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reine des villes

La tranquille révolution du vélo

Si la roue est la plus grande invention de l’humanité, que dire du vélo, qui en possède deux et permet de se déplacer vite et loin sans émettre le moindre gramme de CO2 ? Objet de désir pour certains, de peur pour d’autres, courtisé dans nos villes asphyxiées, il révèle le rapport que nous entretenons avec notre environnement urbain. Le vélo n’a pas encore pris toute sa place dans les rues au quotidien malgré ses qualités indéniables, alors que la pratique sportive et de loisir est déjà extrêmement populaire. Tour de piste local entre politique publique et aménagements urbains, économie et déplacements quotidiens, festivités et émancipation vélocipédique.

Jardin de ville

Depuis quelques années, une tendance nette se dessine : pour la première fois, la part de la voiture diminue au profit des autres modes de transport et en particulier des cycles (+6 % par an dans la métropole depuis 2009).

À Grenoble, ville plate et contenue par les montagnes, les déplacements à vélo ne cessent de croître (quatrième position après la voiture, la marche et les transports en commun). Pas sûr que, comme le clament certains, un vélo de plus soit une voiture de moins, mais tout indique que la part des déplacements à vélo va continuer à augmenter dans les prochaines années.

Accélérer la cadence

Comme le rappelle Jacques Wiart, élu aux déplacements et à la logistique urbaine, « notre objectif est de répondre aux besoins en amenant la part des déplacements à vélo à 15 % minimum à l’issue du mandat ». Un objectif tout à fait réaliste pour Philippe Zanolla, animateur de la commission vélos/piétons de l’ADTC (Association pour le développement des transports en communs).

En 2009, les déplacements à vélo ne représentaient que 4 % à l’échelle de l’agglomération, environ 6 % aujourd’hui. Pour se situer, la moyenne nationale est de l’ordre de 3 %. Strasbourg (15 %) ouvre le peloton des villes françaises, loin derrière les championnes internationales que sont Amsterdam (40 %) ou Copenhague (50 %).

Une culture du vélo

L'association Un P'tit Vélo dans la tête milite en faveur des déplacements à vélo et organise régulièrement des balades urbaines et des véloparades.

L’association Un P’tit Vélo dans la tête milite en faveur des déplacements à vélo et organise régulièrement des balades urbaines et des véloparades.

Cependant, plusieurs indicateurs plaident en faveur d’une véritable « culture vélo » ne demandant qu’à renaître et s’épanouir dans la ville de Libéria, cette entreprise grenobloise de fabrication de bicyclettes, fermée en 1996.

Essaimage des ateliers de réparation inspirés par l’association Un P’tit vélo dans la tête, premier Plan de déplacement d’entreprise (PDE) de France pour la société STMicroelectronics, création de marques d’accessoires comme Vasimimile et Spad de ville, ou encore fabrication artisanale dans les ateliers des Cycles Cattin sont autant d’initiatives qui attestent des liens entre Grenoble et la petite reine.

La première édition de la « Faites du vélo » dans la métropole, du 26 mai au 9 juin, sera l’occasion de rappeler que le vélo est aussi synonyme de plaisir et de liberté. Souvenez-vous les sensations procurées par vos premiers tours de roue !

Changer l’ambiance urbaine

Grenoble ville du vélo, ce sont déjà des cyclistes… mais aussi des aménagements. Le rôle des pouvoirs publics est d’accompagner au mieux ces évolutions : arceaux de stationnement, box sécurisés, parcs de location, réseau cyclable d’agglomération et de proximité…

Dernier élément de cette formule gagnante : les citoyens. Comme l’atteste l’élaboration d’un Plan vélo par un groupe d’habitants et de membres de l’Union de quartier Île verte, chacun d’entre nous dispose à la fois d’une expertise quotidienne et du pouvoir d’influer sur l’ambiance urbaine. Tour à tour piéton, cycliste et automobiliste, rappelons- nous que la courtoisie, un geste amical ou encore un simple sourire sont les garants d’une meilleure qualité de vie en ville, à laquelle nous aspirons tous.

trajets quotidiens

Le lundi à vélo, le mardi à vélo...

Pour les déplacements de un à trois kilomètres, le vélo a déjà convaincu, pour peu que l’on tente l’expérience.

Erci Vermeulen est un "vélotafeur" : il parcourt chaque jour une vingtaine de kilomètres à vélo pour se rendre à son travail.

Erci Vermeulen est un « vélotafeur » : il parcourt chaque jour une vingtaine de kilomètres à vélo pour se rendre à son travail.

Comme de plus en plus de Grenoblois, Éric Vermeulen et Gwenn Boussard sont des « vélotafeurs ». Comprenez que, chaque jour, ils se rendent sur leur lieu de travail à vélo et qu’ils partagent informations, conseils et états d’âme sur le site Vélotaf. C’est d’ailleurs là qu’Éric, qui n’est pourtant pas un débutant, a appris comment bien emprunter les ronds points. Que l’on parcoure tous les jours vingt-quatre kilomètres comme Éric, ou seulement six comme Gwenn, circuler à vélo est avant tout un choix de bon sens.

Économique, rapide et agréable sont les trois adjectifs qu’ils utilisent en expliquant que pour rien au monde ils ne voudraient « se retrouver coincés dans les embouteillages ».

Accessoiriser son vélo

Si le vélo est souvent le fidèle destrier des étudiants, il sait également se faire utilitaire avec l’arrivée des premiers enfants, au prix de quelques nouveaux équipements. Siège arrière, siège avant, sacoches… Depuis plusieurs années, les accessoires fleurissent chez les marchands de cycles. Certaines combinaisons permettant même d’embarquer jusqu’à trois enfants sur un vélo

D’autres feront le choix d’investir dans un bi ou triporteur leur permettant de déposer les enfants à l’école, de se rendre au travail et de faire les courses sur le chemin du retour. Il y a fort à parier que ces véhicules, que l’on croise déjà dans les rues grenobloises, vont se multiplier dans les prochaines années, comme c’est déjà le cas en Allemagne, aux Pays-Bas, au Danemark…

Sécuriser la chaussée pour les enfants

Reste alors la difficile période où les enfants sont trop grands pour monter sur le vélo de leurs parents et encore hésitants pour un individuel. Jusqu’à 8 ans, ils sont autorisés à rouler sur les trottoirs mais devront ensuite rejoindre les autres vélos.

D’où l’importance de sécuriser la chaussée en diminuant la vitesse de circulation. Le trajet jusqu’à l’école, encouragé par l’ADTC à l’occasion du concours « Allons à l’école à vélo » (le 26 mai), est alors une bonne occasion de développer leurs aptitudes.

10151926_718556324925276_985063308883909910_nPlus surprenant, vous croiserez peut-être un vélo-bus (onze places) sur le chemin de l’école pendant la « Faites du vélo » (du 26 mai au 9 juin). Un de ces véhicules en commun — aussi connus sous nom de rosalie — où chaque passager pédale, circule déjà dans les rues de Rouen.

économie

Le pouvoir financier de la petite reine

Moyen de déplacement économe par nature, le vélo et son économie induisent d’importantes retombées financières, comme le montrent les chiffres de ce marché qui ne connaît pas la crise.

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Avec un prix d’achat moyen de 321 euros en 2015, le vélo est certainement le moyen de déplacement le plus économique après la marche. Même en doublant le budget pour une panoplie complète (vêtements de pluie, casque et antivol), le coût d’usage est sans commune mesure avec celui de la voiture, estimé en 2014 entre 4 732 et 8 575 euros pour des véhicules de taille moyenne(1).

Les cyclistes, une clientèle à soigner

En 2003, la Fédération française des usagers de la bicyclette (Fub) a réalisé une enquête qui indique que les cyclistes, et surtout les piétons, se rendent plus régulièrement — et au total dépensent plus — dans les commerces du centre-ville ou de proximité.

Ces résultats, confirmés dans d’autres pays, révèlent qu’en moyenne un automobiliste dépensera 87 % de moins qu’un piéton, 12 % de moins qu’un cycliste et 3 % de moins qu’un utilisateur des transports en commun(2).

Repenser l’acheminement des marchandises

Les vélos utilitaires sont déjà un maillon de l’économie locale. Que ce soit comme mode de livraison propre et silencieux pour acheminer les marchandises en centre-ville, ou comme véhicule utilitaire pour des artisans et professionnels (par exemple les Boîtes à vélos, dont Gre.mag s’est déjà fait l’écho).

Jacques Wiart, élu aux déplacements et à la logistique urbaine, entend aller plus loin : « Dans le cadre du plan logistique durable, la Métro a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour la mise en place d’un centre de distribution urbaine. Objectif : regrouper les marchandises avant qu’elles ne soient acheminées vers les boutiques par des véhicules propres, silencieux mais aussi plus agiles. »

(1) Source : Automobile club association. Le budget de l’automobiliste, juin 2015.

(2) Source Ademe

vélo pour tous

C'est toujours le bon moment pour pédaler

Être mobile et pouvoir se déplacer à sa guise est déterminant pour décrocher un travail. Grâce à la Plateforme mobilité emploi mise en oeuvre par le Centre communal d’action sociale (CCAS) de Grenoble, plusieurs adultes ont pu apprendre à faire du vélo. Témoignages de trois d’entre eux.

Barry Adama (à gauche) et Joséphine Ngo Mbogkena (à droite) : deux nouvelles pratiquantes de la petite reine !

Barry Adama (à gauche) et Joséphine Ngo Mbogkena (à droite) : deux nouvelles pratiquantes de la petite reine !

Barry Adama Sira n’avait pas refait de vélo depuis une mauvaise chute dans son enfance. Alors qu’elle monte sur un vélo sans pédales, elle s’étonne de son sens de l’équilibre. « Dès le premier jour, j’ai réussi à pédaler. Je ne suis pas peureuse mais c’est rassurant d’être encadrée plutôt que d’essayer toute seule. Maintenant, je fais du vélo presque tous les jours et je roule sur la chaussée. C’est libérateur. Grâce au vélo, on peut accepter des propositions de travail même avec des horaires décalés. »

Pour le moment cette jeune femme de 27 ans ne travaille pas mais elle peut désormais partager les joies de la bicyclette avec son fils de 5 ans.

Quand elle a compris qu’apprendre à faire du vélo fait partie du cheminement qui mène au permis de conduire, Joséphine Ngo Mbogkena a d’abord cru qu’elle allait renoncer à son projet : « Ça me paraissait impossible ! » À 59 ans, elle n’était encore jamais montée sur un vélo. Aujourd’hui, après avoir suivi le stage niveau 1 en 2014 et le stage niveau 2 en 2016, elle n’est pas encore prête à circuler dans le centre-ville mais elle pratique « tous les jours dans les parcs, pour le plaisir » et s’est acheté son propre vélo. « Pour moi, c’est un exploit, ça me gratifie beaucoup et je voudrais témoigner que l’âge n’est pas un frein ! »

Ce n’est pas Bertil Makakalala, 61 ans, qui va la contredire. Venu à la Plateforme mobilité emploi pour apprendre le code de la route, il découvre les bienfaits du vélo sur sa santé : « J’étais très essoufflé quand je marchais et quand je montais les escaliers. Depuis que je fais du vélo et que je marche, je suis plus dynamique, je ne m’essouffle plus. Je me suis fait un parcours et je roule une heure tous les jours. Pour l’instant, j’ai un peu peur au milieu des voitures, alors je prends les pistes cyclables jusqu’à Saint-Martin-d’Hères. »

Les commentaires (4)

Commentaire de yannick le 9 mai 2016 à 22 h 42 min

Justement … http://www.grenoble.fr/agenda/16681/38-veloparade-des-fiertes.htm?periode=70007

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Commentaire de Cécile le 10 mai 2016 à 14 h 14 min

Bravo, une ville respirable, c’est une ville cycliste et tram-bus.
Il y a encore beaucoup trop de voiture dans notre bonne ville.
Mais ça progresse nettement!

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Commentaire de MARC le 12 juillet 2016 à 10 h 55 min

C’est bien, ça change un petit peu mais il reste encore beaucoup de progrés à faire!
Une priorité par exemple : La rue Lesdiguieres dispose de 3 voies pour les voitures et rien pour les vélos!!!
C’est un axe principal en plein centre ville mais que pour les voitures, car pour les vélos c’est un veritable coupe gorge!.

A quand un aménagement indispensable sur cet axe????!!!!!

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Commentaire de farenc le 10 décembre 2016 à 9 h 09 min

Effectivement c’est une révolution, et je constate que la guillotine est prête pour les voitures, même électriques! Ce qu’il y a de bien quand on est en vélo, c’est que on fait ce qu’on veut avec le code de la route et les trottoirs. On a tout les droits, on a la mairie !!
vite 2020 !

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