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Démocratie participative

Les Conseils citoyens indépendants auront une influence sur les décisions publiques

L’association Aequitaz a accompagné la ville de Grenoble et les citoyens dans la mise en place des Conseils Citoyens Indépendants. Manu Bodinier, animateur, témoigne.

Quel est le rôle de l’association Aequitaz dans l’élaboration des Conseils Citoyens Indépendants ?

Nous aidons la mairie et les citoyens à écrire collectivement les délibérations et garantir la place réelle du citoyen dans ce processus. L’idée est aussi d’aller rencontrer les personnes les plus éloignées des instances de démocratie locale, pour garantir une diversité de personnes au sein des Conseils Citoyens Indépendants.
Lorsqu’ils seront mis en place, leurs membres choisiront de se former à l’animation ou de prendre un animateur prestataire.

Quel retour pouvez-vous faire sur la construction de la charte des Conseils Citoyens Indépendants qui s’est déroulée de d’octobre 2014 à mars 2015 ?

On s’inscrit dans la loi Vaillant* et la loi Lamy**. Par rapport à ces lois, la charte va au-delà de ce qui existe déjà au niveau de la garantie de l’indépendance, grâce à l’association indépendante elle aussi qui assurera la gestion des Conseils Citoyens Indépendants.

Ils pourront porter un sujet au conseil municipal et s’il y a refus, cela devra être justifié publiquement. C’est une voix dans le coeur du débat et c’est vraiment ce qu’on a gagné. Le bémol est qu’on reste limités par le code des collectivités qui stipule que ce sont les élus qui sont responsables des décisions.

Mais les Conseils Citoyens Indépendants sont des espaces tournés vers le haut, avec une légitimité et une reconnaissance de fait, qui auront une influence sur les décisions publiques.

NDLR : *Loi Vaillant : loi du 27 février 2002, relative à la démocratie de proximité
**Loi Lamy : loi du 21 février 2014, de programmation pour la ville et la cohésion urbaine

Comment inciter les citoyens à s’impliquer dans les Conseils Citoyens Indépendants ?

Il y a des personnes qui ne seront pas intéressées et c’est normal. Il ne faut pas entrer dans le jeu de dire « tu es un bon citoyen si tu participes aux CCI ». Etre un bon citoyen peut passer par d’autres choses. Ce que j’ai pu constaté jusque là, c’est que des nouvelles personnes ont eu du plaisir à y participer. Les membres du groupe des 8 ont bossé comme des fous, ils se sont vus 20 fois, ils ont monté un blog… Leur travail est honorable.

Y a-t-il des zones de vigilances à avoir ?

Oui. Premièrement, veiller à ce qu’il n’y ait pas de prise de pouvoir au sein des Conseils Citoyens Indépendants. L’hypothèse que nous faisons, c’est que si leur processus de construction est démocratique, il y a de grandes chances qu’ils le soient. C’est à vérifier.

Ensuite, décider au sein des Conseils Citoyens Indépendants dans un temps correct, sans s’éterniser dans des débats d’opposition.

Les Conseils Citoyens Indépendants sont-ils selon vous un outil pour développer le pouvoir d’agir de chacun ?

Il n’y a pas de certitudes. On a forgé un bon outil mais il est important aussi de former les bons menuisiers pour que chacun soit en capacité d’exprimer ce qui est important pour lui, de transformer des problèmes privés en problèmes publiques, de prendre en compte l’autre.

Pour cela, nous essayons d’aider les gens à se révéler, à construire à partir de leur diversité, et à tisser des relations de confiance.

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