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L’année de la Colombie se fête à Grenoble

Tout au long du mois d’octobre, et même au-delà, la ville vibre aux couleurs de l’Amérique latine, à l’occasion de l’année France-Colombie. Un foisonnement d’expos, de concerts et d’ateliers apporte un éclairage nouveau sur un pays aussi attachant que méconnu.

L’année France-Colombie avait été décidée par les chefs d’État eux-mêmes, il y a cinq ans déjà, pour célébrer l’ouverture au monde du pays sud-américain et son chemin vers la paix. La France accompagne le pays dans sa transformation intérieure aussi bien que dans ses efforts vers l’international, que ce soit à l’échelle économique, sociale ou culturelle.

Les deux pays ont donc souhaité marquer leurs relations diplomatiques en organisant une année croisée, la première avec l’Amérique du Sud depuis l’année France-Brésil en 2009. Cette année France-Colombie repose aussi bien sur des partenariats durables dans tous les secteurs que sur l’engagement des collectivités territoriales.

Un calendrier foisonnant d’animations culturelles

Connectée en permanence au monde, Grenoble ne pouvait pas se soustraire à l’événement national. S’il n’y a pas de communauté colombienne à part entière à Grenoble, la ville accueille cependant régulièrement des étudiants et des professionnels en mission, qui s’installent au gré des opportunités offertes. Elle a saisi la chance de cette année spéciale pour dire « Nous aussi ! »

Et là voilà qui, grâce à la Maison de l’international, déroule un calendrier d’animations très dense, organisées main dans la main avec les artistes colombiens et les structures culturelles locales.

Mieux saisir l’âme de la Colombie

Tout au long du mois d’octobre, musiciens, danseurs, peintres, conteurs et autres écrivains colombiens construisent pour les Grenoblois et tous les habitants de la région urbaine des passerelles nouvelles vers les richesses de leur pays.

Impossible d’énumérer tous les temps forts : il est prévu au minimum une animation par jour ! Pour s’interroger et s’informer de la réalité colombienne, une exposition de l’École de la paix, à la Maison de l’international, présentera une chronologie des actions qu’elle mène depuis vingt-cinq ans au fil des événements du pays.

Les bibliothèques municipales, l’Institut de formation en travail social ou encore la Chambre de commerce et d’industrie de Grenoble vont également apporter leur contribution, sous l’angle du partage culturel, de la coopération sociale et des échanges économiques.

Gage de qualité de cette programmation : l’Institut Français, opérateur de l’action culturelle extérieure de la France, a labellisé la totalité des événements proposés par la Ville.

informationRenseignements divers
Maison de l’international : 1 rue Hector Berlioz (entrée Jardin de Ville)
téléphone Tél. 04 76 00 76 89

Un pays à l’honneur

Si le lancement officiel du mois de la Colombie est prévu le 5 octobre à la Maison de l’international (avec l’inauguration des expos, des dégustations culinaires, des musiques et des chants), la Colombie est présente à Grenoble depuis cet été !

Le pays était à l’honneur lors de la Fête des tuiles, pendant le Grenoble Street Art Festival et l’Été Oh ! Parc.

Une rencontre avec la ville de Medellín est prévue le 29 septembre au forum Creative Mobilities, organisé par l’association Culture et développement en collaboration avec le SMTC et Terra 21.

Il s’inscrit dans le cadre de Mouv’ 2017 , en partenariat avec les Journées de la mobilité durable, organisées par le CEA Grenoble, PDIE Grenoble Presqu’Île/Giant et Citélec.

 

Des Colombiens « grenoblois »

Andrea Puentes a foulé pour la première fois le sol grenoblois en septembre 2005.

Cette jeune danseuse folklorique arrivait d’Ibagué, une ville près de Bogotá, semblable à Grenoble par sa taille et sa couronne de montagnes. Andrea Puentes a cherché ici une structure pour continuer la danse, et puisqu’elle n’existait pas, elle a créé ses propres spectacles.

D’abord en clôture d’événements puis en montant des galas à part entière, qui l’ont amenée à s’afficher dans des festivals à travers l’Europe. « L’Ambassade de Colombie m’avait alors permis de recevoir par valise diplomatique tous les costumes nécessaires à mes spectacles », se souvient-elle.

En 2010, Andrea portera le projet d’une école de zumba à Grenoble : « J’ai fait découvrir cette discipline 100 % colombienne dans le cadre de l’Été Oh ! Parc et j’étais heureuse de participer encore cette année pour la huitième fois. »

Avec l’envie de partager sa culture et sa passion pour la danse, Andrea Puentes a créé l’association franco-colombienne la Momposina. « En hommage à Toto La Momposina, une grande chanteuse de mon pays, amie de l’écrivain Gabriel Garcia Marquez. Et j’ai eu l’immense bonheur de faire un spectacle avec elle à la Source, à Fontaine, en 2012. »

Résolue à bâtir des ponts culturels, Andrea Puentes est en train de construire une MJC franco-colombienne dans sa ville natale d’Ibagué. Un projet financé par l’argent de ses spectacles et via son association. « La vie est faite pour apprendre. Chaque chose, chaque événement est une expérience à vivre pour nous enrichir intérieurement. »

Très sollicitée tout au long du mois, La Momposina organise notamment un après-midi dédié aux musiques modernes et traditionnelles le 1er octobre à Seyssinet-Pariset et intervient au lycée Emmanuel Mounier du 2 au 14 octobre.

 

Evelio Andres Ceballos a emprunté de nombreux chemins pour arriver à Grenoble, qui ont traversé de nombreux paysages.

« Dans ma famille, nous étions tous paysans. On cultivait la banane plantain, le café, le manioc… Et ce rapport singulier à la terre, j’ai voulu le transmettre ici, en proposant à travers la musique une autre image de la Colombie, loin des clichés véhiculés par la guerilla et le narcotrafic. »

Quand il arrive en France en 2001, Evelio se destine à la traduction spécialisée. Il est assistant de langue dans un lycée de Savoie, décroche un master en langues et civilisations étrangères à l’Université de Grenoble. Et se laisse finalement rattraper par le métier d’enseigner : « Ma mère était institutrice… »

Aujourd’hui, Evelio s’attache surtout à faire connaître le répertoire de la musique traditionnelle colombienne, à l’occasion de concerts (il joue de la gaita, une sorte de flûte) ou en tant qu’animateur d’ateliers dans le réseau associatif local. « La place de la musique en Colombie est très importante pour les communautés, les quartiers et les endroits les plus reculés. La musique a évité au pays de sombrer dans le chaos total, au sens où les jeunes ont préféré devenir musiciens plutôt que de rejoindre les groupes armés. »

Evelio Andres Ceballos présentera un réseau d’agroécologie colombien et organisera un concert « agrophonique » avec les paysans musiciens du groupe Campo y Sabor à l’espace Paul Jargot (à Crolles) le samedi 7 octobre, dès 12h (avec le concours du réseau Accueil paysan).

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