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Street art

The Sheepest : dessine-nous des moutons !

Depuis une dizaine d’années des moutons, souvent haut perchés, apparaissent sur les murs de Grenoble accompagnés de la signature The Sheepest. S’il protège jalousement son anonymat, l’auteur de ces collages a bien voulu nous parler de sa démarche. Entretien.

604987_Fresque mouton

 

Que signifient à vos yeux ces moutons ?

Pour moi c’est un symbole marquant, lisible et facile à comprendre. « The Sheepest » renvoie au mouton en anglais « sheep », et le superlatif « est », c’est un peu l’idée du super mouton, au sens de celui qui est le plus dans le troupeau. Il permet aussi de jouer avec la notion de société de consommation car ça renvoie à « cheap » : bon marché. J’ajoute souvent la phrase « Je suis ceux que je suis » pour appuyer le symbole : celui de l’individu et du collectif, de la façon dont on se retrouve au milieu du troupeau… Mais c’est aussi au public de trouver du sens. Il y a plein d’interprétations possibles.

Le choix du lieu n’est pas anodin…

J’essaie de faire en sorte que chaque mouton s’intègre au paysage, tout en l’amenant où on ne l’attend pas pour que les gens se demandent comment il est arrivé là. J’aime l’installer en hauteur, où il n’est pas forcément visible au premier regard. C’est moins agressif et ça lui donne une position d’observateur. Je sais aussi que dans les lieux difficiles d’accès, il a moins de chance d’être effacé.

En effet, je ne demande pas d’autorisation, mais je ne fais que coller du papier, ce n’est pas un attentat ! Même si je franchis des interdits, je ne dégrade pas. C’est un prétexte à se lancer un défi et je suis un peu comme un alpiniste qui plante son drapeau en arrivant au sommet.

Vous avez une formation artistique ?

Absolument pas, et je travaille dans un secteur qui n’a rien à voir. J’ai eu envie de m’essayer au street art, car je faisais beaucoup de skateboard. Quand j’ai commencé dans les années 90, il y avait peu de structures et on pratiquait essentiellement dans la rue. C’est cette appropriation du milieu urbain qui a forgé mon envie de l’utiliser de manière créative. Surtout qu’avec le skate, j’étais amené à côtoyer pas mal de gens ayant des pratiques artistiques : graffeurs, danseurs… Et j’ai fini par me lancer.

Quels sont les street artistes que vous aimez ?

Depuis que j’ai débuté, j’apprécie vraiment Miss Tic, une artiste parisienne dont j’ai découvert les pochoirs dans les années 80 et qui associe une dimension sociale à une grande poésie. A la même époque, j’aimais beaucoup un collectif grenoblois, le 33, qui faisait du détournement de pub. Actuellement il y a un gars qui me fascine, c’est Bonom, un artiste franco-belge qui remplit des façades entières avec d’énormes animaux, d’immenses squelettes…

Ca ne ressemble à rien d’autre et ça n’a même pas l’air d’être du graff. A Grenoble, il y a un bison qu’il a peint vers Chavant. Et puis il y a tous les précurseurs des années 70 dont j’ai découvert le travail quand j’étais gamin : les fresques d’Ernest Pignon-Ernest à la Bourse du Travail ou celles des Malassis à Grand ‘Place.

C’était vraiment les débuts du street art à Grenoble et ça avait un côté percutant qui m’a marqué.

informationRenseignements divers
courrielhttp://www.thesheepest.fr/

Les commentaires (1)

Commentaire de Thorion le 15 avril 2018 à 13 h 29 min

J’adore voir cette tête de mouton, chaque fois cela me fait sourire.
Et je la trouve parfois ,même espiègle.
Je suis une mamie de 75 ans.
Vous avez raison de continuer .

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