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Capitale verte de l'europe

Faune, flore, énergie : tous acteurs !

Le printemps est annoncé et Grenoble Capitale Verte de l’Europe 2022 amplifie le mouvement. Durant les mois de mars et d’avril, le territoire se penche sur les thématiques de l’énergie et de la biodiversité, en proposant à chacun-e de participer aux événements en lien avec ces enjeux majeurs.

Mars - Avril

Energie et biodiversité : les prochains thèmes de l'année Capitale verte

Après le climat et la qualité de l’air en janvier et en février, c’est au tour de l’énergie de s’inviter en mars dans les débats de Grenoble Capitale Verte de l’Europe.

©Auriane Poillet

Mars : énergie

Le thème soulève de multiples questions : comment maîtriser la consommation d’énergie à l’heure où les tarifs s’envolent ? Quelles actions peut-on mener face à la précarité énergétique qui touche un nombre croissant de ménages ?

Quel(s) choix doit-on collectivement opérer, à court, moyen et long terme, en matière de ressources pour répondre de manière durable à nos besoins tout en diminuant les émissions ?

L’énergie en ville, c’est aussi la pollution lumineuse, et Grenoble s’affiche en pointe sur ce sujet, avec son ambitieux plan Lumière. Ce sont aussi des chantiers de rénovation, menés à l’échelle du patrimoine bâti, pour réduire les consommations.

C’est également, dans le cadre de ses jumelages, le lancement de projets avec les villes de Ouagadougou et Sevan pour encourager les énergies renouvelables. Ces projets, parmi d’autres, sont autant de défis que Grenoble a entamés et compte accélérer durant cette année et les prochaines.

Avril : biodiversité

En avril, quand tout refleurit, il sera temps de se pencher sur la biodiversité. Alors que les scientifiques alertent sur la sixième extinction de masse, la Capitale Verte de l’Europe 2022 intensifie son action sur la faune et la flore.

Pourquoi protéger le vivant, comment s’y prendre ? Quelles actions mener pour sensibiliser le plus grand nombre à la sauvegarde des espèces et de leurs habitats ?

De nombreuses animations, associant de multiples partenaires, vont tenter de répondre à ces questions en démontrant que tous les êtres vivants sont intimement liés et qu’une meilleure connaissance de ces interactions est nécessaire pour la prise de décisions.

informationRenseignements divers
Pour s’inscrire aux animations qui vous intéressent, suivre les événements et proposer votre défi dans le cadre de ces thématiques :
courrielhttp://www.greengrenoble2022.eu

A suivre

Quelques événements et défis en mars-avril

©Christophe Huant

Concours « Ensemble, dessinons les énergies de demain ! »

Après le succès de la première édition l’année passée, le réseau de chaleur local invite à nouveau les enfants de la Métropole grenobloise âgés de 6 à 12 ans à exprimer leurs talents artistiques jusqu’au 31 mars 2022 sur le thème «Imagine ta maison dans une ville verte».

  • En partenariat avec la Compagnie de chauffage interurbain. De nombreux lots sont à gagner.
  • Dessin à envoyer par courrier : Compagnie de Chauffage – Le Polynôme – 25, avenue de Constantine CS 72606 38036 Grenoble Cedex 2 ou par mail : communication@cciag.fr.

Création d’un atlas de la biodiversité urbaine

Les habitant-es du territoire sont invité-es à contribuer à un inventaire participatif de la faune et la flore. L’ouvrage sera présenté en octobre dans le cadre de l’exposition du Muséum «Nos voisins, les vivants».

  • Initiative portée par le Conseil Scientifique Grenoble Capitale Verte, l’UGA et la Ville de Grenoble, avec plusieurs partenaires (Muséum de Grenoble, La Casemate, Maison pour La Science).
  • Infos sur greengrenoble2022.eu

Focus sur la biodiversité du parc Paul Mistral

Le parcours «Nature aux pattes» sera installé dans le parc Paul Mistral et sur les berges de l’Isère dès ce printemps. Dix points d’intérêt seront marqués par des panneaux explicatifs (avec QR code pour en savoir plus). Les promeneurs et les promeneuses pourront notamment découvrir un passage sécurisé pour les écureuils, les nichoirs installés dans les arbres, les plantes qui favorisent la petite faune ou encore le jardin partagé Incroyable Mistral.

  • Plan du parcours à retrouver sur les panneaux et le site grenoble.fr.

Quand le végétal s’expose

Autour d’une maquette manipulable, l’exposition Jardiner la ville offre un aperçu de l’ingéniosité des habitant-es pour rendre la ville plus «habitable» : jardins partagés, fermes urbaines… L’exposition Végétaliser l’architecture propose quant à elle de découvrir de manière ludique différentes manières de rendre la ville plus agréable à l’aide du végétal.

  • Végétaliser l’architecture : Maison de l’architecture, 1, quai Stéphane-Jay.
  • Exposition Jardiner la ville : La Plateforme, 9 place de Verdun. Du 6 avril au 25 juin 2022

mars : mois de l’Énergie

GEG, au premier plan de la transition énergétique

Le train des énergies renouvelables est désormais lancé à grande vitesse. La société d’économie mixte Gaz Électricité de Grenoble (GEG) s’engage à produire l’équivalent de la consommation des Grenoblois-es en énergies renouvelables d’ici la fin de l’année 2022. Un défi porté par la Métropole et la Ville de Grenoble.

©Olivier Morin

Depuis plus de 10 ans, GEG est précurseur sur le terrain de la production des énergies renouvelables dans le but de «contribuer à la transition énergétique et à un modèle de développement territorial et résilient», comme l’explique Nicolas Flechon, Directeur Production Énergies Renouvelables pour GEG.

Ces énergies sont aussi bien de l’hydroélectricité que de l’éolien, du photovoltaïque ou encore du biogaz issu de la fermentation de matières organiques, dont la production ne génère pas de CO2 d’origine fossile.

Notre but est de continuer à développer vite et fort ces énergies renouvelables, avec un point de passage fin 2022 à 350 GWh/an de production installée, correspondant à la consommation des ménages grenoblois.

Un plan qui semble se présenter sous les meilleurs auspices si l’on en croit les chiffres produits par GEG ces trois dernières années, en dépit du Covid. «La dynamique de progression est remarquable : + 75 % en 2 ans et presque un doublement (+ 94 %) depuis 2018.»

Des sites de production locaux et nationaux

La production de ces énergies renouvelables, dominées par la «grande» hydroélectricité, se fait localement. Le solaire de GEG est principalement développé à Grenoble et en Isère, mais aussi dans les départements proches (Drôme) et régions voisines (Bourgogne Franche-Comté), en partenariat avec les collectivités publiques.

La «petite» hydroélectricité compte, quant à elle, des mini-centrales de production essentiellement dans les Alpes, et les parcs éoliens sont réalisés dans toute la France. Cette électricité n’est ainsi pas entièrement produite à Grenoble, ni réservée à ses seuls habitant-es.

«En plus de la production, GEG a un rôle de fournisseur d’électricité verte. Cette énergie est aussi accessible à des clients sur tout le territoire national.» Une ambition à grande échelle donc, dont son renforcement d’ici la fin d’année n’est qu’un début.

côté nuit

Un Plan Lumière éclairant

Lancé par la Ville via sa régie Lumière en 2015, le Plan Lumière vise à moderniser l’éclairage public pour réduire l’impact écologique et favoriser le bien-vivre en ville. Un investissement massif a permis de réduire l’empreinte écologique du réseau et d’améliorer le confort des habitant-es, tout en favorisant l’emploi local.

Cliquer sur l’image pour l’agrandir. @Philippe Mouche

AVRIL : mois de la biodiversité

La Nature au cœur de la ville

La préservation de la faune et de la flore en milieu urbain contribue au cadre de vie et au bien-être des habitant-es. Panorama des actions en cours à Grenoble.

Cliquer sur l’image pour l’agrandir. ©Philippe Mouche

Portes ouvertes

Pleins feux sur le Centre horticole

Le Centre horticole de la Ville de Grenoble ouvre grand ses portes le 30 avril prochain. L’occasion de (re)découvrir ce lieu haut en couleurs qui s’étale sur cinq hectares et regorge de ressources !

©Auriane Poillet

Situé le long de l’Isère, avec vue sur le massif de Belledonne, le Centre horticole est un lieu consacré à la nature et à la biodiversité en ville. Ici, 25 agent-es s’activent tous les jours pour répondre aux besoins des Grenoblois-es et de la collectivité.

Sous les quelque 6 000 m2 de serres et tunnels poussent près de 300 000 végétaux par an, dont les fleurs plantées dans les massifs fleuris des parcs et jardins grenoblois. Le 30 avril sera, entre autres, l’occasion de découvrir en avant-première les végétaux qui fleuriront la ville cet été.

L’occasion également d’échanger avec les jardinier-es sur leurs pratiques et leurs méthodes de gestion des différents espaces verts : de la gestion ornementale à la gestion naturelle.

Il sera en outre possible de participer à des visites thématiques autour des arbres ou de la biodiversité avec les agent-es de la Ville et les associations naturalistes locales comme la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) et Gentiana, spécialisée dans la flore.

Espace maraîcher

Des stands et animations seront proposés aux petit-es et aux grand-es. Une grande partie du site pourra être visitée en accès libre. Il sera possible de suivre le parcours pédagogique autour de la biodiversité en autonomie (ouvert tout au long de l’année).

Le Centre horticole dispose aussi d’un espace maraîcher (3,5 tonnes de légumes bio sont produits chaque année pour le self municipal), de ruches, d’une miellerie ainsi que deux mares et héberge une ferme urbaine autonome. Des parties plus techniques, telles que des espaces de réparation des machines ou des aires de jeux, sont aussi installées sur le site.

Mais pour connaître tous les petits secrets et les nombreuses missions du Centre horticole, le rendez-vous est donné fin avril !

informationRenseignements divers
Journée portes ouvertes le 30 avril de 10h à 17h - 34, rue des Taillées à Saint-Martin-d’Hères - Plus d’informations sur le programme :
courrielhttp://www.grenoble.fr

L'interview

«La biodiversité doit nous amener à changer notre regard et nos pratiques»

François Pompanon est professeur à l’Université Grenoble Alpes et chercheur au sein du Laboratoire d’écologie alpine qu’il a dirigé de 2016 à 2020. Il est l’un des conseillers scientifiques de Grenoble Capitale Verte de l’Europe.

©Sylvain Frappat

En quoi consiste votre mission au sein du Laboratoire d’écologie alpine de l’UGA ?

Je travaille en biologie évolutive, sur des questions se rapportant aux origines de la biodiversité, aux mécanismes qui permettent cette diversité et aux conditions d’adaptation du vivant.

Une problématique qui m’anime en particulier est de savoir comment les animaux domestiques ont évolué d’un point de vue génétique sous l’influence des contraintes imposées par les humains. L’idée consiste à savoir ce qui s’est passé pour mieux prédire ce qui va se passer, notamment dans le cadre du réchauffement climatique.

On a pu démontrer par exemple que différentes races de chèvres du Maroc ont développé des systèmes d’adaptation à la chaleur au sein de leur métabolisme. Telle race de chèvre régule sa température par la transpiration, telle autre par des phénomènes de respiration…

Quelles conclusions tirez-vous de ces études ?

Tout n’est pas perdu si on préserve le potentiel d’adaptation des espèces et si on sait maintenir les conditions de leur évolution. Et ceci passe par la préservation des espèces et la protection de la diversité locale. On peut y parvenir créant les flux nécessaires au brassage génétique entre populations, avec les trames bleues et vertes par exemple, qui permettent aux animaux de passer d’un territoire à un autre.

Il faut aussi lutter contre les effectifs trop faibles. Combattre l’effet «Allee» : en dessous d’un certain seuil, les populations entrent dans un vortex d’extinction. Pour différentes raisons. Les animaux ont par exemple besoin d’un certain niveau de coopération au sein d’un même groupe.

Regardez les suricates : quand ils sont suffisamment nombreux, ils s’organisent. À tour de rôle, ils peuvent fouir le sol à la recherche de leur nourriture ou faire la sentinelle, alertant les autres d’un éventuel prédateur. Si la taille du groupe est trop faible, ils ont moins de temps pour se nourrir ou faire le guet et deviennent alors plus vulnérables.

Les suricates, ce n’est pas un animal de chez nous…

C’est la même chose avec nos marmottes ! La biodiversité, ce n’est pas que les ours blancs ou les tigres. C’est aussi à l’échelle locale que ça se passe. Il y a énormément d’organismes qui jouent un rôle très important dans le fonctionnement de nos écosystèmes. Leur équilibre repose sur des interactions très complexes entre les êtres vivants.

Il faut imaginer la biodiversité comme une Tour Eiffel en allumettes. Chaque espèce est une allumette. Si on en retire une, l’édifice va tenir, mais au fur et à mesure qu’on les enlève, la tour se fragilise de plus en plus. Et brusquement, tout s’écroule.

Heureusement, on a détecté un certain niveau de redondance fonctionnelle. Une espèce peut boucher un trou laissé vacant, par exemple en exploitant un peu différemment le milieu ou en se dispersant.

Aussi, chez nous dans les Alpes, des espèces voient leur aire de distribution changer avec le réchauffement et occuper de nouveaux espaces, à condition que ceux-ci soient préservés.

C’est ce que vous avez observé ?

Le Laboratoire d’écologie alpine mène actuellement une expérience d’«Alpage volant» au col du Lautaret. Des parcelles d’alpage du col du Galibier, situé 600 mètres de dénivelé plus haut, y ont été transplantées pour mimer le réchauffement et étudier l’adaptation des communautés d’espèces : plantes, insectes, mais aussi micro-organismes tels que champignons et bactéries sont scrutés de près.

Inversement, des morceaux de prairie sont remontés de 600 mètres pour observer la réaction des êtres vivants à ce changement. Le projet, qui s’étend sur dix ans, mobilise des dizaines de chercheurs, doctorants et post-doctorants.

Vous allez aussi participer, dans le cadre de Grenoble Capitale Verte de l’Europe 2022, à une journée d’action le 14 avril. Quels sont les messages que vous souhaitez faire passer à cette occasion ?

Que la biodiversité est l’affaire de toutes et tous. Que sa sauvegarde est essentielle à la survie de l’espèce humaine. Les services rendus par la Nature et les écosystèmes sont inestimables, de l’alimentation au tourisme, en passant par la filière bois, l’eau potable, etc.

Protéger la biodiversité passe par une meilleure connaissance et un travail en commun, avec les associations naturalistes, les chercheurs, les gestionnaires, les aménageurs, les entreprises et les habitant-es eux-mêmes, grâce à des outils adaptés.

La question de la biodiversité doit être transversale à chaque projet et nous amener pour cela à changer notre regard et modifier nos pratiques. Et préférer par exemple maintenir les conditions de la résilience des écosystèmes plutôt que de favoriser le rendement à court terme.

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