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Jean-Marc Rochette

Dessinateur au sommet

Dessinateur et plasticien, passionné de montagne, Jean-Marc Rochette est originaire de Grenoble. Invité au Printemps du Livre, il revient dans la capitale des Alpes pour présenter sa dernière BD, Ailefroide, où il retrace ses souvenirs de jeunesse. Cet artiste engagé vient aussi de faire don à la Ville d’une sculpture qui a été installée parc Hoche le 22 mars.

© Sylvain Frappat

Jean-Marc Rochette a grandi quartier Saint-Bruno et suivi sa scolarité au lycée Champollion. Féru d’alpinisme, il grimpe dès l’adolescence dans le massif des Ecrins et pense alors devenir guide de haute montagne. Mais un accident l’obligera à se consacrer à son autre passion, le dessin.

« J’allais très souvent au musée de Grenoble, place de Verdun à l’époque, où j’étais fasciné par l’œuvre de Soutine. J’adorais aussi la BD américaine : Richard Corben, Alex Toth, Robert Crumb… »

C’est en autodidacte qu’il commence à dessiner pour des fanzines. Contacté par L’Echo des Savanes, il crée la BD satirique Edmond le Cochon avant l’énorme succès de la saga du Transperceneige commencée en 1982 et scénarisée par Jacques Lob, Benjamin Legrand puis Olivier Bocquet.

Cette BD futuriste, où les derniers survivants de la planète sont réfugiés dans un train en perpétuel mouvement alors que la Terre est plongée dans un éternel hiver, est adaptée au cinéma par Bong Joon-ho en 2013. Une série TV est même en cours de tournage aux USA.

Avec plus de vingt albums à son actif, des illustrations de classiques (Candide, L’Odyssée…), Jean-Marc Rochette se consacre aussi à la peinture avec une prédilection pour les paysages.

Catastrophes climatiques et nucléaires

L’exposition « Ailefroide, altitude 3945 » est visible à la Maison de la montagne jusqu’au 31 mars. © Auriane Poillet

Ailefroide, sa nouvelle BD à paraître le 21 mars, est un récit autobiographique où il synthétise en quelque sorte toutes ses passions en relatant sa jeunesse à Grenoble et son engouement pour l’alpinisme. La montagne y est omniprésente avec des planches sublimes des plus emblématiques voies des Ecrins : le Râteau, le pic Coolidge, l’aiguille Dibona…

Et bien sûr l’Ailefroide qui donne son nom à l’album. Cette « histoire de gamins qui veulent devenir guides » évoque aussi ses débuts de dessinateur et son implication dans la lutte anti-nucléaire puisqu’il participe en juillet 1977 à la tragique manifestation de Creys-Malville.

Mercredi 21 mars 2018. Jean-Marc Rochette en pleine séance de dédicaces à la Maison de la montagne.

© Auriane Poillet

« C’est un combat qui m’a beaucoup marqué. Du reste, le Transperceneige est un livre écolo : ça se passe après une catastrophe climatique alors que la nature est morte et que les gens vivent dans une machine. »

Cette préoccupation s’est aussi concrétisée avec L’Enfant Irradié, un bronze dont il vient de faire don à la Ville de Grenoble. « Il s’inspire des enfants de Tchernobyl victimes des radiations dont on ne parle jamais ! Ce petit prince de l’apocalypse est un objet compassionnel. Une façon de dire « Sachez-le, pensez-y » et de mettre un petit caillou dans la chaussure du nucléaire… »

Après cette première incursion dans la sculpture, Jean-Marc Rochette rêve aujourd’hui d’une statue en hommage aux alpinistes Lionel Terray et Louis Lachenal.

Montagne, quand tu nous tiens…

L’enfant irradié, sculpture de Jean-Marc Rochette, boulevard Gambetta. © Thierry Chenu

informationRenseignements divers
Ailefroide – Altitude 3954 (éditions Casterman)

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