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Emmanuel Carroz

« Lutter contre toutes les discriminations : homophobie, racisme, sexisme, ou sur le handicap »

Emmanuel Carroz est adjoint à l’Égalité des droits et à la Vie associative. A l’occasion de la journée de lutte contre le Sida et pour accompagner le festival Migrant’scène, il revient sur sa délégation, les engagements de la Ville et ses propres engagements.

788809_Emmanuel CarrozVotre délégation a deux casquettes : l’égalité des droits et la vie associative…

Tout à fait. Concernant l’Egalité des Droits, l’objectif est de lutter contre toutes les inégalités. Je me suis engagé au nom de la Ville pour signer la Charte européenne pour l’égalité des hommes et des femmes au sein de la vie locale. Elle est contraignante : elle impose aux collectivités de mettre en place un plan d’actions sur deux ans, avec deux volets.
Le volet interne concerne les ressources humaines et les salaires au sein de la collectivité, pour mettre en place un système d’identification des discriminations involontaires.
Comment faire pour recréer l’équilibre ? On devra faire un rapport annuel pour voir l’évolution. Pour l’heure, on est une majorité sensibilisée, il y a autant d’hommes élus que de femmes élues qui travaillent en binôme.
Pour le volet externe, cela concerne ce que la Ville entreprend avec les partenaires extérieurs.

Et concernant la vie associative ?

Comment accompagner les associations ? Lesquelles ? Au niveau du sport féminin par exemple, nous avons signé une charte avec l’association pour l’Education par le sport. Grenoble a choisi l’option « émancipation des femmes par le sport », pour accompagner les associations dans cette démarche.
Nous nous investissons aussi pour la lutte contre le racisme et l’aide aux migrants et aux associations de migrants. Grenoble est une ville solidaire.

Une autre action c’est le soutien aux associations LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transgenres), avec la marche des fiertés au mois de mai.
Mais l’égalité des droits c’est plus large que ça : c’est ne pas attendre les discriminations, mais les prévenir en mettant en place les choses en amont, avec l’éducation populaire par exemple. Si il y a discrimination c’est qu’on on a raté une étape.

Enfin, il y a aussi la lutte contre le non-recours aux droits, que je porte avec ma casquette d’élu au CCAS. Nous cherchons à mettre en place un système qui permette aux personnes de connaître leurs droits pour ne pas tomber encore plus dans la précarité. C’est en lien avec le bouclier social qui est inscrit dans notre programme.

Quelles sont les perspectives et les projets d’ici la fin de l’année ?

Nous venons de participer à la quinzaine pour l’égalité femme-homme de la Région, en mettant en place l’exposition « Grenoble dit non au harcèlement de rue ». Des hommes ont réagit : « mais il n’est pas possible que les femmes vivent ça au quotidien ! ». C’est une belle prise de conscience.

Nous sommes toujours dans l’action de soutien aux migrants. On ne fait pas de différences entre bons et mauvais migrants. Il y en a depuis toujours à Grenoble, ils ont fait le tissu grenoblois. Ce n’est jamais par joie qu’on se déracine de son pays et de sa famille. Ce sont des personnes très fragiles et c’est notre devoir d’humain, c’est notre dignité de les respecter et d’arriver à les intégrer. A ce titre, la Ville de Grenoble a été élue à la présidence du CoFraCiR, le Conseil Français de la Citoyenneté de Résidence, qui milite pour le droit de vote des étrangers.

Nous travaillons également avec l’Association de Parrainage Républicain des Demandeurs d’Asile. Les parrainages ont lieu dans le salon d’honneur de la mairie. Au mois de novembre, aura lieu le Festival Migrant’scène, proposé par la Cimade, une association nationale. La Ville est partenaire de cet événement.

La Ville soutient-elle la journée de lutte contre le Sida ?

Oui, le 1er décembre il y a la journée mondiale de lutte contre le Sida. La Ville est adhérente à l’association des Elus locaux contre le Sida. C’est assez préoccupant, car cette lutte n’est plus autant visible qu’avant, alors que l’épidémie reprend et qu’il y a des nouvelles techniques de dépistage. Le politique a son rôle à jouer pour remettre le Sida au centre du paysage public. Les acteurs qui organisent la journée du 1er décembre nous ont simplement demandé de leur donner de la visibilité. Nous les accompagnons.

Quelles sont les difficultés que peut rencontrer votre délégation ?

Elle est très transversale. Il faut travailler avec beaucoup de monde et réussir à faire valoir les choix politiques de la majorité. Il faut travailler en synergie avec toutes les directions pour pouvoir impacter l’action publique. Ce qui est très intéressant dans la Charte, c’est qu’elle vise à lutter contre toutes les discriminations : homophobie, racisme, sexisme, ou sur le handicap.
Ca bouge doucement, mais les services sont là, et les valeurs que je porte sont partagées. Il y a beaucoup d’aide.

D’un point de vue personnel, pourquoi vous impliquez-vous sur ces sujets ? Quel est leur importance pour la société selon vous ?

J’ai commencé mes engagements en 1998-1999 auprès des associations LGBT. Je suis instituteur dans une petite section maternelle à Noyarey et, dans les années 2000, lors du congrès des syndicats d’enseignants, j’ai fait ma déclaration sur la nécessité de lutter contre l’homophobie à l’école. Je suis très sensible à la défense de ces valeurs dès la petite enfance.

Etre adolescent et homosexuel c’est très compliqué. La société est « hétéro-normée ». On infériorise avec des noms féminins : c’est à la fois homophobe et sexiste. Je fais partie de la commission nationale de la lutte contre l’homophobie et je suis convaincu qu’il faut en parler à l’école.
J’ai espoir de faire changer les choses, d’améliorer le quotidien des gens sur ces questions.

Le mot de la fin ?

Militer. Pour le bien des autres. Il n’y a que ça à faire. Je souhaite que le mot valeur revienne toujours dans mes discours, et mes valeurs, c’est le combat pour l’égalité. L’égalité est un combat que je mène en permanence. Je trouve ça normal. Ca fait partie de la dignité de lutter contre l’injustice. C’est pouvoir élargir le moule sans demander aux gens de se contorsionner pour rentrer dedans.

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