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Djazia Satour

La voix est libre

Avec Alwane, un album de haute tenue où se combinent les influences musicales arabes et afro-américaines, la chanteuse algéro-grenobloise révèle une nouvelle facette de son talent, que l’on pourra découvrir sur la scène du Théâtre de Grenoble le 4 mars prochain.

Jeudi 23 juillet 2015 Portrait Djazia Satour, Chanteuse, Quais de l'Isère Photo : © Thierry CHENU thierry.chenu@grenoblecommunication.fr +336 84 52 10 99 - www.grenoble.fr Droits réservés : Ville de Grenoble © 2015

« Seasons change » laisse-t-elle choir avec malice sur le single Bittersweet, qui escorte Alwane, un premier album paru en octobre 2014. Comme ces saisons mouvantes, Djazia Satour glisse avec aisance d’un style à l’autre, du chaâbi à la pop strassée façon soul, en passant par des injonctions “bluesy”. L’héritage d’une enfance éprise de la musique arabo-andalouse autant que de Carmel, Renaud ou encore Elvis Presley. « J’ai eu ma période grunge aussi » s’amuse-t-elle.
À quinze ans, Djazia Satour a été propulsée choriste d’un groupe mythique, Gnawa Diffusion, habité par le mélange des cultures afro-arabes. « Je les accompagnais surtout pendant les vacances scolaires. » Elle a dix-neuf ans quand les musiciens de MIG l’extirpent de son ennui estudiantin et l’invitent à poser ses incantations sur une musique qui ne lui est pas forcément familière. Mike d’Inca, co-leader de Sinsemilia, accompagne ses efforts et invite le trio à assurer la première partie des concerts du combo reggae, alors en pleine ascension. La voix tout en nuances de Djazia fait merveille sur ce trip-hop cotonneux. L’aventure se termine au bout de sept ans, après deux albums et un plan avorté de conquête américaine : « J’ai appris énormément de choses ces années-là. Par chance, elles sont arrivées tôt, je suis riche de ces expériences » concède-t-elle.

Sons traditionnels et machines infaillibles
Djazia repart en solo au début des années 2010. La chanson Klami, extraite d’un mini-album semi-acoustique qu’elle autofinance, est plébiscitée par les radios. On la retrouve réarrangée en conclusion d’Alwane, coproduit par Pierre-Luc Jamain et Julien Chirol, qui ont peaufiné leur pedigree auprès de Sergent Garcia, Feist et Jean-Louis Aubert. « Avec eux, j’ai eu envie de prendre du recul sur mes chansons, de sortir de mes habitudes » raconte Djazia Satour à propos de cet album, qui réussit le tour de force d’associer sons traditionnels et machines infaillibles sans forcer ses intentions. Les chansons d’Alwane évoquent, en arabe et en anglais, le temps qui passe, la féminité (Nirane), l’impermanence des choses. L’identité aussi : « J’aimerais assumer une identité qui peut être complexe. Quand l’identité arabe est malmenée comme en ces temps crispés, je me sens forcément concernée. »
Si sa musique ne connaît pas les frontières, la chanteuse refuse pour l’instant de se produire dans son pays natal, qu’elle a quitté à neuf ans : « Impossible de cautionner le système actuel. » Djazia (« celle qui récompense ») préfère gratifier le public qui la porte depuis quinze ans. « Les gens ici me donnent beaucoup, j’ai besoin de ce lien avec eux pour continuer à faire de nouvelles chansons. » De nouveaux titres que l’on pourra savourer lors du concert de mars prochain.

informationRenseignements divers
Alwane, chez Music Unit/ Musicast.
Le 4 mars 2016 à 20h30 au Théâtre de Grenoble

courrielhttps://www.facebook.com/djazia.satourofficiel?_rdr=p

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