an passé pour des financements européens sur les budgets participatifs et la nature en ville. Nous ne les avons pas décrochés, mais ce n’est que partie remise », assure Bernard Macret.

sur l’ensemble de la ville, 70 % des trajets se font désormais à pied ou à vélo. Pontevedra a remporté en 2013 le prix européen Intermodes à la mobilité urbaine.

En Espagne, un centre-ville entièrement piéton

Les projecteurs de la Biennale se braqueront aussi sur ces relations nouées entre Grenoble et le monde en transition. Plusieurs de ces villes offrent des repères, débroussaillent le terrain, fournissent de précieux conseils opérationnels aussi.

C’est le cas de Cascais, ville balnéaire près de Lisbonne (200 000 habitants), présente à la Biennale, qui a inspiré à Grenoble les conditions de mise en place du Budget participatif. Cascais s’attache depuis cinq ans à rapprocher les citoyens des instances de décision pour construire une gouvernance locale. Elle n’hésite pas à faire œuvre de transparence dans ses activités pour inciter la société civile à y prendre part. Avec pour objectif ultime de mieux connaître les besoins réels de la population et d’y répondre.

La Ville de Pontevedra, en Espagne, a engagé un processus important de piétonnisation dès les années 2000.

Non loin de là, en Espagne, Pontevedra (communauté autonome de Galice) a appliqué dès le début des années 2000 un ambitieux programme de piétonnisation du centre-ville. Après quelques levées de boucliers face au projet, Pontevedra reconnaît avoir nettement gagné au change. Alors que le trafic routier a baissé de 90 % dans l’hypercentre, le commerce y fait florès, l’attractivité touristique s’en trouve renforcée et le nombre d’accidents de la circulation a été divisé par trois.

Pontevedra est la première cité de plus de 80 000 habitants à avoir adopté la mobilité douce : sur l’ensemble de la ville, 70 % des trajets se font désormais à pied ou à vélo. Pontevedra a remporté en 2013 le prix européen Intermodes à la mobilité urbaine.

Sur les chemins du bien-vivre

Ailleurs en Europe, le mouvement fait aussi boule de neige. Dans le sillage de Totnes, d’autres villes anglaises fourmillent d’expérimentations citoyennes et environnementales, faisant du Royaume-Uni le premier pays européen en matière de transition.

Les pays du nord de l’Europe sont aussi concernés, au même titre que l’Allemagne. Dans le berceau industriel de la Rhür, la ville d’Essen, jumelée avec Grenoble depuis 1979, vient même d’être élue capitale verte de l’Europe. Le maire Éric Piolle s’y est rendu en janvier dernier pour constater tous les projets menés. Une énergie renouvelable largement basée sur la biomasse, le développement des mobilités douces avec une autoroute à vélos de plus de cent kilomètres et l’intégration des migrants dans la vie publique hissent Essen parmi les modèles à suivre pour Grenoble.

À l’autre bout de la planète aussi, les gouvernements prennent des initiatives innovantes. L’Équateur a ainsi créé un ministère du Bien-vivre, suite à l’adoption d’une nouvelle constitution en 2008. Celle-ci prône le détachement matériel pour partager le confort déjà disponible. Une série d’indicateurs vérifient en permanence que les mesures prises par les différents ministères contribuent au bien-être des habitants. Et de peaufiner cette notion du bien-vivre, qui revêt une réalité aussi multiple que complexe.
Pour en savoir plus, Freddy Ehlers, le ministre du Bien-vivre d’Équateur, sera présent aux côtés de Nicolas Hulot à Grenoble lors de la soirée spéciale de la Biennale, le 10 mars à la MC2 à partir de 18h30.

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