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Le saviez-vous ?

Un Mounier peut en cacher un autre

Pour nombre de Grenoblois-es, Mounier, c’est le nom d’un lycée, actuellement en cours de transformation, qui a donné son nom à une station de tram. C’est aussi le nom d’un quai de la rive droite de l’Isère, qui va de la place de la Cymaise au quai Xavier-Jouvin.

L’avocat Jean-Joseph Mounier, nommé conseiller d’État. ©Bibliothèque municipale de Grenoble (ou BMG) (cote R. 90558 (6) Rés.

Qui était donc ce Mounier, dont le nom parcourt la ville ? Ou plutôt, qui étaient-ils ? Deux célèbres Mounier, en effet, sont nés à Grenoble à cent cinquante ans d’écart.

Le premier, Jean-Joseph Mounier, naît en 1758. Avocat au Parlement du Dauphiné (1779), il achète une charge de juge royal et s’implique en politique avec son ami Antoine Barnave. Tous deux appartiennent au groupe des Lumières présidé par le docteur Gagnon, grand-père de Stendhal.

Après la journée des Tuiles (1788) où il intervient devant l’Assemblée des Trois Ordres1 pour défendre Grenoble révoltée, il est nommé secrétaire à l’assemblée de Vizille et député du Tiers-État aux États généraux. Passionné de droit constitutionnel, il propose le serment du Jeu de Paume2 en 1789.

Nommé par Napoléon

Rapporteur du projet de constitution, il rédige les trois premiers articles de la Déclaration des Droits de l’Homme. Attaqué pour ses idées modérées, il démissionne de l’Assemblée nationale et rentre à Grenoble3.

Il se présente aux élections municipales de 1790 mais battu par Barnave et craignant pour sa sécurité après une vague d’arrestations, il émigre en Suisse. C’est après le 18 brumaire qu’il revient en France pour être nommé préfet puis conseiller d’État par Napoléon.

Il meurt en 1806. Son nom sera attribué en 1837 au quai créé lors de la construction du pont de pierre de la citadelle, suite à son rôle-clé pour la journée des Tuiles.

Inventeur du personnalisme

Emmanuel Mounier, philosophe engagé. ©Iché

Le second, Emmanuel Mounier, naît en 1905 quai Perrière. Issu d’une famille paysanne, il étudie à l’Université de Grenoble auprès du philosophe Jacques Chevalier puis à la Sorbonne.

En 1932, il crée la revue Esprit, seule revue des années trente à exister aujourd’hui. Après 1934, il s’engage contre le fascisme. Il dénonce le « désordre établi » produit par l’individualisme libéral, le capitalisme et un « christianisme embourgeoisé ».

Philosophe chrétien, il invente le personnalisme, doctrine affirmant « le primat de la personne humaine sur les nécessités matérielles et sur les appareils collectifs qui soutiennent son développement ».

Arrêté sous le gouvernement de Vichy puis libéré, il rejoint le mouvement de Résistance Combat et se réfugie à Dieulefit dans la Drôme où il retrouve d’autres proscrits. Interdite en 1941 par le régime dictatorial, Esprit reparaît à la fin de la guerre et Mounier, qui participe à la réconciliation franco-allemande, en reprend la direction jusqu’à son décès en 1950.

Le lycée construit en 1963 reçoit le nom d’Emmanuel Mounier, en écho à Champollion et Stendhal, deux autres figures marquantes de l’histoire de Grenoble.

informationRenseignements divers
1/ Le Clergé, la Noblesse et le Tiers-Etat.
2/ Serment consistant à ne pas se séparer avant d’avoir donné une constitution au royaume.
3/ Son père étant pharmacien, il déménage très rapidement au 11, Grande-Rue. On peut y voir la plaque patrimoniale apposée par la Ville.

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