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sexualité, contraception et égalité des droits

Jamais sans mon Planning !

C’est au 5e étage d’un bel immeuble du centre-ville que se niche l’accueil principal du Planning familial de Grenoble. Dans ce cadre chaleureux sont proposés, en toute confidentialité par l’équipe de sept conseillères conjugales et sept médecins, 3 800 entretiens et 2 700 consultations chaque année, sans compter ceux organisés dans les cinq antennes de quartier qui jalonnent la ville.

Emde

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« On accueille tout le monde, avec ou sans rendez-vous, la plupart du temps pour des questions au cœur de la mission historique du Planning, liées à la contraception, à des tests de grossesse, aux infections sexuelles, à l’IVG, parfois aussi à des violences conjugales » explique Anne Coignet, 61 ans, « salariée militante » (conseillère) de l’association féministe.

Soixante ans après la création du Planning, l’égalité homme/femme, malgré son inscription dans la loi, reste encore largement à construire… « On voit tous les jours combien ces questions de sexualité, de vie affective, sont loin d’être simples et restent très peu parlées autrement que sous l’angle porno ou strictement médical. L’éducation à la sexualité et l’information en matière de contraception demeurent insuffisantes pour beaucoup de jeunes » regrette Delphine Pozzo, 38 ans, conseillère du Planning en charge, avec ses collègues, de 350 animations collectives, en milieu scolaire notamment.

Pas de leçon de morale

Aujourd’hui, le public reçu entre les murs colorés du Planning reste majoritairement composé de femmes jeunes, âgées de 15 à 25 ans. En provenance de toute l’agglomération, elles souhaitent souvent garder l’anonymat dans leur démarche vis-à-vis de leur famille, de leur conjoint ou encore de leur établissement scolaire. Un autre motif récurrent de visite des femmes de plus de 30 ans est la demande d’interruption volontaire de grossesse (IVG) : redoutant le regard de leur gynécologue ou médecin traitant, elles s’adressent au Planning. « Ici, on ne juge pas, on ne fait pas de morale. C’est un lieu d’écoute. On aide les personnes à réfléchir et à prendre elles-mêmes leurs décisions » souligne Anne Coignet. « C’est vraiment tout public et toute situation ! Il n’y a pas que des personnes en difficulté sociale ou culturelle. »

© Archives du Planning Familial 38

L’équipe du Planning familial de Grenoble.

Un service engagé

En tant que mouvement d’éducation populaire, le Planning familial n’en porte pas moins une attention toute particulière aux personnes en situation de précarité, étrangères, sans papier : les consultations dispensées ne sont jamais sujettes à dépassement d’honoraires et peuvent être prises en charge gratuitement. « Pour nous, la construction de l’égalité homme-femme dans le pays, c’est-à-dire d’une société où tout le monde puisse être libre, passe par la lutte à tous les endroits où demeurent des inégalités, des stéréotypes et des assignements de genre (ndlr : une permanence sur les questions de trans-identité a lieu un mercredi par mois) » insiste Françoise Laurant, présidente du Planning familial régional.

Une vocation qui, malgré la baisse actuelle inquiétante des subventions publiques, ne faiblit pas. « Nous ne sommes pas un service public mais politique ! »

 

informationRenseignements divers
Planning familial : 30 bd Gambetta. Horaires : lundi, mercredi : 9h-19h ; mardi : 12h30-19h ; jeudi, vendredi : 9h-17h30. Cinq permanences sont également assurées au sein des maisons d’habitants des quartiers Abbaye, Prémol, Mistral, Teisseire et Vieux-Temple, deux demi-journées par semaine.
Tél. 04 76 87 94 61

courriel isere.planning-familial.org

Et les garçons dans tout ça ?

Qui dit Planning familial ne dit pas uniquement planning… féminin ! 14 % des visiteurs du Planning à Grenoble sont des hommes. Une affluence assez timide même s’ils sont incontestablement plus nombreux qu’avant.

« Souvent, le premier motif de leur venue est celui d’un dépistage en matière d’infections sexuellement transmissibles (IST), mais également celui de leurs difficultés face à la question de l’identité masculine et de son image dans la société » explique Delphine Pozzo, conseillère.

Parfois aussi, ils viennent aux côtés de leur compagne pour des questions de contraception, de grossesse non prévue ou pour aborder leurs difficultés conjugales et affectives, dans le cadre des entretiens de couples proposés par le Planning.

Pour les trans aussi

Depuis un peu plus d’un an, l’équipe du Planning familial a mis en place une fois par mois, tous les deuxièmes mercredis de 16h à 18h, une permanence autour des questions de trans-identité avec les associations GEST (Groupe d’études sur la transidentité) et ASSPA (Association de santé solidaire et de prévention des agressions). L’idée est que cet accueil soit assuré par des personnes concernées. L’équipe est là en appui pour proposer une écoute (sur le côté relationnel par exemple), des informations (en réduction des risques…) ou une consultation médicale.

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