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Généralisation du 30 km/h

Stéphane Bonnard « La ville est ce lieu qui permet les rencontres »

Stéphane Bonnard est directeur artistique, avec Pierre Duforeau, de Komplex Kapharnaüm. Depuis le début des années 2000, ce collectif artistique basé à Villeurbanne intervient dans les espaces publics avec des performances sonores et visuelles.

complexe kapharnaüm Stéphane Bonnard

Votre collectif a choisi d’investir la ville comme « terrain de jeu, source d’inspiration et espace de représentation ». Quelle est votre perception des espaces publics ?
Il me semble qu’aujourd’hui l’espace public est majoritairement pensé et organisé comme le lieu de la circulation, l’espace du déplacement, qui permet d’aller d’un espace privé à un autre espace privé. Lorsqu’on se rencontre, c’est dans des bulles marquées socialement.

Or, pour nous, l’espace public devrait être un espace où il se passe quelque chose entre des personnes qui ne sont pas du même endroit. Ce qui pourrait être un espace frictionnel est devenu un espace de circulation. À la différence du village qui est l’espace de l’entre-soi, la ville est ce lieu où il y a eu des étincelles historiques, qui permet les croisements et les rencontres.
La question que pose la ville c’est « comment peut-on cohabiter dans un même espace chacun avec sa propre identité ? »

Stéphane Bonnard / Complexe Kapharnaüm

Stéphane Bonnard / Complexe Kapharnaüm

De quelle façon la démarche artistique permet-elle d’interroger la notion « d’être ensemble » ?
Les artistes peuvent avoir un rôle dans la mesure où ils proposent des choses différentes de ce qu’on peut vivre tous les jours. Dans l’espace public, ce décalage transforme le regard, invite à une redécouverte, une réappropriation des lieux. Selon moi, il y a un rôle, à cet endroit-là, pour les artistes. Avec Komplex Kapharnaüm nous proposons un art contextuel, nous travaillons à partir d’une rue, d’un boulevard, de la façade d’une banque qui ne renvoie pas la même chose que celle d’une église.
On souffre d’un trop-plein, d’une saturation sonore et visuelle, d’injonctions permanentes à faire quelque chose. Or, l’esprit a besoin de vide, de moments de flottement. Pour que la pensée s’élabore, il faut aussi des temps de suspension.

Cet automne, vous allez intervenir auprès d’acteurs et de danseurs professionnels dans l’agglomération grenobloise…
Il s’agit d’une formation professionnelle qui se déroulera en novembre dans le cadre des Chantiers nomades. Nous interrogerons la possibilité de s’arrêter dans une ville, de s’extraire du flux. Aujourd’hui être à l’arrêt est quasi un geste suspect ou alors cela doit se produire dans un espace dédié à cela. Il y a une trop grande spécialisation des espaces qui composent la ville : consommation, détente, travail, espaces pour les enfants… Cela ne participe pas à être ensemble dans la cité.
Sortir du flux de la ville est plus une métaphore pour demander comment pouvons-nous nous réapproprier la ville avec des zones moins identifiées ? Comment aussi se rendre disponible à ce qui nous entoure, être à l’écoute, poreux à notre environnement ?

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