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Sculptures dans la ville : un musée à ciel ouvert

À la veille des JO de 1968, Grenoble organisait le premier symposium français de sculpture, affirmant la présence de l’art dans la ville. Les œuvres issues de ce concours émaillent toujours l’espace urbain, éléments d’un patrimoine que la ville valorise auprès du public avec la mise en place des parcours « Découverte des œuvres dans la ville ». De la gare au parc Paul Mistral en passant par le Village Olympique ou le centre historique : suivez le guide !

L’art dans la ville a accompagné l’expansion de Grenoble. L’organisation du Symposium de sculpture en 1967 (voir encadré) en témoigne, impulsant une dynamique qui se poursuit avec les JO et jusqu’au XXIème siècle, se teintant peu à peu des couleurs du street art.

Près de deux cents œuvres font ainsi partie du paysage urbain : sculptures, fontaines, fresques… Familières et souvent méconnues, elles se dévoilent aujourd’hui.

Depuis l’automne, trente-quatre œuvres ont été équipées de cartels où sont inscrits le nom de l’auteur, le titre, la date de création et le matériau de fabrication. Dès le mois de mars, les nouvelles technologies permettront de les connaître encore mieux, sur place directement en cliquant sur son smartphone ou à travers un site Internet dédié.

Pour encourager la curiosité du public, les œuvres ont été regroupées en trois circuits et il suffira de consulter une fiche pour accéder à la totalité du parcours et le suivre, à pied ou installé derrière son écran.

Balades au cœur du patrimoine

Ces trois parcours « Découverte des œuvres dans la ville » seront finalisés en mars. Réunissant chacun des pièces d’époques différentes, ils s’articulent autour de plusieurs quartiers de Grenoble.

Sculpture du symposium de 1967. « Élément sériel » de Maxime Descombins.

« Au cœur de la ville » relie la gare au Palais des Sports. Débutant avec Les Trois Pics d’Alexandre Calder, il met en lumière la façade en trompe-l’œil du théâtre municipal, les statues de la place Saint-André, les œuvres situées dans le patio de l’Hôtel de Ville, quatre sculptures héritées du Symposium dans le parc Paul Mistral…

« Autour du musée » démarre Porte de France avec la statue représentant Philis de la Charce. Après un détour par la Fontaine du lion et du serpent place Cymaise, il rejoint l’esplanade du musée de Grenoble où trône Monsieur Loyal d’Alexandre Calder, puis le parc Albert Michallon, véritable jardin de sculptures où sept pièces du XXe siècle sont à l’honneur.

Sculpture « Fontaine Lyrique » de Erwin Patkaï. Symposium de sculpture de 1967, Village olympique.

« Au Sud de la ville » présente les œuvres aux abords du Conservatoire et de la MC2 puis nous entraîne au Village Olympique pour voir plusieurs pièces du Symposium. Il se termine à la Villeneuve avec Les Géants, la sculpture de Klaus Schultze qui donne son nom au quartier.

Dans chaque circuit, on pourra identifier les pièces du Symposium de sculpture. À terme, l’ensemble des œuvres issues de la manifestation sera équipé d’un cartel et intégrée aux parcours, de même que la totalité des sculptures du parc Michallon.

Un moyen ludique et facilement accessible pour comprendre et s’approprier des trésors que nous côtoyons au quotidien.

interview

Grenoble est un modèle en termes d’art dans l’espace public

Rencontre avec Martine Jullian conseillère municipale déléguée au patrimoine historique et à la mémoire.

Pourquoi ces « parcours découverte » ?

Ces parcours sont destinés à faire connaître les œuvres à la fois aux habitants et aux touristes en leur permettant de mieux les identifier. Ils se mettent en place à la suite de la labellisation Ville d’art et d’histoire, puisque la démarche de valorisation est inhérente au label.

Par ailleurs, Grenoble est un modèle en termes d’art dans l’espace public, avec environ 200 œuvres. Le Symposium de 67 témoigne d’une vraie volonté d’inclure l’art dans la vie des Grenoblois puisqu’il imposait aux artistes de travailler in situ en lien avec les habitants.

Le parc Michallon abrite aussi des œuvres héritées plus tardivement de la commande publique. C’est une tradition à Grenoble, où la dynamique du musée, très axé sur l’art contemporain, rejaillit sur l’ensemble de la ville. Et chaque quartier a sa spécificité, comme au Village Olympique ou la Villeneuve… où les œuvres sont indissolublement liées à leur environnement car elles ont été conçues pour.

Comment la Ville entretient-elle ces œuvres ?

Certaines ont été restaurées comme « Les Géants » de la Villeneuve, une pièce emblématique de l’art dans la ville qui participe vraiment du cadre de vie des habitants ! Mais leur nombre important fait que beaucoup ne sont pas en très bon état et auraient besoin d’une restauration.

Il est prévu de s’occuper en priorité des deux sculptures de Calder et des deux de Marta Pan. On ne peut pas tout traiter en même temps car cela a un coût. En effet, il faut le faire dans les règles de l’art en ayant recours à des professionnels qui connaissent les matériaux, les méthodes, les outils…

Grenoble a aussi un important patrimoine architectural…

Cette richesse est toute relative. En effet il mériterait d’être davantage reconnu car ce n’est pas ancré dans les mœurs de considérer ce qui s’est fait au XXème siècle comme du patrimoine. D’autant qu’il est souvent construit en béton, qui n’est pas un matériau noble…

D’où la nécessité de communiquer pour le faire connaître. De plus, ce patrimoine n’est pas en bon état car il n’a pas assez été entretenu depuis des décennies. Des bâtiments comme la Maison de la culture, le Palais des Sports ou l’Hôtel de Ville mériteraient d’être sinon classés, du moins inscrits aux monuments historiques.

Ils sont labellisés « patrimoine du XXe siècle » mais cela ne donne lieu à aucune subvention pour leur rénovation…

En quoi ces bâtiments sont-ils remarquables ?

À l’Hôtel de Ville, Novarina, qui était architecte et ingénieur, a apporté une vision à la fois artistique et technique qui aboutit à un traitement très esthétique du béton dans les frises par exemple.

C’est aussi une réserve d’œuvres qui ont été pensées pour être intégrées à ce lieu : la tapisserie de Raoul Ubac dans le salon d’honneur, la mosaïque du patio signée Gianferrari…

Quant à la Maison de la culture, c’est un très beau bâtiment, un des plus réussis qui nous rappelle aussi qu’en 68 on était en pleine période de démocratisation de la culture. Sa construction faisait partie de toute une réflexion sur ce que doit être une ville, à savoir un espace où les habitants peuvent faire travailler leur imaginaire. Et cela se traduisait par un véritable foisonnement pluridisciplinaire avec des spectacles mais aussi des expos, du cinéma, une bibliothèque…

La Villeneuve est aussi très emblématique de cette période…
Elle constitue une utopie, un modèle sur le plan de l’architecture et de l’urbanisme. Cet ensemble forme un tout cohérent car c’est le résultat de la collaboration de différents corps de métier : urbanistes, architectes, sociologues, paysagistes, artistes… qui ont réfléchi pour permettre aux habitants de vivre ensemble dans les meilleures conditions. C’est donc un quartier historique et c’est par ce biais qu’on peut le valoriser.

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