Dossiers

Accueil >Dossiers>Des vélos dans la ville

Décrypter

Des vélos dans la ville

La Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB) a mené en 2017-2018 une grande enquête auprès des usagers du vélo (113 000 réponses). Ce baromètre des villes cyclables montre clairement que les Français.es attendent une politique pro-vélo ambitieuse. Bonne nouvelle, au palmarès, Grenoble se classe première des villes entre 100 000 et 200 000 habitants et fait partie des quatre premières villes françaises qui mènent une politique favorable aux déplacements cyclistes (seules 21 villes sur 316 classées ont eu plus de la moyenne). Si la FUB souligne l’importance des efforts à mener en matière de confort et de sécurité à vélo, elle relève « les signaux positifs qui traduisent un engagement fort de la Ville de Grenoble et de la Métropole en faveur du vélo ».

Mobilité

Grenoble donne un coup de pédale

Les Grenoblois.es usagers reconnaissent volontiers que « les efforts faits en faveur du vélo sont importants » et placent en tête parmi les points forts de Grenoble la facilité de location d’un vélo, l’ouverture des sens uniques au double sens cyclable, le bon équipement de la ville en magasins de vente et ateliers de réparation, l’entretien et le confort des itinéraires.

Cette piste cyclable relie Eybens à Grenoble centre. ©Sylvain Frappat

Dans le top trois des préconisations viennent « un réseau cyclable complet et sans coupure », « des itinéraires directs et rapides » et « des stationnements sécurisés et adaptés pour les vélos (courte et longue durée)  » , avec un gros point noir : le vol des vélos.

Des souhaits qui rejoignent la politique cyclable portée par la Ville et la Métropole qui ont pour objectif de tripler le nombre de déplacements à vélo d’ici 2020.

40 km pour Chronovélo

La Métropole avance plusieurs pions, avec tout d’abord la création d’un réseau cyclable structurant à échéance 2020-2021 nommé Chronovélo.

Elle développe aussi le réseau cyclable de proximité (marquages au sol, créations de bandes cyclables, aménagements de voies vertes ou de carrefours), multiplie et diversifie l’offre de stationnement (pose d’arceaux sur l’espace public, déploiement de box à vélos, ouverture des silos à vélos à la gare de Grenoble…). Et s’appuie, bien sûr, sur le service innovant Métrovélo.

Yann Mangaburu, vice-président de la Métropole et président du SMTC, l’autorité des mobilités de l’agglomération précise :

 Métrovélo est le premier service public de location de vélos en France. Nous faisons le pari de la multimodalité du territoire en permettant le développement d’offres de transport en complément de la voiture.

Chaque année, la Métropole investit 6  millions d’euros en faveur de la politique cyclable. Le plan d’investissement plurinannuel entre  2015 et  2020, s’élève à 10  millions d’euros pour les aménagements de Chronovélo et 5  millions sur le réseau de voies cyclables secondaires.

À terme, Chronovélo comptera quarante kilomètres de pistes cyclables larges reliant Saint-Égrève au campus, Fontaine à Meylan, Grenoble à Eybens et Vizille. Avec un marquage au sol original en blanc, jaune et bleu, qui veut à la fois donner la meilleure information aux cyclistes et prévenir piétons et automobilistes.

Le peloton grenoblois se détache

Les politiques cyclables sont passées à la vitesse supérieure dans les villes françaises. Grenoble, avec ses 15 % d’actifs qui se rendent au travail à vélo, compte bien tripler la part modale globale des déplacements vélo avec un objectif de 12 % en 2020.

Des Métrovélos pour tous les goûts.

Ce n’est cependant pas encore au niveau de nos voisins : à Copenhague, quelque 50 % des trajets domicile-travail se font à vélo. À Amsterdam, c’est plus de 40 %, à Bâle, 25 %, à Bologne, Florence, Tokyo et Munich, 20 % (1).

En décernant à la Métropole et à Grenoble le prix Ville cyclable, la FUB a souligné la politique volontariste de ces collectivités pour faire évoluer les comportements dans le temps avec la mise en place de toute une série de mesures.

La généralisation des 30 km/h dans la ville, la création de zones de rencontre, d’aires piétonnes, l’offre de stationnement, les panneaux de jalonnement dédiés et les 320 km de voies cyclables de l’agglo facilitent et sécurisent déjà les déplacements grenoblois.

Le succès de Métrovélo, l’arrivée d’une nouvelle offre de vélos en libre-service, le dynamisme des associations et ateliers autour du vélo, et les entrepreneurs de plus en plus nombreux qui choisissent de placer le vélo au cœur de leurs activités démontrent bien l’intérêt toujours grandissant des Grenoblois.es pour la pratique cyclable.

Vélos partagés

Nouveaux vélos en libre-service : déverrouillez, pédalez !

Ils sont bien différents des Métrovélos avec leur look blanc et violet : les nouveaux vélos en libre-service sans station sont arrivés cet été à Grenoble !

©Alain Fischer

Testés et approuvés dans six villes françaises aujourd’hui (Metz, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Angers et Tours), les 600 vélos Indigo® weel viennent compléter les Métrovélos à Grenoble.

Cette offre en libre-service proposée par le secteur privé permet, selon Yann Mongaburu, président du SMTC, « une offre de mobilité complémentaire et facilite la pratique occasionnelle, plus ponctuelle ».

Comment ça marche ?

Il faut télécharger une application pour accéder à ce service. Les vélos ne sont pas assujettis à une station, mais simplement disponibles dans des zones de parkings vélos (à proximité d’arceaux), bien identifiés dans l’application. Cette dernière permet de géolocaliser le vélo et de le déverrouiller en un clic.

Combien ça coûte ?

50 centimes la demi-heure, 5 euros la journée, ou sur abonnement.

Des contraintes ?

Le service concerne pour l’instant le territoire de la ville de Grenoble et le campus universitaire. Il faut garer le vélo à proximité d’arceaux vélos et… respecter le code de la rue. On ne roule pas sur les trottoirs, ça va de soi, et il est interdit de se garer dans les zones rouges (parcs et jardins).

Et ça roule ?

Les vélos sont robustes, confortables, géo-localisables, équipés d’un bon cadenas. Une équipe locale a été créée pour la maintenance des cycles et pour sensibiliser les usagers à l’utilisation du service.

Vous ne retrouverez pas forcément le vélo que vous aviez bien rangé à côté de votre arceau préféré, mais il y en aura forcément un autre pas bien loin…

informationRenseignements divers
 Plus d’infos sur l’application Indigo® weel
courrielhttps://www.indigoweel.com

Démarrer du bon pied

Vélo-école

L’ADTC – Se déplacer autrement, une association qui œuvre pour le développement des transports respectueux de l’environnement, propose depuis 2008 des séances de vélo-école.

©Document remis / ADTC

Trois moniteurs et cinq bénévoles se relaient pour encadrer des cours de remise en selle et des cours pour débutants. L’objectif est d’apprendre à circuler à vélo en sécurité.

L’équilibre, la maniabilité et la direction sont des notions abordées pendant les cours pour les débutants, qui se passent dans un premier temps sur l’anneau de vitesse du parc Paul Mistral.

Se remettre en selle

Le code de la rue et la signalisation spécifique aux cyclistes sont approfondis dans les cours de remise en selle. Basile Diaz, moniteur cycliste, explique :

Cette formation est proposée aux personnes qui n’ont pas fait de vélo depuis longtemps ou qui appréhendent la circulation en ville. On gradue la difficulté des situations selon le niveau du cycliste.

Cet apprentissage se déroule lors de sessions de huit séances environ. L’association met des vélos, des casques et des gilets jaunes à disposition des participants.

« On est là pour qu’ils se sentent bien et à l’aise afin qu’ils réussissent, ajoute Leslie Philippe, monitrice cycliste. Il y en a pour qui c’est un rêve de faire du vélo et au moment où ils réussissent, c’est incroyable ! »

informationRenseignements divers
Du 26  octobre au 7  novembre, du 9  novembre au 21  décembre, du 8  mars au 12  avril et du 3  mai au 28  juin. 80 € pour les 8 séances (tarif préférentiel en MdH).
courrielhttp://www.adtc-grenoble.org

Ils en ont fait leur métier !

Le vélo tout en prouesse

Tombé dans le vélo alors qu’il était étudiant, Phillip Steins est devenu le cogérant de Vélocité services, depuis près d’un an.

©Auriane Poillet

À l’époque, en parallèle de la Faculté de droit et de sa passion pour le snowboard, Phillip Steins frappe à la porte de cette entreprise de coursiers à vélo, spécialisée dans les livraisons express.

Une activité qui lui tape dans l’œil, deviendra son quotidien professionnel, et un loisir… L’Américain d’origine raconte :

 En tant que coursier, je connais la ville et sa périphérie par cœur, les raccourcis, les parcs à traverser, les voies vélo… C’est agréable de se sentir à la fois aussi rapide et complètement libre.

Challenger, voyageur…

Avant de s’impliquer pleinement à Vélocité, il s’est immiscé dans la vie de coursier new-yorkais, puis berlinois, pour expérimenter le métier dans un autre cadre. Par goût du challenge et du voyage, il retrouve depuis trois ans la communauté internationale des coursiers à vélo, lors des championnats du monde annuels.

Cet été, le cap a été mis sur Riga, en Lettonie, avec un tour de la mer Baltique au préalable pour s’échauffer ! « Il m’arrive aussi de partir pour un voyage de 24  heures en solo, pour voir jusqu’où je peux aller », évoque-t-il, le sourire vissé sur les lèvres.

informationRenseignements divers
Vélocité service, 12 rue Ampère.
courrielwww.vélocité-services.com
courrielwww.facebook.com/velociteservices/

Ils en ont fait leur métier !

Le vélo, le choix éthique

Justine Jarnias se rend à bord de son triporteur dans les entreprises, associations et collectivités pour proposer aux salariés un massage Amma assis pendant leur pause de midi.

©Auriane Poillet

« Ce type de massage permet de détendre tout le haut du corps : la tête, les épaules, le dos. C’est idéal pour soulager les personnes qui restent assises longtemps », explique la jeune femme de 24 ans.

Un projet de bien-être

La Grenobloise, qui travaillait à l’origine dans le marketing et la communication, a décidé de réaliser un projet professionnel en accord avec sa manière de vivre et de penser. Alors cette activité, Justine Jarnias l’effectue à vélo depuis le mois de juin.

« C’est un choix éthique, cohérent avec mon projet de bien-être », indique-t-elle. « C’est important de se mettre dans une démarche globale. »

La jeune femme prête aussi d’autres avantages à ce mode de déplacement doux : les économies, la condition physique, la réduction du stress… Adhérente de l’association Les Boîtes à vélo, elle se prête largement au jeu et a envie de « s’installer dans cette dynamique et de travailler avec eux dans ce sens-là. »

informationRenseignements divers
courrielwww.souffle-des-sens.fr

Ils en ont fait leur métier !

La pertinence du vélo en ville

Rien de plus logique pour Jean-Éric Mesmain de Bicyclopresto d’effectuer ses déplacements professionnels à vélo.

©Sylvain Frappat

Rien de plus logique pour Jean-Éric Mesmain de Bicyclopresto d’effectuer ses déplacements professionnels à vélo. À bord de son vélo cargo, il parcourt les rues de Grenoble pour réparer des vélos à domicile ou sur le lieu de travail de ses clients.

L’entrepreneur, qui a vécu de différents métiers, notamment dans la microélectronique et l’environnement, s’est lancé en 2016 dans la réparation de vélo :

 Je voulais de l’action dans ma vie. Et le vélo c’est le meilleur moyen d’améliorer la qualité de l’air et de ne pas avoir à réparer une voiture.

Faciliter l’utilisation du vélo

À sa manière, il souhaite inciter les citadins à abandonner peu à peu les véhicules motorisés au profit du vélo. Un fait inévitable selon lui : « De toute façon, la voiture va être de plus en plus contrainte en ville et le vélo sera de plus en plus pertinent. »

Pour faciliter l’utilisation du vélo, l’entrepreneur se déplace à domicile ou sur les lieux de travail pour entretenir et réparer des vélos. Il explique : « Je me déplace chez les personnes ce qui fait que je n’ai aucun délai. Je leur fournis une réparation de qualité sans qu’ils aient à se déplacer. Ça leur fait gagner du temps. »

Récemment Jean-Éric Mesmain a décidé d’élargir son activité à la réparation de fauteuils roulants. « J’avais envie d’aider les personnes qui sont en détresse de fauteuil roulant , commente-t-il. Et c’est une demande que je recevais ponctuellement avec Bicyclopresto. »

informationRenseignements divers
courrielwww.bicyclopresto.fr/
courrielhttps://www.facebook.com/BicycloPresto/

Ils en ont fait leur métier !

Le vélo, c'est une manie

Manfred Patzel, alias Fredélec, est électricien, mais aussi quelquefois plombier, carreleur et réalise de petits travaux de rénovation d’intérieur.

©Auriane Poillet

L’Allemand d’origine a décidé de se rendre sur les petits chantiers à vélo depuis maintenant quatorze ans. Il explique :

 À la base, je faisais pas mal de vélo en privé.  Je me suis fixé un objectif de 10 000 kilomètres par an et le travail m’en fournit presque 3 000.

Utiliser le vélo au maximum

À bord de son biporteur, il transporte son matériel dans le centre-ville grenoblois. « J’aime le contact avec les clients », indique-t-il. Et ceux-ci soutiennent sa démarche de se déplacer à vélo.

« Quand ils me voient arriver avec la marchandise, ils sont surpris », sourit Manfred. « Grenoble est bien au niveau des aménagements, il y a des améliorations qui sont faites. On arrive chez les clients sans renverser la marchandise. »

Même s’il continue à utiliser une camionnette lorsqu’il se rend sur des grands chantiers, l’électricien privilégie le vélo. « Il faut l’utiliser le plus possible. Chaque kilomètre compte. C’est un petit peu une manie pour moi », sourit-il.

informationRenseignements divers
courrielhttps://www.bilik.fr/grenoble/electricien/fred-elec-manfred-patzelt.html

Ils en ont fait leur métier !

Le triporteur, un transport intermodal

Sur un vélo équipé d’une banquette à l’arrière et d’un toit pour protéger des intempéries, Cécile Jayet combine trois métiers en un sous l’enseigne Cycle Urbain : le transport de personnes, le transport de marchandises et l’affichage publicitaire.

©Auriane Poillet

« J’avais envie de créer mon entreprise, d’être mon propre patron et de tenter l’aventure avec un projet aligné avec mes valeurs. »

À 50 ans, elle parcourt désormais les rues de Grenoble à bord de son triporteur à assistance électrique, propose un service de proximité aux Grenoblois.es et notamment aux plus fragiles, comme les enfants ou les personnes âgées.

Compléter l’offre existante

Cycle Urbain n’a pas vocation à concurrencer les autres modes de transport, mais veut plutôt compléter l’offre existante. « Je me considère comme un transport intermodal, un maillon complémentaire du transport dans la ville », insiste la cycliste.

Le triporteur à assistance électrique est également adapté au transport de marchandise, puisqu’il peut effectuer facilement et rapidement des rotations dans la ville. Il transporte ainsi tous types de colis : des fleurs, du linge ou encore des repas. Elle explique :

 Ce n’est pas un hasard si Cycle Urbain existe à Grenoble, poursuit Cécile Jayet. Car Grenoble a une politique durable efficace et a la volonté de réduire la congestion urbaine. Cycle Urbain s’inscrit parfaitement dans cette logique de réduction d’empreinte carbone.

informationRenseignements divers
courrielwww.cycle-urbain.com
courrielwww.facebook.com/cycleurbaingrenoble

Les commentaires (2)

Commentaire de Villette le 10 septembre 2018 à 21 h 57 min

Bonjour,

Je reçois votre magazine ce jour et je découvre votre dossier spécial « vélo dans la ville »

La double page 24/25 illustre les droits et devoirs des cyclistes…sauf que rien n’est respecté dans la réalité…

Les trottoirs de Grenoble n’ont jamais été aussi dangereux…quelques exemples que vous pouvez vérifier par vous même :
**trottoir en pente rue Commandant de Reynies coté voie ferrée

**trottoir bvd Gambetta coté lycée Champollion

**trottoir rue des déportés de l’angle rue Paul Bourget a la rue Mallifaud

Le pire c’est que lorsque vous êtes piéton et que vous interpellez verbalement un cycliste sur le trottoir vous vous faites insulter.

La police municipale devrait se doter d’une patrouille VTT avec pour unique mission la verbalisation des cyclistes sur les trottoirs et les défauts de signalisation.( absence gilet jaune/frein/lumière/écouteurs…ect)

Lors de voyage effectués a Amsterdam et Copenhague récemment je peux vous dire que la Police est très rigoureuse et pas laxiste comme dans notre agglo.

Il est urgent d’installer des panneaux sur les trottoirs avec « interdit aux vélos » et de pratiquer une répression majeure pour éviter l’anarchie qui règne sur les trottoirs puisque les gens s’équipent en trottinettes électriques et gyroroues.

En plus les vélos livreurs type uber-eat et consorts de plus en plus nombreux dans le centre ville roulent sans aucun respect de la signalisation ni du code de la route.

Il serait pertinent de la part de votre magazine de rédiger un article montrant des vélos sur les trottoirs et témoignages des contrevenants ainsi que des forces publiques a ce sujet.

Sensibiliser ne suffit plus de nos jours; le seul moyen (malheureusement) de faire prendre conscience aux gens leurs actes d’incivilité sur les trottoirs c’est de « taper » dans le porte monnaie par le biais de timbre amende.

Je suis moi même cycliste et piéton et tout a fait disposé a venir témoigner dans votre magazine si vous le souhaitez

Cordialement,

un fidèle lecteur

Lire la suite >

Commentaire de Pica le 29 octobre 2018 à 17 h 02 min

Il m’est venu une idée idiote; et si pour améliorer le trajet de la piste cyclable que la Métro crée et qui existe depuis 30 ans, on en faisait un tronçon sur la voie rapide ?

Lire la suite >

réagir

Votre adresse de courriel ne sera jamais publiée.

Tous les champs sont obligatoires

> Commentaires, mode d'emploi

Gre-mag
vous propose

La solidarité fait battre le coeur de Grenoble