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Croquis de quartiers

Saint-Laurent

Datant de l’époque gallo-romaine, le quartier Saint-Laurent, sur la rive droite de l’Isère, possède d’immenses richesses historiques reconnues par ses habitants, désireux de les valoriser et d’en créer de nouvelles.

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© Emdé

 

mardi 26 janvier 2016 Hélène Blanquart, à l'initiative du site de compostage du quartier Saint-Laurent. Sylvain Frappat - Ville de Grenoble 2016

Hélène Blanquart

À 29 ans, cette jeune femme figure parmi les nouveaux résidents : elle y a emménagé il y a un an avec son conjoint.

« C’est un petit village dans la ville. Nous sommes situés entre l’Isère et la Bastille, les deux points forts de Grenoble. Nous étions ravis d’emménager dans une rue piétonne et de savoir que les enfants peuvent y jouer en sécurité. On a senti que nous arrivions dans un quartier atypique, avec des gens très agréables. J’aimerais que les autres Grenoblois viennent davantage. Souvent, les passants sont les personnes qui habitent dans la rue ou celles qui la traversent en courant pour monter à la Bastille. Pourtant, c’est un lieu de vie qui présente beaucoup d’intérêts : les galeries d’art, le Fab Lab, le Musée archéologique… J’adorerais aussi qu’il y ait une boucherie, un primeur, un bureau de presse, un distributeur d’argent, etc. Nous avons un gros potentiel à exploiter ! Pour apporter notre pierre à l’édifice, nous avons initié un compost collectif qui fonctionne bien. Le projet de végétalisation, porté par notre Union de quartier, apportera, je l’espère, encore plus de couleur et de lumière à notre rue ! »

 

Pierre RostaingPierre Rostaing

Ce professeur de philosophie de 60 ans est aussi le président de l’Union de quartier Rive-droite Saint-Laurent.

« J’ai toujours adoré ce quartier, j’y ai habité la première fois en 1979. Par le biais de l’Union de quartier, nous souhaitons mettre l’accent sur la culture, l’art et l’histoire de ce lieu de vie, en se basant sur son passé et en se tournant vers l’avenir. En ce moment, nous nous investissons particulièrement sur la culture, au sens de « la culture du sol ». Nous sommes au pied de la montée du Cularo, qui est l’ancien nom de Grenoble et qui signifie  « champ de courges ». Sur la place Saint-Laurent, nous avons également des vignes d’époque et des jardins partagés. Les travaux ont fait un bien fou mais l’espace est resté trop minéral. C’est pourquoi nous avons lancé le projet de végétalisation, pour perpétuer cette tradition d’agriculture urbaine et rompre avec le béton. Cela a contribué à relancer une dynamique dans le quartier. À terme, notre idéal serait de devenir un laboratoire « post-carbone », en cultivant à l’intérieur de notre cité et en sensibilisant sur les bonnes pratiques environnementales. Nos actions sont encore fragmentées, mais avec ce projet, ajouté à celui du collectif Abat-jour, une nouvelle unité se forme. »

 

Jean-Pascal JospinJean-Pascal Jospin

À 60 ans, cet amoureux du quartier est le directeur du Musée archéologique de Grenoble-Saint-Laurent.

« Je suis très attaché à ce quartier. J’habite à l’Ile-Verte et, le matin, j’ai l’impression de quitter Grenoble pour arriver dans le village de Saint-Laurent. C’est salutaire d’avoir rendu la rue Saint-Laurent piétonne, ainsi que les deux places qui l’encadrent. Malgré cela, la rue souffre d’un manque de passage : la rive droite a toujours été à part du reste de la ville. Historiquement, il est important de savoir que le quartier Saint-Laurent était une nécropole, « la ville des morts ».
En effet, à partir du IVe siècle, des monuments funéraires ont été construits le long de la rive droite car, à l’époque, en vertu de certaines croyances, on séparait les morts des vivants… Avant le XVe siècle, la rue n’existait pas. À sa place, il y avait le rocher de la Bastille qui servait de carrière de pierres.
À force d’être taillé, l’espace ainsi libéré est devenu l’axe routier que nous connaissons aujourd’hui. Puis Saint-Laurent s’est construit au fil des siècles et a changé de visage, avec l’installation d’artisans, de marchands, de gantiers… »

 

mardi 26 janvier 2016 Nathalie Corantin, restauratrice rue Saint Laurent, le "292". Sylvain Frappat - Ville de Grenoble 2016

Nathalie Coranti

Nathalie a élu domicile dans ce quartier il y a treize ans. Depuis, elle a ouvert un concept de restauration original : une table d’hôtes dénommée « le 292 ».

« Lorsque j’arrive dans ce quartier, j’ai l’impression d’être dans un monde à part. La rue Saint-Laurent est à la fois confidentielle, familiale et tranquille. Il suffit de traverser l’Isère pour être dans l’hypercentre. C’est grandiose de passer la porte Saint-Laurent. Cette architecture historique crée un univers majestueux. Au début, j’ai eu l’impression de vivre à la campagne, avec beaucoup de solidarité. Puis, la rénovation urbaine a commencé et l’âme du quartier s’est étiolée. Je suis partagée car d’un côté la rue est magnifique maintenant, mais la durée des travaux a entraîné la mort des commerces et de la vie sociale. Actuellement, nous ne sommes pas encore assez nombreux pour faire vivre notre quartier. C’est ce qui nous manque le plus. Mais avec d’autres acteurs, nous sommes force de proposition car nous voulons redessiner une identité et offrir aux Grenoblois de nouvelles occasions de nous rejoindre. Pourquoi ne pas créer de l’événementiel ? La brocante est l’exemple même d’un succès qui perdure ! »

 

Nicolas MarzoccaNicolas Mazzorca

Ayant vécu à Saint-Laurent étant petit, cet homme de 51 ans travaille depuis 25 ans au sein de la Maison pour Tous. Aujourd’hui, il en est le directeur.

« Plus de 25 nationalités sont présentes ici ! La communauté italienne est restée fortement imprégnée dans l’imaginaire collectif des grenoblois, mais il y a aussi des russes, des polonais, des guinéens, des arméniens… Toute l’histoire de Grenoble est concentrée à Saint-Laurent : les cours intérieures, le site archéologique, le mélange des cultures… Ces richesses sont immenses mais sous-évaluées, malheureusement. Je regrette, par exemple, que le quartier ne soit pas inscrit dans un circuit historique.
Les travaux de réhabilitation ont duré presque 40 ans. Aujourd’hui, nous avons besoin de retrouver une identité, une homogénéité économique et des activités qui fassent valoir ce lieu. D’une manière générale, les gens s’investissent dans la vie de quartier. Les relations sont fortes entre l’Union de Quartier, le groupe scolaire, les commerçants, ou encore la résidence pour les personnes âgées. A la Maison pour Tous, nous faisons un travail intéressant avec l’association des parents d’élèves, qui est un de nos partenaires privilégiés. Nous essayons de nous ouvrir au reste de la ville. »

 

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Les commentaires (1)

Commentaire de joelle Marzec ( nee Deplante ) le 13 novembre 2017 à 19 h 05 min

j’ai entendu aujourd’hui sur France bleu isère parler du quartier saint laurent. je suis née en 1955 et j’ai vécu toute mon enfance jusqu’à l’âge de 18 ans, au 52 rue saint laurent dans l’appartement ou séjourna Jean Jacques Rousseau. j’ai tant de souvenirs dans la cour sous les tilleuls, cette cour appartenait à la paroisse mais l’accès était autorisé aux locataires de l’appartement. je me souviens du café de monsieur Cesar et de l’épicerie italienne de Madame Mosca j’allais à l’école place Xavier Jouvin, la directrice était Madame Cotte en 1965. j’ aimerais beaucoup, si possible ! retrouver des photos de mon quartier à cette époque . Merci

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