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Prostitution : Grenoble reste mobilisée

Engagée dans la lutte contre la prostitution, la Ville de Grenoble mène différentes actions en partenariat avec les habitants et les associations, dont la Quinzaine de sensibilisation à la prostitution a constitué un temps fort. Quels sont les enjeux et les perspectives d’une telle démarche ? Explications.

Après la campagne d’affichage « Pas client, pas complice » réalisée l’an dernier en lien avec les associations dédiées Althéa 38-L’Appart et l’Amicale du Nid 38 ainsi que l’Union de quartier Foch et des habitants, la Ville a souhaité créer un temps fort de sensibilisation avec cette Quinzaine, organisée du 4 au 15 septembre sur l’espace public pour toucher un large public.

 

Au programme, deux rendez-vous : une l’exposition « Prostitutions, à quel prix ? », réalisée par les associations Et Pourquoi Pas ? et Althéa, où des personnes ayant connu la prostitution témoignent de leur expérience et de leur parcours, et le spectacle « Drive In » par la compagnie La Chose Publique, dénonçant la marchandisation des femmes.

Elisa Martin, première adjointe en charge de la tranquillité publique, souligne le travail mené :

« Ce rendez-vous a eu lieu grâce aux associations partenaires : c’est grâce à leur expertise, leur travail et leur dévouement qu’on a pu la mettre en place ».

 

Exposition « Prostitution, à quel prix ?  » Hall d’honneur de l’Hôtel de Ville.

Une démarche républicaine

L’organisation de la Quinzaine s’inscrit dans une démarche plus vaste de lutte contre la prostitution qui s’articule autour de trois enjeux.

 

Elisa Martin précise :

« L’idée est d’abord de poursuivre la sensibilisation engagée lors de la campagne d’affichage « Pas client, pas complice » et lutter contre les préjugés en rappelant que la responsabilité est du côté du client, et mettre en lumière la réalité des femmes victimes de prostitution. Il s’agit aussi de dénoncer une forme d’esclavage moderne, la traite des êtres humains, qui s’accentue avec la précarisation. C’est enfin une façon de dénoncer les violences faites aux femmes et de réaffirmer leur droit à disposer de leur corps ! Il s’agit d’une démarche qui n’est pas morale mais républicaine puisqu’elle défend l’idée de l’égalité des droits ».

Des actions ciblées

L’action se poursuivra par la mise en place d’un cycle de conférences proposé par les associations partenaires, qui se mettra en place fin novembre.

« Là encore la Ville s’appuiera fortement sur leur compétences pour construire des interventions ciblées. Celles-ci s’adresseront d’abord aux agents de la Ville et du CCAS, qui peuvent être confrontés à différents types de situations : prostitution visible mais aussi cas de jeunes filles se prostituant sur Internet par exemple. »

La Ville prévoit aussi des conférences destinées au grand public.

« Lors de la représentation de « Drive In » nous avons été sensibles à la forte présence des jeunes et nous réfléchissons à la manière de toucher ce public : quelles questions se posent-ils sur la prostitution, quelle est leur vision du féminisme… Le temps de débat animé par les associations à l’issue du spectacle a fait émerger des pistes sur lesquelles on s’appuie pour déterminer les contenus. »

 

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Un combat à poursuivre

Au-delà de la sensibilisation, la Ville reste mobilisée sur les questions de prévention et de lutte contre la prostitution. « Il reste encore beaucoup à faire car c’est sur la précarité, la misère que s’appuie la prostitution… dans un monde où la situation sociale se dégrade ! » rappelle Elisa Martin.

Ainsi, la mise en place des Commissions départementales pour lutter contre le système prostitutionnel (voir encadré) apparaît comme une avancée nécessaire.

L’élue responsable de la tranquillité publique conclut :

« Ces commissions sont très importantes car elles vont permettre de produire une analyse partagée sur les situations pour lutter contre la prostitution en déclinant des actions collectives. Or tout ce qui crée des espaces d’analyse et de partage est fondamental. De plus, c’est au sein de ces Commissions que se traiteront les situations individuelles pour créer des parcours de sortie.

C’est indispensable car il faut apporter une réponse globale aux femmes qui veulent échapper à la prostitution, en prenant en compte la question de la santé, du logement »

Les commentaires (2)

Commentaire de Aurélie le 18 octobre 2017 à 17 h 51 min

Ben voyons .. Il y a des prostituées depuis le Stade Lesdiguières jusqu’au Rondeau et personne ne dit rien.

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Commentaire de oldup le 29 octobre 2017 à 9 h 34 min

Evidemment la responsabilité est aussi du côté du client. Mais cela n’absout en rien les mafias qui arrachent des femmes de leurs terres de misère. Ni les élus qui sous des dehors de bien-pensance ressemblant surtout à du laisser faire, passent plus de temps à réfléchir à leurs discours aux œillères politiquement correctes, qu’à mettre en place des politiques actives, qui sont toujours prises en catastrophes bien souvent lorsqu’il est déjà trop tard.
Les écureuils et les oiseaux souffrent de l’éclairage urbain ? Vite éteignons tout, cela aura l’avantage de dissimuler la présence d’esclaves enchaînées sous les réverbères, trainées jusqu’ici de force ou par ruse depuis les antipodes. On pense peut-être même mettre le bourgeois le nez dans le caca des conséquences de deux siècles de colonialisme ? Il est plus facile de discourir sur le passé que d’agir sur le présent, les bourgeois ont quitté les centre-ville depuis longtemps. Va-t-il falloir calculer l’empreinte carbone de cette nouvelle traite négrière, pour sortir nos pseudo élites de leur torpeur ? La solution est certainement de parsemer d’écus quelques associations amies et non de doter les acteurs de terrains de moyens légaux et matériels pour briser cette horreur lucrative.

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