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Plus belles nos rues !

Une ville inspirante, vivante et accueillante, c’est bien sûr l’affaire de la municipalité et de la Métropole qui investissent, nettoient, aménagent en permanence pour notre cadre de vie. C’est aussi l’affaire de ses habitant.e.s et de ses usagers, tous concernés par la qualité de l’espace public. La Ville les encourage à s’impliquer, valorisant l’initiative citoyenne en matière de propreté, d’entretien et de végétalisation. C’est l’esprit de l’événement annuel de la Belle Saison. L’occasion unique et conviviale de mieux connaître le quotidien des agents qui œuvrent à l’entretien de la Ville, mais aussi une journée pour participer tous ensemble à une grande opération de nettoyage des rues et échanger sur les bonnes pratiques. Après le succès des deux précédents printemps, la troisième édition de La Belle Saison se déroulera le 26 mai prochain. Un moment joyeux de prise de conscience collective sur des enjeux de vivre-ensemble et de vitalité urbaine.

L’embellissement de la ville est l’affaire de tous. C’est le message que souhaite faire passer la Ville à travers l’événement printanier de La Belle Saison qu’elle organise pour la troisième fois. Les Grenoblois sont invités à se mettre dans la peau des agents du nettoiement et des espaces verts.

Arpentant ensemble les rues, ils regardent comment il est possible d’agir, chacun à son niveau, pour rendre la ville plus propre, plus agréable, plus riante et colorée. Exercice de pédagogie en mode convivial, La Belle Saison rappelle la responsabilité de toutes et tous dans l’amélioration de notre cadre de vie.

Modernisation du service et innovation

La Ville sonne la mobilisation générale. Elle crée une école de la propreté urbaine pour revaloriser le métier et faire perdurer les bonnes pratiques de nettoyage. Dès septembre prochain, des formateurs seront recrutés pour une première session qui concernera une quinzaine d’agents.

La Ville vient également de recruter un éducateur canin. Sa mission : apprendre, gratuitement, aux propriétaires de chiens à mieux s’occuper de leur animal dans l’espace public. Dans cet objectif de modernisation du service, trois agents de la Direction Environnement et cadre de vie seront assermentés, au même titre que les agents de la police municipale, pour verbaliser les usagers en infraction : non-ramassage des déjections canines, mais aussi jets de mégots, etc.

Pour offrir aux Grenoblois une ville propre et embellie, la Direction Environnement et cadre de vie innove. Elle adapte ses méthodes et affirme les opérations Coup de Propre : une remise à niveau totale des rues qui le nécessitent.

Au programme aussi des prochaines opérations : l’amélioration de la qualité de service des toilettes publiques automatiques, le renforcement de l’action de nettoiement des tags, ou encore la lutte contre les dépôts sauvages.

S’impliquer pour sa ville

© Alain Fischer

Accentuant ses efforts, la Ville propose aux habitants de compléter l’action. En Allemagne, aux Pays-Bas, des villes entières ont été rendues avec succès à leurs habitants, fournissant des exemples inspirants. Comme à Brême, où les résidents disposent d’espaces riverains en bas de chez eux, qu’ils aménagent à leur guise.

À Grenoble aussi, on veut permettre à chacun de s’approprier sa rue, tant qu’il s’agit de la rendre vivante et agréable aux yeux de tous.

Le projet Jardinons nos rues propose ainsi aux habitants de cultiver à plusieurs son petit lopin en bas de son immeuble ou devant son commerce. Cette végétalisation participe à l’atmosphère des quartiers, dès lors qu’on a appris à considérer qu’une feuille tombée d’un arbre n’est pas « sale ».

Autre opération, le concours des Maisons et Balcons fleuris lancé par les Espaces verts de la Ville invite à installer des jardinières sur le rebord de sa fenêtre ou sur son balcon. Y participer, c’est aussi montrer qu’on a envie de s’impliquer pour sa ville.

Une ville propre donc, embellie, reverdie grâce à l’action de chacun. Humanisée, en un mot.

Le grand ménage de printemps

Grâce à La Belle Saison, les Grenoblois.e.s sont invité.e.s à mieux connaître les enjeux collectifs du nettoyage. Les équipes du service Propreté urbaine de la Ville dévoilent une partie de leur métier.

© Renaud Chaignet

Ici la chaussée où passent les voitures, là les bandes dédiées au tram, et puis les pistes cyclables, les espaces où l’on a planté des arbres, les jardinières, les squares, les contre-allées, les stationnements, les trottoirs…

En différenciant les usages, les villes multiplient les surfaces, les abords, les recoins. Elles deviennent plus délicates à nettoyer.

Grenoble n’échappe pas à la règle : « Sur le cours Jean-Jaurès, il faut distinguer au moins six usages différents, et ce sont autant de façons différentes de gérer la voie », explique-t-on au service de propreté urbaine. Résultat : ces changements nécessitent une adaptation des efforts des équipes de nettoyage. Impossible, par exemple, de faire passer la balayeuse partout : il faut changer de geste toutes les cinq minutes. « On ne se rend pas compte à quel point notre métier est devenu complexe. »

Une efficacité à toute épreuve

Le quotidien des équipes de nettoyage ? L’observation sans relâche, la traque impitoyable du papier gras, le coup de balai qui fait mouche, et une bonne dose d’énergie dans les mollets.

Un agent parcourt chaque jour 3,2 kilomètres en moyenne en centre-ville. Et six kilomètres dans les autres secteurs.

 

« On se déplace moins vite au centre-ville, car il y a plus à faire », explique Pierre Gautier-Mare, agent de maîtrise de la Propreté urbaine.

Son métier est d’autant moins bien compris que son travail reste le plus souvent invisible. « Il suffirait que l’équipe s’arrête de travailler une semaine pour constater la différence ! »

Alors que la ville a installé pas moins de 3 500 corbeilles dans les rues, il est regrettable de voir autant de gens jeter encore à côté. « Il y a un manque de responsabilité malgré la prise de conscience sur l’environnement en ville », regrette-t-on au service Propreté urbaine.

Pour davantage d’efficacité, les horaires de passage des agents ont été modifiés. « Nous passons le matin tôt dès six heures, et jusqu’à treize heures. Avant neuf heures, nous sommes en sécurité sur les voies, la ville s’éveille toujours assez tard. 80 % du travail doit être déjà réalisé à ce moment-là. Ensuite, nous repassons dans certains endroits et réalisons des opérations plus spécifiques. »

Ressenti et réalité de la propreté

Papiers, cartons, emballages alimentaires, déchets organiques : chaque mois, le service Propreté urbaine de la Ville en récupère 70 tonnes, rien que dans les corbeilles prévues à cet effet et sur la voie publique, hors déchets ménagers.

Ce chiffre atteint même 120 tonnes durant les mois d’été. Chaque agent vide en moyenne près de 110 corbeilles chaque jour.

Grenoble, comparée aux autres villes de taille égale en France, se situe plutôt en haut du classement de celles qui recueillent le plus de déchets.

Malgré ce que les usagers peuvent parfois ressentir, Grenoble fait partie des villes les plus attentives à sa propreté. « Mais il suffit qu’un papier gras trône à côté d’un potelet renversé ou près d’un trou sur la chaussée pour qu’on parle de ville sale. Le même papier dans le parc Vigny-Musset ne sera pas perçu de la même manière. »

"La Ville est un espace public à usage collectif"

Dans le cadre de ce dossier, Gre.mag a interviewé Lucile Lheureux adjointe aux espaces publics et à la nature en ville.

 

C’est quoi une belle ville, pour vous ?

Une ville belle, c’est une ville vivante, où les gens se sentent bien. Je préfère qu’on parle de vie, de partage, de végétalisation, plutôt qu’en seuls termes d’esthétique ou de propreté. La beauté d’une ville ne peut se réduire à ça.

On peut avoir des espaces un peu usés par le temps, que les habitants s’approprient pour y vivre et développer des projets, plutôt que des espaces où rien ne dépasse et complètement vides.

Notre conception de la ville, c’est qu’elle ne doit pas être seulement un lieu de travail ou de loisirs. Il s’agit d’un espace public à usage collectif, que l’on partage, où l’on se rencontre.

Une ville à la fois propre et vivante : comment y parvenir ?

Avec plus de quatre cents agents municipaux déployés sur l’espace public, la Ville assure une vraie présence au quotidien : espaces verts, propreté, voirie, etc.

Nous voulons aussi offrir aux citoyens la possibilité de vivre pleinement leur ville. Pour conforter les usages temporaires, nous installons de nouveaux mobiliers urbains, nous refaisons couler l’eau des fontaines, etc. Nous agissons aussi de manière plus structurelle, en soutenant les initiatives des jardins de rues, ou à travers le budget participatif par exemple.

La collectivité assure sa part de responsabilité et propose aux habitants d’apporter leur propre pierre à l’édifice.

Chacun acteur de la propreté de sa ville : c’est le message que vous voulez faire passer avec La Belle Saison ?

La Belle Saison, nous l’avons imaginée d’abord pour permettre aux citoyens de mieux connaître les métiers de la propreté.

Les agents du service subissent un mépris dans l’exercice de leur fonction. Nous voulons y mettre fin en permettant la rencontre entre agents et habitants et rendre visible la partie cachée de leur mission.

La Belle Saison, c’est aussi pour sensibiliser les habitants à devenir acteurs de l’espace public. On leur apprend ainsi à adopter certains réflexes, comme celui de ramasser le papier qui traîne et d’expliquer à celui qui l’a jeté dans la rue qu’il ne doit plus le faire.

C’est enfin l’occasion d’expliquer pourquoi nous plantons des arbres et installons des cendriers… La Belle Saison, c’est un temps de pédagogie pour nuancer son regard sur sa propre ville !

On ne mégote pas avec la propreté

Président des cafés, bars et du monde de la nuit au sein de l’Umih38, Nicolas Creissels est aussi le dirigeant du pub O’Callaghan, place de Bérulle. Il a été l’un des premiers commerçants à adhérer au dispositif municipal d’installation de cendriers sur l’espace public.

Nicolas Cresseils, patron du pub Le O’Callaghan, place de Bérulle. © Sylvain Frappat

« La mairie est venue nous démarcher cet hiver en nous présentant son projet d’installer ces cendriers à proximité des commerces et des entreprises pour réduire les mégots par terre. Nous avons tout de suite adhéré à cette initiative.

Dans ce secteur rénové de la ville, il était dommage que les jets de mégots viennent gâcher le décor. Il s’agit d’un véritable partenariat municipalité-commerces : la Ville investit dans ces cendriers pour nous, les installe, assure leur maintenance, et nous nous chargeons de les vider et les nettoyer, en moyenne toutes les deux semaines.

Nous alertons aussi la Ville quand nous constatons une dégradation. Le système fonctionne très bien, au vu des quantités de mégots que l’on recueille : l’installation de ces cendriers limite considérablement leur impact au sol.

Dommage cependant qu’au-delà d’un rayon de trois à quatre mètres, les mauvais comportements aient tendance à reprendre. Nous récupérons aussi parfois dans ces cendriers des déchets qui n’ont rien à y faire.

Il faudrait que tous les bars sensibilisent leurs clients à ce fléau. De notre côté, nous avons aussi installé des cendriers sur les tables de la terrasse, que nous vidons toutes les vingt minutes. »

L’Umih38 (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie de
l’Isère) encourage l’installation des cendriers de rue à proximité
des cafés et des restaurants. Elle mène une réflexion aux côtés de
la Ville pour la distribution de cendriers de table sur les terrasses.

« Beaucoup pensent à tort que ces cendriers ne sont pas autorisés »,
explique-t-on à l’Umih38, qui pourrait aussi proposer à ses adhérents
de participer à l’opération des balcons fleuris.

Les commentaires (1)

Commentaire de francis le 12 mai 2018 à 12 h 52 min

vous manquez pas de culot pour faire la une de votre magazine avec « plus belle nos rues ». vous avez déjà fait un tour en ville ? sale, tag, poubelle renversée, chaussée défoncée… Punaise mais mettez des amendes aux clochards qui salissent tout ! vous croyez que c’est à nous de nettoyer la ville ?!! La caserne est un endroit magnifique mais passez le matin voir comme c’est dégoutant ! c’est sûr que ya du boulot pour les agants de la ville pour tout nettoyer mais ce n’est pas assez ! il faut verbaliser les crados ! allez voir à cannes ou à lyon ou meme Paris !

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