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Urbanisme : construire la ville de demain

Les choix d’urbanisme ont un rôle essentiel : l’objectif est de concilier développement durable et amélioration du cadre de vie des habitants. À Grenoble, chaque projet d’aménagement se conçoit en fonction de l’histoire et des enjeux propres au quartier.

Zoom sur trois d’entre eux : Flaubert, Esplanade/Presqu’île et La Villeneuve.

Que chacun vive mieux dans la ville de demain, quels que soient sa situation sociale et le quartier où il habite : le défi est de taille. On doit aménager mieux la ville, être moins dépendants des énergies fossiles, dont les stocks s’épuisent, qui polluent l’environnement et nuisent à la santé.

« On doit prendre en compte le changement climatique », alerte Vincent Fristot, adjoint à l’urbanisme. « On sait que les vallées alpines vont en ressentir les effets deux fois plus que la moyenne. » Les bâtiments, les transports doivent donc être moins gourmands, voire autonomes en énergie.

Dans une ville déjà construite, les évolutions se font très progressivement. La latitude est plus grande lorsque des quartiers entiers sont réorganisés. « La bonne approche à l’échelle d’un quartier, c’est de raisonner en pôle de vie, » confie Vincent Fristot. « Où placer les commerces, les activités ? Où les gens auront envie de se rencontrer ? Quels sont les axes de déplacement ? »

La recette doit s’adapter au quartier, en suivant quelques grands principes, fixés par la Ville :

  • ramener la nature en ville : quand c’est possible, partir d’un parc pour articuler le quartier autour.
  • s’appuyer sur l’existant et l’améliorer : on ne fait ni table rase du passé, ni un copier-coller d’immeubles standardisés.
  • faire évoluer les déplacements : rendre des espaces aux piétons et aux cycles.
  • utiliser les ressources du lieu, favoriser l’économie circulaire.
  • associer les habitants et les acteurs locaux.

Flaubert : imaginer la ville en transition

L’ambition : « Imaginer la ville de demain : économe en énergie, qui recycle, qui concilie logements et activités. Créer des quartiers attractifs pour les familles au cœur de Grenoble ».

En rouge, les grands projets de Flaubert. Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

Depuis 2001, Grenoble a utilisé ses Zones d’aménagement concerté (ZAC) pour expérimenter de nouvelles façons de vivre en ville, à la fois innovantes et plus respectueuses de l’environnement : écoquartiers de Bonne et Bouchayer-Viallet, écocité expérimentale Presqu’île.

À Flaubert, vaste quartier situé au cœur de la Métropole, bien desservi par deux lignes de tram, l’ambition est d’engager la ville en transition : employer de nouveaux modes constructifs et des matériaux locaux, naturels et renouvelables tels que le bois et la terre, tout en répondant aux attentes des habitants en termes de confort, de santé, de convivialité, d’accessibilité, de luminosité ou d’isolation. Le parc Flaubert, ouvert au printemps 2015, est le premier élément mis en place dans la ZAC, son arc central.

Le stade actuel de réalisation : les premières grues sont en action sur l’îlot Marceline. Il y aura bientôt des logements, une école, un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

Le bâtiment expérimental en terre et bois Terra Nostra est ouvert, c’est le QG de la co-construction du projet pour les vingt ans à venir ! Il doit inspirer les nouvelles constructions.

La Villeneuve : reconnecter le quartier

L’ambition : « Redonner une attractivité au quartier : rénover les logements, reconstruire sur les friches, dynamiser l’activité économique et valoriser le parc de La Villeneuve comme poumon vert de la métropole ».

C’est le premier grand projet métropolitain de renouvellement urbain. Piloté par la Métro, il concerne les Villeneuve de Grenoble et d’Échirolles, soit plus de 20 000 habitants et 8 000 logements pour un investissement de 200 millions d’euros sur la période 2015-2025.

« Il faut aller vite car il y a des délais pour bénéficier de l’argent de l’État », souligne Maryvonne Boileau, conseillère municipale déléguée à la politique de la ville. « On ne pourra donc pas faire participer les habitants aux décisions autant qu’on le souhaiterait. »

Grâce à la rénovation des logements sociaux et des copropriétés, des commerces, au réaménagement des espaces publics et du parc, le but est de reconnecter la Villeneuve au reste de la métropole.

 

Le stade actuel de réalisation : la rénovation des 250 logements situés 40 et 50 galerie de l’Arlequin a permis aux habitants de gagner en confort et de diviser par deux ou trois leurs factures de chauffage.

D’ici 2020, la mue du quartier va se poursuivre : réhabilitation de logements, nouveau gymnase, un ensemble comprenant un équipement pour les jeunes, une salle polyvalente, des locaux d’activités et un parking.

Esplanade et Presqu’île

L’ambition : « Co-construire une entrée de ville digne de ce nom : valoriser les berges de l’Isère, mixer logements et équipements, préserver le patrimoine existant, apaiser la circulation, réduire le stationnement, créer une passerelle sur l’Isère ».

En 2014, la nouvelle équipe municipale annule le projet Esplanade précédent, qui prévoyait de construire des immeubles de grande hauteur sacrifiant la grande esplanade.

Ce « joyau », dixit l’adjoint à l’urbanisme Vincent Fristot, est désormais classé en espace non constructible. Le nouveau projet prévoit un parc, une réorganisation complète du trafic et des espaces de stationnement, une réflexion sur la meilleure localisation et intégration urbaine des logements (dont 40 % de logements sociaux et 10 % de logements aidés), des commerces et des équipements, la valorisation du patrimoine, la réalisation d’une passerelle pour franchir l’Isère à pied ou à vélo.
La démarche, confiée au concepteur urbain HDZ, se fait en co-construction avec les habitants et usagers du quartier et de Grenoble : réunions publiques,
ateliers, tournée d’un triporteur, consultation par internet (www.grenoble-esplanade.fr).

 

Le stade actuel de réalisation : sur l’Esplanade, le chantier de 230 logements sur l’îlot Peugeot, conduit par Grenoble Habitat, a démarré. Un plan guide à l’échelle du quartier, qui fait la synthèse de la co-construction, sera présenté au printemps et débattu en vue de son adoption à l’automne 2017.

Sur la Presqu’île, le projet se poursuit. La Ville plante des arbres et autres végétaux dans les espaces publics afin d’éviter les îlots de chaleur en été. Dans les immeubles d’habitation du quartier Cambridge, l’installation d’un système de pompe à chaleur sur l’eau de nappe a permis de diviser par deux les charges de chauffage des résidents.

« On est prêts à intégrer un système de pilotage numérique de la demande énergétique », ajoute Vincent Fristot.

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