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Grenoble Ville de Demain : à nous de jouer !

Abritant près de 80 % de la population mondiale, les villes font face aujourd’hui à d’immenses défis. C’est en leur cœur que se jouent toutes les transitions : énergétique, sociale, économique, politique. Grenoble relève le défi. Pour affronter l’avenir, elle doit imaginer un nouveau modèle, encourager de nouvelles habitudes et favoriser de nouvelles initiatives. Son identité innovante, Grenoble l’illustre aussi dans sa capacité à réfléchir sur elle-même, en pariant sur une grande diversité d’acteurs et notamment ses habitants. La démarche Ville de Demain, lancée par le maire, s’inscrit logiquement dans cette manière de faire, en multipliant les débats et en croisant les connaissances. Avec une finalité concrète : recréer un espace de vie pour tous. Tour d’horizon des différentes initiatives qui se mettent en place.

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© Gilles Esparbet

 

Grenoble Ville de Demain invite d’abord à partager une ambition : inventer la ville post-Cop21. Quand la politique autrefois posait d’en haut des cadres et des plans, la démarche grenobloise cherche à inverser le schéma et propose que chacun agisse à son niveau, avec ses propres ressources et à la lumière de ses manières d’être.

Étudiants et sportifs, chercheurs et chefs d’entreprise, acteurs de la culture et de la science, retraités et tous les habitants qui le souhaitent sont vivement encouragés à entrer dans la danse. Pour ça, la Ville met à leur disposition plusieurs outils.

En premier lieu, un espace de dialogue et d’échange, baptisé la Fabrique, pour éclairer l’action collective et les thématiques de la réflexion : c’est ici qu’on cause transition énergétique, mais aussi évolution démographique, justice sociale, économie solidaire et numérique, partage et solidarités ou encore nature en ville. Le programme a été défini en partenariat avec l’Institut de géographie alpine (IGA) et Grenoble École de Management (GEM).

Des ateliers de co-construction

Pour sa saison d’ouverture, la plateforme Grenoble Ville de Demain se concentre, bien sûr et avant tout, sur les problématiques locales. Elle est rythmée par une série d’ateliers qui s’efforcent de répondre à des questions qui touchent l’habitant au plus près.

L’information dans l’espace public, mais aussi l’innovation dans les quartiers, la mise en place de l’indicateur de bien-être (projet SPIRAL, voir page 30) et la recherche de solutions pour réduire les ségrégations spatiales et sociales à la Villeneuve et à Mistral : ces thématiques renvoient directement à la politique de la Ville.

Certains ateliers concernent aussi des projets européens en faveur de la transition énergétique, démontrant si besoin que les ambitions de la Ville sont partagées partout : Smart Cities, où Grenoble et Amsterdam s’associent pour mettre au point des outils innovants d’économies d’énergie dans l’habitat, le projet ZenN, piloté par Grenoble elle-même, en lien avec Oslo (Norvège), Malmö (Suède) et Bilbao (Espagne), pour une opération de rénovation de l’Arlequin exempte de toute émission de CO2, ou encore les projets ÉcoCité 1 et 2, sur la Presqu’Ile et la ZAC Flaubert.

L’ensemble de ces ateliers suit un processus de travail collectif, où les habitants rencontrent les services de la ville, les universitaires et les entreprises impliquées.

Pierre Rabhi à l’honneur

Grenoble Ville de Demain veut aussi offrir aux habitants une meilleure lisibilité à des projets déjà lancés, en lien avec l’économie de partage, l’innovation en matière de services ou l’émancipation sociale grâce au numérique. Les habitants sont invités et encouragés à venir nombreux aux rencontres qui vont ponctuer la saison 2016/2017.

Le jeudi 17 mars prochain, dans l’amphi Weil du campus universitaire, Pierre Rabhi, le célèbre paysan philosophe, pionnier de l’agroécologie, vient à Grenoble faire l’éloge de la frugalité (entrée libre mais réservation obligatoire en ligne). Gageons que, dans le domaine de l’inventivité collective, il faudra plutôt pécher par excès.

espace public

Mieux partager l’information à Grenoble

Avec Grenoble Ville de demain, l’Institut de géographie alpine (IGA) planche sur la qualité et la disponibilité de l’information en ville.

A la Cité des territoires, les étudiants de master 2 impliqués dans le projet de réflexion sur l'information dans la ville.

A la Cité des territoires, les étudiants de master 2 impliqués dans le projet de réflexion sur l’information dans la ville.

Les panneaux d’affichage, les flyers publicitaires qu’on glisse derrière l’essuie-glace des voitures, mais aussi les graffitis ou les dessins sur les trottoirs : tous ces éléments portent des messages, des symboles, diffusés pour interpeller et communiquer.

C’est toute cette masse d’information, officielle ou clandestine, qu’une vingtaine d’étudiants en Master 2 Innovation et Territoire sont partis traquer au fil des rues de Grenoble. À la manière des botanistes d’antan sur leurs herbiers, ils ont nommé ces signaux, les ont catégorisés, classés et décrits. « Nous avons aussi consigné des bruits comme les musiques du marché de Noël et des odeurs, celle du croissant chaud le matin aux abords des boulangeries par exemple » illustre Luc Gwiazdzinski, directeur de l’IGA.

Plusieurs projets sonores et visuels

Un inventaire presque poétique, s’il n’était aussi destiné à mieux comprendre comment les Grenoblois s’informent dans l’espace public. Une étude sur l’offre du Web a complété cet état des lieux : quels sont les sites d’information proposés aux Grenoblois ? Comment fonctionnent-ils ? Par quels liens hypertextes communiquent-ils entre eux ?

Premières conclusions : « Nous avons constaté des disparités fortes d’un quartier à l’autre, entre le centre-ville et la périphérie : l’information est très inégalement diffusée. Par ailleurs, l’information de l’espace public virtuel est très différente de celle de l’espace dessiné par l’urbaniste » résume le directeur de l’IGA.

Originale par son contenu, cette mission innove aussi par sa forme, puisqu’elle a rapproché étudiants et enseignants-chercheurs, services techniques et élus. Elle devrait déboucher sur plusieurs propositions pour améliorer l’information en ville, où que l’on se trouve.

« L’autre question qui nous taraude, c’est : comment les usagers peuvent-ils produire eux-mêmes de l’information ? Et quels outils mettre en place pour encourager l’expression ? » pointe Luc Gwiazdzinski.

boom du numérique

Une Péniche au long cours

Comment utiliser au mieux les données publiques et privées, en particulier pour la mise en place de nouveaux services et de nouvelles initiatives pour les habitants ? Telle est la question qui agite les esprits de la Péniche, une Scop (Société coopérative et participative), dédiée à l’animation de communautés autour des outils numériques.

OK_illu_PENICHE-fond bleuÀ la barre de La Péniche, Sylvain Bouchard voit le projet Grenoble Ville de Demain comme un catalyseur d’énergies. « Au sein de la plateforme, nous apportons nos compétences sur les nouvelles possibilités liées au numérique, particulièrement dans la gestion de l’espace public. »

La Péniche a déjà échangé avec la Ville sur la question des déchets encombrants pour imaginer des outils de repérage des zones touchées et de gestion de l’urgence. La Scop planche aussi avec GEG (Gaz Électricité de Grenoble) sur la création d’une interface pour sensibiliser les usagers aux économies d’énergie.

Même topo avec la gestion des pistes cyclables : la Péniche invite les cyclistes à écrire des scénarios d’aménagement, via Internet. Des projets pour s’approprier la ville Reliée à un réseau mondial, La Péniche est également partenaire du projet de cartographie libre Open Street Map, sorte de Google Map édité par des citoyens.

« Il s’agit ici d’entrer des données du terrain pour offrir des informations très fines, par exemple une carte du bruit dans la ville, tout en encourageant les habitants à rechercher des solutions. » Soucieuse d’un meilleur partage des données, la Péniche cherche enfin à créer des protocoles qui protègent l’usage de ces données : « Cette question reste centrale. Grenoble Ville de Demain doit veiller à ne pas transformer la cité en Big Brother et, en même temps, réussir à faire émerger des projets qui correspondent à de vrais besoins » conclut Stéphane Bouchard.

informationRenseignements divers
courrielhttp://www.la-peniche.fr/

implication des habitants

Un laboratoire pour la vie en ville

Consultant expert en socio-économie urbaine, Raphaël Besson a créé il y a trois ans Villes Innovations, une agence focalisée sur les villes qui mettent en place des projets innovants.

A la Casemate, Raphaël Besson, directeur de l'agence Villes Innovations.

A la Casemate, Raphaël Besson, directeur de l’agence Villes Innovations.

Localisée à Grenoble et à Madrid, l’agence Villes Innovations accompagne les collectivités dans les démarches d’innovation urbaine. Animateur d’ateliers de co-créativité sur ces problématiques, Raphaël Besson, associé à Pacte (laboratoire de recherche en sciences sociales), a été chargé de mission sur le Living Lab de la Casemate de Grenoble.

Un Living Lab ? « On peut définir ça comme un espace ouvert d’innovation, où les gens, citoyens, étudiants, experts, élus, participent à la création de nouveaux services, produits et manières de faire » décrit Raphaël Besson. Objectif du Living Lab de la Casemate : rendre le public acteur des démarches d’innovation en lui proposant de tester des prototypes et de donner son avis.

Échanger, tester et décider ensemble

C’est ce qui s’est passé lors du salon Experimenta (http://experimenta.fr), organisé par l’atelier Arts-Sciences en octobre dernier. Une plateforme baptisée Échosciences a été créée pour relayer l’événement sur les réseaux et proposer aux communautés de continuer à échanger sur la ville de demain.

« L’intérêt est de montrer que l’innovation à Grenoble n’est pas seulement technologique mais que chacun peut se l’approprier. Un effort d’éducation est à faire dans ce sens, parce que la ville de demain ne se fera pas sans les habitants » développe Raphaël Besson. Il en est de même pour les projets urbains. Pour lui, le schéma qui a présidé à la création d’un quartier comme la Presqu’Ile, parce que décidé d’en haut, est déjà obsolète. « Il faut changer les façons de faire. C’est aussi ce qui conditionne la réussite d’un beau projet tel que Grenoble Ville de Demain. »

informationRenseignements divers
courrielhttp://www.villes-innovations.com/

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