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Jean-Macé

Coincée entre l’Isère, la voie ferrée et les usines Schneider Electric et Siemens, l’ancienne cité ouvrière, située à dix minutes à pied du centre-ville, est en pleine transformation.

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Amel Boffard : « Nous avons gagné en tranquillité »

740459_Amel BoffardResponsable de magasin, Amel Boffard, 38 ans, a quitté le centre-ville pour venir s’installer à Jean-Macé il y a deux ans.

«  Mon mari et moi avons acheté les locaux d’un ancien abattoir pour aménager un loft. J’adore le quartier. On sent qu’il y a une histoire. Quai de la Graille, il y avait des bistrots, des restaurants, c’était très festif. Aujourd’hui, c’est plutôt un quartier résidentiel. Par rapport au centre-ville, nous avons gagné en tranquillité : quand je rentre chez moi le soir, j’apprécie vraiment le calme.
Et puis le quartier est désormais très bien desservi par la ligne C1, qui fonctionne jusqu’à une heure du matin. Du coup, je ne prends plus ma voiture pour aller en ville.
On sent que le quartier va bouger car il a beaucoup d’espace pour construire. J’espère que les programmes immobiliers seront à taille humaine et bien intégrés à ce qui existe. Pas comme les tours du Clos des fleurs, que je trouve vraiment trop hautes.

Par contre, nous manquons de commerces : à part une épicerie, une boulangerie et un bureau de tabac, il n’y a rien. Heureusement, un supermarché va ouvrir début 2015. Mais ce que j’aimerais surtout, c’est un marché : pour ça, on est obligés d’aller jusqu’à Saint-Bruno ou à l’Estacade.»

 

Roger et Monique Grillot : « Les Indiens du quartier »

740471_Mr et Mme GrillotRoger Grillot, 78 ans, et son épouse Monique, 72 ans, habitent le quartier Jean-Macé depuis plus de soixante-dix ans.

«  La cité Jean-Macé a été construite dans les années 30 pour loger les ouvriers du chemin de fer Paris-Lyon-Marseille (PLM). Par la suite, beaucoup de gens travaillant à l’usine Merlin Gérin – aujourd’hui Schneider Electric – s’y sont installés.

Nous avions environ deux ans quand nos parents sont arrivés. Nous sommes les Indiens du quartier ! C’était un endroit en dehors de la ville, dont nous étions séparés par un terrain vague. Il n’y avait qu’un bus par semaine, le dimanche. Cent quatre-vingts familles vivaient là, avec une moyenne de quatre enfants. Nous nous connaissions tous, l’ambiance était très conviviale. Les fêtes de quartier duraient deux jours et tout le monde y participait. Il y avait aussi une équipe de football sponsorisée par Merlin Gérin.

Pendant la guerre, les immeubles ont été endommagés par l’explosion du parc d’artillerie et le bombardement du pont de Pique-Pierre. Malgré leur restauration dans les années 70, ils ont dû être détruits au début des années 2000 et la cité a été reconstruite. Aujourd’hui, il ne reste plus qu’un seul des huit immeubles de l’ancienne cité, le plus proche de l’Isère. »

 

Alain Lauriot : « Un quartier en plein devenir »

742732_Alain LauriotInformaticien en retraite, Alain Lauriot, 67 ans, est le président de l’Union de quartier Arago Jean-Macé Martyrs.

«  Jean-Macé est un quartier en plein devenir, c’est ça qui le rend si attachant. Nous sommes au carrefour de trois grands projets : la gare ferroviaire, le campus Grenoble Presqu’ile et l’Esplanade. Malheureusement, les liaisons sont encore insuffisantes. Pour rejoindre l’Esplanade, sur l’autre rive de l’Isère, il faut passer par la porte de France ou le pont situé derrière l’usine de Schneider Electric…

Il est vraiment dommage que la construction des deux passerelles prévues dans le projet d’aménagement de l’Esplanade ait été abandonnée.

La rue Durand Savoyat, où la construction de l’école Neuve vient de commencer, pourrait devenir le cœur du quartier. Il y a de la place pour des halles, des parcs, des lieux de culture… Cela pourrait devenir un nouveau quartier de Bonne ! Nous rêvons d’un grand axe reliant l’école Neuve à la rue Arago à travers le terrain Mory, et nous avons aussi des idées pour aménager la place Huillier. C’est pourquoi nous souhaitons ardemment être associés à la co-construction de notre quartier avec les élus, les architectes et tous ceux qui s’impliquent sur le projet.»

 

Hélène Gamond : « On sent monter l’incivilité »

740513_Helene GammontNée dans la cité Jean-Macé il y a 48 ans, Hélène Gamond a repris en 1998, avec son mari, la boulangerie de la rue Arago où, enfant, elle allait acheter le pain.

«  L’ambiance dans le quartier a beaucoup changé. Des familles sont parties au moment de la destruction de l’ancienne cité ouvrière en 2002 et de nouveaux habitants sont arrivés pour s’installer dans les tours du Clos des fleurs.

J’essaie d’être un peu le relais entre les anciens et les nouveaux, mais cela devient plus difficile de convaincre les gens de participer aux fêtes de quartier. D’autant que la salle polyvalente, détruite en 2006, n’a toujours pas été remplacée. C’était pourtant un endroit important pour la vie locale. Jean-Macé est devenu une cité-dortoir.

Le plus embêtant, c’est la montée de l’incivilité et de l’insécurité. Il y a des dégradations, des tags, des vols. Les gens n’osent plus aller se promener le long de la digue par peur de se faire agresser. La boulangerie a été cambriolée deux fois en trois ans. Avant, cela n’était jamais arrivé : un vol dans le quartier était un événement exceptionnel. »

 

 

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