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Le marché de l’Estacade

À l’abri du pont de la voie ferrée c’est LE marché majeur de Grenoble, ouvert du mardi au dimanche. Il y a une trentaine d’années, il remplaçait celui du cours Jean Jaurès. Sortie peinarde du dimanche matin après le petit jus au café du coin ; on y flâne volontiers à la recherche du bon produit qui fera craquer.

Marché de l'Estacade

Le marché des producteurs s’étale depuis le pont Nicolas Chorier en direction du nord. Là, quelques producteurs, dont des figures emblématiques hautes en couleurs, déploient leurs étals de primeurs, pain, viande, produits du terroir local, petits fruits, fromages, miel… Toutes les saveurs et les parfums à faire saliver. « Aujourd’hui, des revendeurs et des transformateurs s’installent au milieu des producteurs. Si cela ne pose pas de problèmes aux habitués, l’œil peu coutumier du marché a peine à distinguer qui fait quoi, où et comment. Il ne faudrait pas que le marché des producteurs perde sa vraie nature ! » regrette Joël Vernet, arboriculteur ardéchois.

 

dimanche 10 juillet 2016 Marché de l'Estacade. Joël Vernet, producteur de fruits en Archèche. Sylvain Frappat - Ville de Grenoble 2016

Joël Vernet, producteur de fruits en Archèche.

Entre plateaux de pêches et de nectarines et pyramides de cerises, fraises, abricot juteux et sucrés à souhait, c’est toute une géographie des saveurs de l’Ardèche qui s’étale sur le banc de Joël Vernet, arboriculteur. Sur ses 12 hectares de vergers, il emploie la méthode raisonnée. Surtout présent le samedi matin à l’Estacade « en direct avec une clientèle fidèle », il fournit aussi la grande distribution. « Aujourd’hui, si le nombre de producteurs reste stable sur le marché, des revendeurs s’installent ; de quoi semer le trouble chez le client » regrette l’arboriculteur ardéchois.

Présent au marché de producteurs Estacade, le samedi de 7h à 13h

dimanche 10 juillet 2016 Marché de l'Estacade. Bernard Convert, nuciculteur. Sylvain Frappat - Ville de Grenoble 2016

Bernard Convert, nuciculteur, Gaec de Riquetière à l’Albenc.

Peut-on imaginer un marché de producteurs sans sa spécialité locale, son emblème, reconnue au niveau international ? Bernard Convert, 72 ans et doyen du marché, porte haut l’honneur du terroir. Nuciculteur depuis cinq générations, il fait de la noix depuis l’âge de 14 ans et exploite avec ses fils Bruno, Gilles et Luc, 50 hectares de verger au Gaec de Riquetière à l’Albenc, berceau de l’AOC.

Son étal déborde de noix en coques, noix verte, cerneaux, vin et huile de noix maison primée à plusieurs reprises au Marché de l’agriculture de Paris. Aujourd’hui, ses fils utilisent des pesticides bio mais l’ensemble de la production est en agriculture raisonnée. « Avec un produit noble, ça vaut le coup de vendre directement au consommateur. À l’opposé, la grande distribution mange dans notre assiette et puis on ne les voit jamais. Au marché, on a un retour direct du client. »

Soucieux de son produit, Bernard Convert conseille de conserver l’huile de noix au réfrigérateur. Son péché mignon : un filet d’huile de noix sur des œufs au plat, un vrai régal !

Présent au marché de producteurs de l’Estacade le samedi et le dimanche.

dimanche 10 juillet 2016 Marché de l'Estacade. Daniel Jacquin et son successeur, Damien Morgado, producteurs de poids gourmands. Sylvain Frappat - Ville de Grenoble 2016

Daniel Jacquin et son successeur, Damien Morgado, maraîchers, Gaec des Iles Cordées à Noyarey.

Daniel Jacquin, 62 ans, petit homme solide bien trempé, autoproclamé Le Patriarche, est une « gueule », une figure du marché. Daniel, c’est casquette en été et béret alpin en hiver, rivé sur l’oreille. Sa verve intarissable le rend incontournable, attachant. « Je sais tout faire : je vous sers, je vous donne une recette de cuisine et vous fais la météo » lance-t-il de sa gouaille sonore. Dans sa ferme, le Gaec des Iles Cordées à Noyarey, le « gamin » – sa grand-mère a cessé d’exploiter à 82 ans – cultive comme ses parents, « de l’agriculture de simplicité à la vieux jeu. »

Son stand toujours généreux ne laisse pas indifférent : selon la récolte de la veille le banc porte une montagne de haricots, de courges, d’épinards, de blettes, de patates, de carottes, de chicorées… « Parfois, mes pois croquants sont un peu tachés, les carottes un peu tordues avec deux ou trois trous de vers. C’est la nature qui arbitre et la rosée qui lave la récolte » enchaîne-t-il joliment.

Depuis 2004, Daniel est associé en Gaec avec son jeune voisin, Damien Morgado, 32 ans. « Il n’est pas de la famille mais je l’ai  » adopté » . À 10 ans, il ramassait son premier panier de haricots à la ferme. C’est affaire de passion du métier. » « On fait peu d’heures et on gagne beaucoup » ironise Damien entre deux tirades du Patriarche. « Notre avenir, c’est la vente directe, la proximité avec le client… »

Il n’a pas fini sa phrase que Daniel lui vole la primeur : « Je n’aime pas l’argent, sinon j’aurais vendu mes terres. Au champ, je travaille sous le ballet des hirondelles et je suis heureux. » Un brin poète, toujours positif, Daniel formule un seul regret. « Aujourd’hui, le marché de producteurs perd un peu son identité avec l’arrivée des revendeurs. »

Présent au marché de producteurs de l’Estacade, le mardi, vendredi, samedi, dimanche de 7h à 13h.

informationRenseignements divers
Rue Joseph Rey
Du mardi au dimanche de 7h à 13h.

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