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Végétalisation

Cultiver la ville

Pour paraphraser Pierre Dac, si la ville avait moins de constructions et plus de végétation, on l’appellerait la campagne. Elle est — et restera — l’endroit où se concentrent les êtres humains et leurs habitations avec déjà plus de la moitié de la population mondiale.
Mais une cité hors-sol conduit à des comportements individualistes et une véritable coupure avec les éléments naturels. La végétation urbaine est source de multiples bienfaits pour l’homme et pour la biodiversité.
Et si la voie vers une ville plus agréable et plus désirable passait par la végétalisation et la création d’espaces naturels ?

Les bienfaits du végétal en ville

Les Français ne s’y trompent pas en déclarant à 90 % que 
le vert est un élément essentiel de la vie quotidienne(1). Les espaces verts encouragent l’activité physique, améliorent le cadre de vie et ainsi réduisent le stress. De manière générale, ils contribuent au bien-être physique et mental des habitants.

728666_Chemin des senteurs

En offrant des espaces de loisirs et d’activités collectives, les parcs et jardins favorisent les rencontres, les échanges entre individus dans un environnement individualiste où tout pousse au repli sur soi. De plus, comme le note David Geoffroy du service espaces verts de la Ville, « ce sont parmi les  rares endroits gratuits 
 en ville avec un haut niveau de services ».

Pour le maintien 
des équilibres naturels

Les espaces verts sont autant de lieux de vie et de passage pour les espèces végétales et animales. Plus ces refuges seront nombreux et harmonieusement répartis, plus la vie y sera riche et variée. En captant le CO2 et d’autres particules, en rejetant de l’eau et de l’oxygène, 
 les végétaux améliorent globalement 
 la qualité de l’air en ville. Appliqués en terrasse ou en façade, ils renforcent aussi l’isolation des bâtiments neufs ou anciens.

Totalement imperméables, les sols des villes ont de lourdes conséquences sur le cycle de l’eau. En remettant la terre à nu, les espaces végétalisés permettent aux sols de retrouver leur porosité, et à l’eau de retrouver un cycle naturel.

Pour une ville plus dynamique

De manière générale, l’environnement d’un bien immobilier a une influence sur sa valeur. Ainsi, des logements à proximité d’un parc auront une plus grande valeur ou une demande plus forte. 
Mais cet effet est à nuancer selon le contexte. Ainsi, récemment, la concertation avec les habitants du quartier Beauvert a fait ressortir qu’ils préféraient ne pas avoir un jardin collectif juste au pied de leur immeuble.

Si la production des premières fermes urbaines qui apparaissent en France et à l’étranger est encore anecdotique, on peut imaginer que dans quelques années elles joueront un rôle dans la relocalisation de l’économie, aux côtés d’une agriculture de proximité plus traditionnelle.

Plus certainement,  l’embellissement 
 des villes par le végétal a un effet sur 
 le tourisme, comme le démontrent les nouvelles berges du Rhône à Lyon.

 

(1) Jardins et espaces verts, l’exception culturelle française ? Enquête Unep-Ipsos 2013

Pièces jointes:
Enquête Unep-Ipsos 2013, Jardins et espaces verts, l'exception culturelle Française ?

Créer des continuités biologiques

En ville, les espaces verts ou aquatiques forment un archipel dans un océan de bitume. Chaque nouvelle île ou îlot de nature permet de densifier ce réseau essentiel à la biodiversité. Ainsi, l’emplacement du nouveau parc Flaubert, qui ouvrira début 2015, est stratégique du point de vue de la  Trame  verte et bleue.

Avec les parcs Ouagadougou et Pompidou et le jardin de la MC2, c’est un véritable chapelet d’espaces verts qui permettra une meilleure circulation des espèces.

Jardins, plantes et liens

Plus besoin d’hériter d’un potager de son grand-père pour jardiner en ville. À côté des nombreux jardins qui poussent dans Grenoble, la ville regorge d’espaces à végétaliser si vous avez la main verte et l’œil ouvert.

Comment mettre les espaces verts au service de l’urbanité ?

731636_Jardin ColeopTerre

Depuis quelques années, les jardins en ville germent dans tous les quartiers. On en dénombre déjà dix-huit à Grenoble et trois autres sont à l’état de projet. Ouvert en juin, le jardin de la Piste compte une quinzaine de personnes sur liste d’attente et le jardin Olympique vient de doubler de surface.

Ces jardins où l’on cultive des parcelles individuelles ou collectives, en prenant soin de ne pas utiliser d’engrais chimiques, offrent des havres de paix au cœur de la ville et la possibilité de remplir son bac à légumes.

Au jardin ColEOPTerrE, Christophe, qui passe le soir après le travail, a redécouvert « le plaisir de jardiner. J’avais oublié que ça me manquait ». Mais pour lui, pas question de cultiver seul :  «Jardiner 
 me plaît, mais ça me plaît encore plus 
 de jardiner ensemble. » Quand tous se retrouvent pour manger une salade du jardin, l’ambiance qui régnait à l’emplacement de cet ancien bistrot ressuscite.

Fertiliser la vie de quartier

Car au-delà des bienfaits qu’apportent le végétal et la nature en ville, il ne faudrait pas négliger les rapports humains qui se nouent autour d’un pied de basilic. Comme le remarque Nathalie, commerçante du centre-ville, « les plantes sont vivantes et le vivant c’est dynamique ». Planter en ville c’est donc implanter une dynamique nouvelle et féconde mais également permettre de s’extraire du flux de la ville, adopter un autre tempo, plus propice à la discussion et à l’échange.

C’est pourquoi Benjamin Trocmé, habitant du quartier Très-Cloîtres, et Erny Menez, de l’association Amaq (AssociatioDn mosaïque des acteurs du quartier), ont lancé le projet du Chemin des senteurs, avec le soutien de la ville : « C’est un petit quartier, tout le monde se connaît mais il est difficile de faire le lien entre les gens. Grâce aux jardinières disséminées dans le quartier, dès qu’on s’arrête, quelqu’un va venir papoter. Les plantes servent de prétexte à engager la discussion. » Ce que confirme M. Messikh, véritable « ange gardien » des nouvelles plantations.

En cours

Faire une pause en rentrant du travail, papoter et même grignoter, voilà ce que les habitants du quartier Championnet feront bientôt en bas de chez eux. 
Pour Lucille Lheureux, adjointe aux Espaces publics et à la nature en ville, et Antoine Back, élu de secteur, la requalification de la place Jacqueline Marval « est une première étape vers un quartier comestible. Le premier usage de la place restera le stationnement mais des jardinières pédagogiques permettront de cultiver des aromatiques et des petits fruits. L’ambition de cultiver portera véritablement sur les places Championnet et Condorcet ».

Pieds d’arbres, fosses en pleine terre, jardinières… l’entretien de ces espaces ne sera alors plus assuré seulement par le service des espaces verts mais confié aux bons soins d’habitants volontaires. Pour Lucille Lheureux, « il s’agit de permettre aux habitants de reprendre la main sur l’espace public, de le considérer comme un espace de vie, de rappeler qu’on est tous partie prenante dans l’entretien de cet espace commun ».

Végétation en ville

Beaucoup d'avantages... et quelques inconvénients

Entretien

Magali Paris : "le jardin est un second chez soi"

Magali Paris a étudié la relation entre les espaces privés jardinés et l’espace public en ville. Elle est paysagiste enseignante-chercheuse à l’École nationale d’architecture de Grenoble.

Crédit photo pour le portrait de M. Paris : Walter Simone.Quels enseignements tirez-vous de vos enquêtes ?

Que ce soit en termes de biodiversité ou de relations entre les individus, on constate qu’installer du végétal dans la ville n’est pas une condition de réussite suffisante. Il faut viser la simplicité pour leur réalisation comme leur gestion.

Il s’agit également d’offrir une diversité de situations, de proposer des aménagements qui laissent la porte ouverte au plus grand nombre mais où soit sérieusement réfléchie la question de la cohabitation.

Quelles précautions prendre pour que ces espaces soient correctement appropriés ?

Si l’on veut que ces espaces jardinés deviennent de nouvelles formes d’espace public, il faut veiller à ce que les jardins collectifs ne soient pas isolés et qu’ils ne deviennent pas non plus des « zoos » de l’agriculture urbaine qui viendraient égayer l’espace public. On constate en effet que le jardin est un deuxième chez soi : le jardinier a besoin d’intimité.

Mais dans le même temps, l’espace ne doit pas être réservé à quelques-uns. La cohabitation entre les différents usagers doit pouvoir avoir lieu afin que l’on se sente bien en ces lieux et bien ensemble.

Sur quels aspects faut-il être vigilant selon vous ?

Avec les jardins collectifs, on a constaté que ce sont les zones intermédiaires, les limites, les interstices qui sont intéressants. Par exemple, c’est là que l’on trouve le plus de biodiversité. Il ne faut pas avoir peur de compartimenter. Tout dépend de la taille de l’espace évidemment, mais la compartimentation n’est pas négative en soi. Au contraire, elle permet de poser la question de la limite et donc de la relation à l’autre.

Étymologiquement, limes / limitis désignait le sentier bordant un domaine, la limite est ainsi ce qui relie et sépare à la fois.

Les commentaires (8)

Commentaire de Stéphane le 31 août 2015 à 12 h 38 min

Bonjour,

Je suis intéressé. Comment faire 🙂 ?

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Commentaire de BLANCHARD le 25 février 2016 à 11 h 19 min

Le 25/02/16
Madame, Monsieur,
A propos du bienfait du végétal, je suis scandalisé de la façon dont on exproprie le 85 cour de la Libération à Grenoble. Au nom de l’intérêt général, on ne respecte pas le droit de propriété qui est un droit fixé par la Constitution ( Article paru dans le Parisien Libéré le 24/02/16).

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Commentaire de gavarini le 2 mars 2016 à 9 h 25 min

Bonjour,

Je ne sais pas si je suis au bon endroit pour déposer ma requête mais puisqu’on parle de végétation en ville, c’est mon sujet. J’ai appris que le service des espaces verts allait supprimer (arracher) tous les buissons se trouvant au petit square longeant la rue Charles Peguy au niveau du gymnase Pégoud. Pour cause de lutte contre les rats. Je n’y ai jamais vu de ces animaux (contrairement à d’autres grands parcs publics de Grenoble, en journée !). Par contre, beaucoup de moineaux et de merles y nichent. Ne peut-on pas surseoir à cette intervention ?

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    Commentaire de La rédaction le 2 mars 2016 à 16 h 00 min

    Bonjour,
    votre question nous a interpellés, Gremag s’est donc renseigné auprès du service des Espaces verts. Effectivement, dans le cadre des récents travaux d’hiver, une petite partie des arbustes a été arrachée sur ce square, et uniquement les lonicera nitida, soit des chèvrefeuilles arbustifs, et seulement côté rue Péguy, comme vous le mentionnez justement. Le problème de la présence des rats a bien été évoqué en amont mais ce n’était pas la raison principale de suppression des végétaux. Ces plantes buissonnantes connaissaient un très fort développement qui ne facilitaient ni l’entretien nécessaire, ni ne favorisaient à terme la biodiversité. La Ville a donc choisi de les remplacer par des arbustes au fleurissement abondant au printemps, comme les forsythias et les kolkwitzias, puis des lilas et rosiers pour des arbustes plus discrets. C’est donc une recherche d’amélioration du cadre de vie -qui permet aussi un nettoyage plus facile de l’espace-,tout en maintenant un milieu favorable à la biodiversité, qui a guidé la décision de la Ville.

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Commentaire de Agostini le 8 juillet 2016 à 15 h 22 min

Bonjour.
Notre rue, manque de vie et de couleur , une où deux jardinières, agrémentera l’angle de la « rue de la Station Ponsard  » et le « Chemin Guibaut ».
Jardinière à déposer devant la boîte aux lettres, face à la Résidence de l’Abbaye et des Antilles.
D’avance Merci.
Cordialement.

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Commentaire de Helme danielle le 15 août 2017 à 6 h 33 min

Bonjour, j’habite place aux herbes, c’est un espace sans aucune végétation. Et aussi une des plus jolies places de Grenoble. Si vous pouviez étudier la façon d’installer de la végétation sur cette place et faire pousser une espèce grimpante, etc… Je suis la seule à avoir de la végétation à mes portes fenêtres, il suffit de mettre des Ibiscus ou cactus, car l’été ça chauffe trop et l’hiver il faut tout rentrer. Vous pourriez nous diriger pour avoir des plantes à nos fenêtres. Merci de votre attention.

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    Commentaire de La rédaction le 15 août 2017 à 12 h 00 min

    Bonjour, regardez les dispositifs qui existent dans le cadre de Jardinons Grenoble : https://www.grenoble.fr/1020-jardinons-grenoble.htm
    Peut-être vous faut-il constituer un collectif d’habitants/commerçants à l’instar de ce qu’on créé vos voisins de la rue Chenoise… Puis de faire des propositions d’embellissement végétalisé à la Ville qui est tout à fait à l’écoute de ces initiatives. Sur le site de Jardinons nos rues, vous trouverez en tout cas tous les renseignements nécessaires, comme l’indique notre dernier article de gre-mag.fr : http://www.gre-mag.fr/dossiers/jardinons-lete-a-grenoble/
    Bel été à vous !

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