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Gre.mag n°31 - Groupe « Nouvel Air, Socialistes et apparentés »

Toutes les volontés ont un chemin, vraiment ?

Les Grenobloises et Grenoblois, des quartiers populaires traversent une période d’une rare violence sociale et sanitaire, à l’évidence sans précédent depuis la Libération. Quelles sont les initiatives prises à la Mairie de Grenoble depuis le début de cette crise sanitaire pour les ménages les modestes ? Où sont les dispositifs pour faire face à l’urgence de la situation ? Quelles sont les mesures spécifiques impulsées par la majorité municipale avec la rentrée scolaire ! Rien, rien, rien… La seule « réponse » médiatisée à outrance tient dans un appel aux dons des particuliers du CCAS pour les fournitures scolaires. L’initiative est certes sympathique mais elle fleure bon la charité et le patronage. Elle suggère de façon insidieuse une vision de la solidarité et de l’action publique où les « responsabilités » sont uniquement à trouver entre les « citoyens ». Pourtant, les expertises les plus récentes sur la crise sociale montrent sans ambiguïté que les personnes issues des quartiers populaires sont les plus touchées par cette pandémie et que seule la « puissance publique » est à même de renverser la tendance face à la gravité de la situation. La vie devient particulièrement dure dans les appartements exigus et dans les familles nombreuses, chez tous les gens où l’accès à l’emploi, aux soins, à l’éducation, au numérique et à la mobilité constitue un combat permanent, jamais gagné, toujours plus compliqué de jour en jour.

Notre groupe municipal Nouvel Air Socialiste et Apparenté (NASA) a proposé, dès le mois de juillet 2020 au conseil municipal, que la Ville crée un fonds de soutien d’urgence (300 000 €). Cet effort financier ciblait les associations d’éducation populaire qui accompagnent les familles les fragiles. Le fonds aurait pu être effectif aux premiers jours du mois de septembre, à l’instar de ce qui s’est fait à Nantes, Brest ou Dijon. La majorité municipale a refusé nos propositions, de façon abrupte et sans l’ombre d’un débat, se drapant comme d’habitude dans ses certitudes idéologiques et dans ses grandes leçons de morale sur un « bien commun » chaque jour plus abstrait.
Cette position de principe est incompréhensible. Et l’immobilisme qui en découle devient une farce lorsque l’on découvre dans les délibérations du conseil municipal d’octobre 2020 que la Mairie envisage dorénavant de créer un fonds de soutien pour les associations qui serait accessible en février 2021. La démarche est argumentée sur une sentence digne du petit père des peuples : « Toutes les volontés ont un chemin ». Oui, oui, vous avez bien lu, en février 2021…

Je dois vous avouer que le coup du « chemin » que la municipalité de Grenoble souhaite maintenant emprunter me donne un profond sentiment de colère. La décision est non seulement incohérente socialement et techniquement mais elle a pour principal effet d’accroître pour la rentrée, davantage encore, les inégalités sociales qui frappent dans leur chair des milliers d' »invisibles » à Grenoble. On ne pourra pas éternellement parler des réalités de terrain uniquement avec des slogans sur la « citoyenneté », l' »émancipation » et le « bien être » des individus. Les mots doivent retrouver un sens, car ces réalités, qui nous concernent tous, sont trop graves pour être détournées en formules creuses.

Hassen Bouzeghoub, élu du groupe

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