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Parcs et jardins

Le parc Paul Mistral, « poumon de Grenoble »

Les 21 hectares du parc Paul Mistral font de lui le plus grand parc de Grenoble. Point convergeant de plusieurs équipements municipaux, il est aussi un lieu fort d’animations, d’entraînements sportifs et de détente.

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Immense espace vert à l’entrée de la ville, point convergeant de plusieurs équipements municipaux, sportifs et culturels, le parc Paul Mistral s’étend sur 21 hectares, dont les grands espaces engazonnés laissent place à diverses animations et activités.

Au parc Paul Mistral, à chacun son activité

Tout au long de l’année, le promeneur se laisse volontiers surprendre par les nombreux écureuils qui vivent dans le parc. Dès 7h du matin, le sportif chemine à grandes foulées le long des allées et autour de l’anneau de vitesse. Pendant les beaux jours, le flâneur profite de l’herbe verte le temps d’une lecture, d’une discussion entre amis ou d’un pique-nique.

Dès l’arrivée du printemps, le parc s’emplit de Grenoblois et de touristes, de tous âges. L’été est l’occasion de nombreuses manifestations, telles que L’été Oh! parc, qui propose des spectacles, des jets d’eau pour les enfants ou encore des jeux en bois.

Le parc Paul Mistral abrite une aire de jeux, un mini golf et un petit train. ©Sylvain Frappat

Claude Monier, technicien de secteur au service des espaces verts, développe :

Chaque année, il se passe une cinquantaine d’activités au parc qui deviennent de plus en plus grosses en terme de nombre de personnes. La fête de la musique draine par exemple 15 000 visiteurs. Les usages sont très denses au sein du parc.

Différentes zones pour différents usages

Les différentes zones du parc sont d’ailleurs découpées par usage. La zone centrale, située autour de la tour Perret, est une zone conviviale, vivante et propice aux animations. Le jardin creux et son bassin, situé entre le stade des Alpes et le Palais des sport, invite au repos.

Entre La Bobine et le Palais des sports se trouve une zone plus sportive où les scolaires viennent s’entraîner à diverses activités et les slackliners naviguent d’arbre en arbre à l’aide d’élastiques tendus.

Ces différents espaces ont été délimités au fil du temps et des constructions. D’abord utilisé comme zone d’entraînement militaire, la ville et le parc étaient clôturés par des remparts érigés par le général Haxo. Il est encore possible d’observer des vestiges, ci et là, à la Bastille ou à proximité du parc, boulevard Jean Pain.

Un parc construit au fil de l’histoire

Le parc se défait rapidement de ses anciennes fortifications sous la municipalité de Paul Mistral, au profit d’un lieu ouvert sur la ville à l’occasion de l’exposition internationale de la houille blanche et du tourisme, visant à exposer les nouveautés liées à l’industrie.

C’est aussi à cette période, en 1925, que la tour Perret est construite par l’architecte Auguste Perret. En béton armé, elle reste actuellement le seul vestige de cette manifestation. Ce point culminant – 95 mètres de haut ! – permet encore aujourd’hui aux visiteurs de s’orienter.

Une cinquantaine d’années plus tard, en 1964, le parc est à nouveau choisi pour accueillir une manifestation mondiale : les Jeux Olympiques d’hiver de 1968. Il se métamorphose avec la construction de nouveaux équipements.

Au nord de la tour Perret, un nouvel Hôtel de Ville est construit. A l’opposé du parc, le Palais des sports, initialement nommé Stade de Glace, sort de terre et l’anneau de vitesse voit le jour.

Une gestion adaptée à sa fréquentation

Le parc devient alors un point convergeant pour les sportifs, les manifestations en tous genres et les actes anodins de la vie quotidienne. « Il y a beaucoup de gens qui y viennent pour pique-niquer« , explique Claude Monnier. « Il existe sept pizzerias autour du parc. »

La Bobine, une association qui propose un bar, un restaurant et une salle de spectacle, a pris possession des anciens locaux de Bowling. Tous ces aspects attirent les visiteurs dans ce bel espace vert qui nécessite une attention particulière de la part du service des espaces verts.

Le parc Paul Mistral est majoritairement géré de manière classique par le service des espaces verts, mais certains endroits nécessitent une attention particulière avec une gestion ornementale. La zone se situant entre le stade des Alpes et l’Isère est semi-naturelle. ©Thierry Chenu

Agent de maîtrise depuis 41 ans, M. Falque explique :

Le parc est majoritairement géré de manière classique au vu de sa très grande fréquentation qui demande beaucoup de nettoyage : environ 30% du temps y est consacré. C’est une tendance qui évolue chaque année.

L’été, la centaine de poubelle du parc est vidée tous les jours, et les grands espaces engazonnés nécessitent une tonte régulière. L’équipe de onze agents qui s’occupe du parc possède des tondeuses de 2,5 mètres d’envergure.

D’autres espaces, comme les massifs fleuris, demandent plus d’attention. « Ces zones nécessitent un entretien hebdomadaire avec un arrosage automatique », continue-t-il.

Les nombreux cheminements piétons ont besoin, quant à eux, de 200 à 300 tonnes de sablées tous les ans. Un chiffre dû « à la forte circulation de matériel nécessaire pour combler les besoins en activité », selon Claude Monier.

Une nature au cœur de la ville

Le parc Paul Mistral est aussi une occasion d’expérimenter et de prendre des initiatives. Entre le boulevard Jean Pain et l’Isère, s’étend une grande zone naturelle utilisée pour faire du compostage et du comptage de papillons et d’insectes pour quantifier la diminution ou l’augmentation de la pollution.

Deux années de suite, cette zone a accueilli des ânes pour un essai d’éco-pâturage et des ruches sont installées sur le toit de l’Hôtel de Ville.

Les nombreux écureuils du parc surprennent les visiteurs. Quand on est très attentif – ou matinal- on peut dénicher un lapin. © Bagdad Debza

Parmi les 1530 arbres du parc, dont des chênes et des érables, se promènent des écureuils, beaucoup de corneilles et quelques lapins. Il arrive également que des sangliers traversent le parc pour rejoindre les digues, plus sauvages. Cette faune est favorisée par ce cadre végétal et la présence de l’eau très proche sous nos pieds.

Grenoble étant bâtie sur un marécage, la nappe phréatique qui couvre le parc Paul Mistral se trouve à 1,60 mètre du sol. Le cours d’eau Le Verderet, canalisé en sous-sol, traverse d’ailleurs le parc de part en part, du Jardin des Plantes au boulevard Clémenceau.

« Poumon de Grenoble », selon Claude Monier, le parc offre donc un havre de verdure étendu aux habitants et aux touristes et participe à l’animation de la ville.