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L’ascension sensationnelle du téléphérique

Il symbolise à la fois l’identité montagnarde de la ville, son esprit de conquête et sa fierté innovante. Plus que jamais, les fameuses bulles attirent les touristes amateurs de vertiges sans efforts, autant que les habitants en quête d’un peu plus de hauteur. Du sommet de la Bastille, la vue est belle. Mais connaît-on vraiment les rouages du téléphérique de Grenoble ?

 

Le téléphérique de Grenoble vient d’être officiellement classé parmi les vingt-cinq sites touristiques les plus emblématiques de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Une distinction qui consacre la stratégie de satisfaction clients menée par la Régie du téléphérique et le bon taux de fréquentation des bulles.

Plus de 320 000 personnes ont emprunté les bulles l’an passé et cette progression continue. Un record a été battu durant la dernière saison estivale, avec 92 000 passagers sur les seuls mois de juillet et août. « Nous avons enregistré une cascade de bonnes nouvelles tout au long de l’été : le meilleur 14 juillet d’abord, puis le meilleur mois de juillet, le meilleur mois d’août et, finalement, le meilleur été », sourit Jacques Pila, directeur de la Régie.

Grenoble peut donc être fière de ses bulles et du travail accompli par les équipes de la régie. Pas moins de dix-sept personnes veillent sur elles, sans compter les entreprises sous-traitantes régulièrement appelées pour les tests ou la maintenance.

Une implication quotidienne

En plus des techniciens, il faut aussi compter sur ceux qui entretiennent le site et assurent sa commercialisation et son animation. C’est toute leur implication au quotidien qu’un tel succès récompense. Une promotion active sur les réseaux sociaux a certainement joué dans ce succès : l’image du téléphérique est attentivement étudiée sur Facebook et sur Tripadvisor, où chaque avis des internautes fait l’objet d’une réponse argumentée.

Le téléphérique de Grenoble est mis à rude épreuve durant l’été, où il fonctionne 7 jours sur 7, dès 9h15 et jusqu’à plus de minuit, du 1er juillet au 31 août.

La Régie du téléphérique exploite également deux salles à la Bastille, pour les événements familiaux et d’entreprises. Le téléphérique de Grenoble est mis à rude épreuve durant l’été, où il fonctionne 7 jours sur 7, dès 9h15 et jusqu’à plus de minuit, du 1er juillet au 31 août. Fermé le lundi d’octobre à avril, il est même au repos complet plusieurs semaines en janvier, pour cause de révision annuelle. « En plus de ça, tous les lundis matin, les lignes sont contrôlées pendant deux ou trois heures. L’une des opérations principales consiste à fixer une nacelle sur la cabine pour étudier le roulement des galets », explique Jacques Pila.

Des essais en charge sont aussi effectués chaque année, avec des sacs de lests pour vérifier le système en situation de freinage et en accélération. Disposant de seize bulles au total, le téléphérique de Grenoble en met une dizaine en rotation, dont trois spécialement équipées pour les personnes à mobilité réduite. Les autres cabines restent en stock, dans les garages supérieurs. Chaque année, deux à trois d’entre elles subissent un sérieux lifting. On change notamment les vitres en plexiglas, tous les quatre ans, quand l’usure finit par gâcher un peu les panoramas. Une opération lourde, qui nécessite aussi de changer les armatures et de pratiquer des tests d’étanchéité.

Six minutes maximum, si le vent le permet

Si les bulles proposent un débit théorique de six cents passagers par heure, la réalité est plutôt d’environ quatre cent cinquante car les gens préfèrent monter par affinités et laissent du coup des sièges vides. On grimpe sur le toit de Grenoble en six minutes maxi : « Prenez-le quand il y a moins de monde, on est plus vite là-haut », conseille Jacques Pila. Car plus il y a de passagers, plus les moteurs tirent. Sous la gare inférieure, on les aurait imaginés plus gros : l’un est électrique, l’autre, de secours, marche à l’essence en cas de défaillance du réseau. Les deux moteurs subissent aussi des tests hebdomadaires et annuels.

Prenez-le quand il y a moins de monde, on est plus vite là-haut 

Depuis 2016, une armoire de commande 100 % numérique trône dans la salle des machines. Sur un écran, les voyages s’affichent en temps réel. Cet équipement permet notamment d’exécuter le pilotage en un clin d’œil et d’intervenir plus vite en cas d’urgence. C’est cette armoire numérique, reliée à des capteurs externes, qui déclenche aussi le ralentissement, voire l’arrêt de l’appareil, lorsque le vent se met à souffler. « Un vent latéral à 25 km/h suffit pour réduire la vitesse. Au-delà de 75 km/h, on ne tourne plus », détaille Jacques Pila.

Il est rare toutefois que le téléphérique ait dû s’arrêter plus d’une heure à cause du vent. C’est arrivé au moment où un ministre, en visite officielle, s’apprêtait à monter…

Le saviez-vous ?

  • Les bulles sont en place depuis 1976. Un premier téléphérique de forme dodécagonale a été érigé sur les pentes de la Bastille dès 1934, remplacé en 1951 par une grande cabine carrée rouge et jaune, où l’on s’entassait à quarante. Le principe des trains de bulles a été préféré pour offrir à chacun des six occupants la même visibilité. Quand le souci d’égalité remet en cause la géométrie élévatrice…
  • C’est l’entreprise Pomagalski, qui a construit le téléphérique de Grenoble. Il constitue l’un des premiers transports par câble en milieu urbain au monde, permettant à la société de promouvoir son savoir-faire sur tous les continents. Un seul pylône maintient les câbles, le même depuis 1934. Il a été repeint plusieurs fois.
  • 300 000 euros, c’est ce que dépense chaque année en moyenne la Régie du téléphérique de Grenoble pour l’entretien des véhicules en suspension. Un changement complet du câble ou l’achat d’une nouvelle armoire électrique double ce montant.
  • La dénomination de« téléphérique » est un poil usurpée dans le cas de Grenoble : « On devrait plutôt parler de télépulsé car, depuis 1976, c’est un même train de cabines qui monte puis redescend, sur deux câbles différents », explique Jacques Pila.

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