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Crowdfunding

Des initiatives grenobloises prennent vie grâce au financement participatif

Ils s’appellent Laure, Thomas, Amélie, Brice, Sandrine… et tous ont testé le financement participatif, le « crowdfunding » en anglais. Connaissant un essor mondial, ce concept a aussi séduit des Grenoblois.

De la volonté pour développer un projet et de la créativité à revendre, voici l’ambition que partagent les personnes inscrites sur une plateforme communautaire. Elles sollicitent le soutien bancaire du public, sur Kisskissbankbank, Ulule ou My Major Compagny pour les plus connues. Cette technique utilise Internet comme principal vecteur de mise en relation entre les porteurs de projets et les contributeurs qui reçoivent une contrepartie.
Et Grenoble n’est pas en reste quand il s’agit de financer un livre, un service de restauration mobile, un disque, un court-métrage ou encore un raid sportif.
Sandrine, Laure et Amélie projettent ainsi de partir au Cambodge pour participer au Raid Amazones, un challenge sportif de six jours. Thomas et Brice, chefs de cuisine, ont inventé « Le Bistrot qui roule ». Un service de restauration mobile importé des États-Unis,proposant aux passants de déguster sur le pouce des recettes traditionnelles françaises. Paris réussis.
Mais si certains projets sont financés à 100 % voire plus, d’autres ne décollent pas. C’est tout ou rien : si durant la période de la campagne la cagnotte n’est pas remplie, l’ensemble des contributeurs est remboursé. C’est le principe des trois cercles : en premier, il faut attirer les proches, puis les connaissances, pour toucher enfin le grand public. La communication fonctionne surtout par le bouche-à-oreille et les réseaux sociaux.

 

Recette & Bicyclette

Recette et Bicyclette en Roumanie.

Recette et Bicyclette en Roumanie.

Recette & Bicyclette, c’est l’intitulé du projet de Claire et Lucie. Ces deux anciennes étudiantes grenobloises ont collecté 2 335 € sur un objectif de 1 200 €, en avril dernier. Près de 50 donateurs ont contribué à cette réussite. Claire : « Notre projet est fait de partage, de voyage à vélo et de témoignages ; le financement participatif nous est apparu être une bonne manière de créer des liens, d’échanger avec nos contributeurs, de s’engager aussi : les contreparties nous obligent à réaliser ce qu’on a prévu. Des gens nous ont apporté leur soutien financier, à nous de les remercier avec nos réalisations ».

Le projet de Claire et Lucie ? « A Sciences Po Grenoble, nous avions étudié l’Europe de l’Est et nous souhaitions mettre une réalité sur ces grands aprioris que nous avons de ces pays. L’idée de partir en vélo à la rencontre des gens a grandi en nous. La cuisine nous a semblé être un bon moyen pour entrer en contact avec des familles et des grands-mères, une génération qui a vécu les changements politiques. Le vélo permet de prendre le temps, le temps de la rencontre, de ne pas passer uniquement pas les grandes villes mais se perdre dans les campagnes. » Leur périple a duré trois mois, d’avril à juin.

Une fois l’inscription du projet effectuée sur un site Internet dédié, il faut communiquer. Pour cela, les réseaux sociaux et le bouche à oreille fonctionnent à merveille. Il est possible de choisir la durée de la campagne de collecte. Les responsables des plateformes de crowdfunding conseillent de ne pas forcément sélectionner une période trop longue. Claire : « Nous avions choisis 15 jours, ainsi notre campagne a été dynamique : elle s’est terminée le 4 avril et le 7 nous partions ! ».

Particularité de cette forme alternative de financement, c’est la règle des trois cercles : en premier, il faut attirer les proches, puis les connaissances, pour toucher enfin le grand public. Claire : « C’est un moyen d’obtenir le soutien de nos familles et amis qui ont envie de donner un coup de main ; c’est une façon simple de mobiliser ces ressources. Il y a aussi des gens que nous ne connaissons pas du tout. »

Passionnées de dessins et de photographie argentique, Claire et Lucie ont croqué et capturé des moments de rencontres et d’échanges, tout en cuisinant dans les terres reculées de l’Allemagne, de la Pologne, de la République thèque, de la Slovaquie, de la Hongrie et de la Roumanie. A leur retour, au début de l’été, elles ont organisé des expositions et le livre est prévu pour Noël 2015.

 

Le Bistrot qui roule

La maquette du Bistrot qui roule.

La maquette du Bistrot qui roule.

Le Bistrot qui roule, c’est un camion que vous croiserez peut-être prochainement dans les rues de Grenoble. Brice et Thomas cuisineront à l’intérieur des recettes traditionnelles françaises pour les passants. Avec un objectif de 5000 €, ils ont récolté le 1er septembre dernier 5 120€ en 70 jours. « C’est tous les jours Noël lorsqu’on fait une campagne de financement participatif ! » s’amuse Brice. Sans trop y croire au début, ils ont inscrit leur projet sur une plateforme de crowdfunding « pour voir ». Ne connaissant pas ce dispositif, ils ont décidé de tenter l’expérience : « à notre grande surprise les gens nous ont suivi. Nous nous sommes rendus compte que les petites contributions n’étaient pas anodines au final : le tout fait monter la cagnotte. Ensuite, le fait de remercier systématiquement nos contributeurs, ça créait une actualité régulière et incitait les internautes à nous faire confiance et à donner » confie Thomas. Ainsi, près de 100 contributeurs sont intéressés par le concept et misent sur le duo. Thomas : « Des chefs d’entreprises grenoblois et même des restaurateurs, nous ont soutenu. Et puis, nous n’avions pas pris conscience que cela créé un cercle de clients potentiels, ce qui est une réelle opportunité ».

Au départ, Brice et Thomas sont allés rencontrer des banquiers. « Face aux nombreuses garanties qu’ils nous demandaient, le choix a été rapidement fait de se tourner vers une solution alternative. C’était plus intéressant et gratuit d’essayer » annonce Thomas.

Qu’en est-il du projet ? Rencontrés dix jours après la fin de leur campagne de financement participatif, Thomas et Brice venaient de trouver un camion. L’idée de départ prend alors une forme concrète : « nous souhaitons proposer en semaine une cantine d’entreprise mobile, le weekend nous serions présents sur les marchés, et en soirée nous pourrions gérer de l’événementiel privé. L’idée est de fixer des rendez-vous. L’avantage, c’est notre mobilité. Mettre en avant des produits frais et locaux fait partie de notre éthique. Ce sera une cuisine française et accessible. Le tout, à emporter ou à déguster sur place ».

 

Le raid Amazones

Sandrine, Laure et Amélie ont gagné leur pari : elles participent au Raid Amazones.  ©Christophe Palleja

Sandrine, Laure et Amélie ont gagné leur pari : elles participent au Raid Amazones. ©Christophe Palleja

Le Raid Amazones est un challenge sportif 100 % féminin, d’une semaine. Au programme : du trail, du canoë, du VTT, de l’escalade, du tir à l’arc, etc. Les grenobloises Amélie, Laure et Sandrine représenteront la Dynamiteam au Cambodge. Grâce au financement participatif, elles ont pu compléter leur budget et s’inscrire au Raid. « Nous connaissions vaguement ces plateformes et c’est en voyant que d’autres équipes projetant de participer Raid Amazones 2014 avait choisi cette alternative, que nous nous sommes décidées ».

Le montant de la cagnotte a alors été fixé à 500 € pour couvrir les frais annexes, tels que la soirée de remerciements à notre retour, les billets de train jusqu’à Paris ou encore les frais médicaux (vaccination). L’inscription au Raid Amazones s’élève à 12 500 €. Cela comprend la participation au Raid, les billets d’avion, l’hébergement, etc. « Ça nous paraissait compliqué de trouver cette somme via le financement participatif, donc nous avons cherché des sponsors » précise Amélie.  « C’était aussi une manière de répondre à la demande de nos connaissances souhaitant financer le projet ».  Les dons s’échelonnent de 30 à 75 € alors que les filles s’attendaient à recevoir des sommes ne dépassant pas 5 €.

En novembre prochain, elles s’envoleront donc pour le Cambodge où 4 à 5 heures d’épreuves matinales par jour les attendent. Le but est de passer la ligne d’arrivée à trois. Il y a un esprit de compétition et les épreuves sont classées mais ce n’est pas la motivation premières des filles : « l’intérêt de ce Raid est que nous avons la possibilité de visiter le pays l’après-midi. Nous souhaitons aller à la rencontre des populations locales. Nous n’y allons pas que pour l’aspect sportif, même si nous comptons nous surpasser, mais aussi pour le côté culturel. Nous voyons ce Raid comme une aventure humaine avant tout ».

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