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Grenoble et l’Afrique : les noces d’ébène

L’Afrique sera à l’honneur du prochain festival de géopolitique de Grenoble École de Management, du 16 au 19 mars prochain. Coup de projecteur sur ce continent de plus d’un milliard d’habitants, représenté à Grenoble par des projets généreux et des personnalités actives, soucieuses de prendre notre avenir commun à bras-le-corps.

Inauguration festive de la place Nelson Mandela (quartier Presqu'Ile) en avril 2015.

Inauguration festive de la place Nelson Mandela (quartier Presqu’Ile) en avril 2015.

L’histoire entre l’Afrique et Grenoble se serait nouée dans le Vercors lors de la Seconde Guerre mondiale, avec la venue spontanée de soldats sur les maquis pour renforcer les troupes locales. L’association des Sénégalais de l’Isère est l’une des premières associations de la diaspora à s’être créée en France, clandestinement d’abord, pour assurer le rapatriement des corps. Aujourd’hui, pas moins de cent dix associations africaines agitent la ville, sans compter les quelque trois cents autres qui développent des liens plus ou moins directs avec le continent noir.

La Ville s’efforce d’accompagner un mouvement associatif très vivace, en soutenant des événements en résonance avec l’actualité. Ce fut le cas pour l’inauguration de la place Nelson Mandela, au printemps dernier, prolongée par une soirée concoctée à la Maison de l’international.

Des échanges permanents

La programmation des équipements de diffusion de l’agglomération prévoit régulièrement des productions en lien avec l’Afrique. Les festivals aussi, avec les Détours de Babel par exemple : dédié aux musiques nomades, l’événement annuel met systématiquement l’Afrique à l’honneur.

Pour lancer sa nouvelle saison, le Théâtre municipal a réussi à inviter — malgré les difficultés administratives — le groupe Kalyanga. Jumelée avec Ouagadougou (Burkina Faso) depuis 1999, Grenoble a également développé avec le Mali une relation privilégiée. Celle-ci s’exprime largement à travers la création culturelle, comme au sein du Pacifique-CDC (Centre de développement chorégraphique), qui assure des échanges permanents avec La Termitière, compagnie de Ouagadougou.

Des artistes issus de la diaspora, installés à Grenoble, ont tracé une carrière internationale, comme le metteur en scène Moïse Touré, né en Côte d’Ivoire, qui fonda dans les années 1980 la célèbre compagnie des Inachevés.

Changement de climat

L’Afrique s’invite aussi à l’université et dans les grands laboratoires de Grenoble. Quelque trois mille étudiants africains fréquentent chaque année les bancs de la fac et des écoles supérieures de la ville. Et lancent des initiatives prometteuses, comme cette plateforme d’échanges économiques mise au point par des étudiants sénégalais. Les grandes entreprises du territoire s’investissent aussi.

La fondation Schneider Electric apporte son soutien au premier lycée technique du Burkina Faso, pour une formation à l’installation de panneaux solaires dans les espaces publics. En attendant la sortie de terre d’une Maison de l’Afrique (ce qu’est déjà un peu la Maison de l’international), des associations imaginent de rapprocher le Sahel et les Alpes à travers la santé, la culture ou l’éducation.

Ainsi, l’ONG Tetraktys a développé entre deux écoles de Ouagadougou et de Grenoble des échanges de graines et de petites serres, sur fond de sensibilisation au changement climatique. Autant de projets qui mobilisent les services de la Ville et participent à la construction d’un vrai rapport d’égalité.

informationRenseignements divers
Les « Dynamiques africaines » au cœur de la 8e édition du festival de Géopolitique de Grenoble École de Management, du 16 au 19 mars 2016.
courrielhttp://www.festivalgeopolitique.com/programme

Pièces jointes:
préprogramme du festival "Les dynamiques africaines"

Renforcer le lien culturel et la réussite

Originaire du Burkina Faso, Hyacinthe Karambiri (notre photo), diplômé d’un troisième cycle en communication option cinéma, est l’auteur d’un film sur l’histoire du Village Olympique, réalisé à l’occasion des quarante ans des Jeux olympiques de Grenoble.

Hyacinthe a créé voilà 18 ans l’association Repérages, qui accompagne jeunes et adultes sur le chemin de l’insertion professionnelle par la remise en état de vélos. Plus récemment, il a lancé Ansera, qui cherche à renforcer le lien entre Burkinabés et Français à travers des projets culturels.

Arrivée du Burkina à 26 ans en 2010, Habibata Granger a rejoint l’association avant d’intégrer l’équipe du bureau. « Mon rôle est d’attirer de nouveaux adhérents, notamment des étudiants burkinabés un peu perdus, pour rompre leur solitude. » Habibata veut aussi leur montrer que la réussite est au bout des efforts : elle-même jeune diplômée, elle a récemment trouvé un poste d’ingénieur qualité sécurité et environnement au sein de Thalès, entreprise spécialisée dans les détecteurs numériques pour la radiologie médicale.

Les commentaires (1)

Commentaire de gheraibia le 27 avril 2016 à 2 h 51 min

MONSIEUR ZOHONCON VOUS AVEz DEJA CE BEL age je me rappelle que quand j’étais jeune je vous avez vu de près avec Monsieur DE Beaumont et ainsi que votre dame si gentille et qu’avec mon mari nous nous étions rencontres à la nuit de l’Afrique au vieux temple à Grenoble. Moi aussi maintenant je ne suis plus très jeune avec mes 71 ans mais je garde un bon souvenir de vous.
Amicalement.
ANDREE.

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