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« Répondre à toute demande de musiciens handicapés moteur »

Depuis 11 ans, au Conservatoire de musique de Grenoble, des enfants et des adultes atteints de lourds handicaps moteur s’initient à la pratique musicale grâce des instruments adaptés, réalisés dans le cadre d’un partenariat technologique inédit. Jacques Cordier, enseignant coordinateur des projets « musique et handicap » au Conservatoire, nous en dit plus.

Comment est née la collaboration avec l’Institut national polytechnique (INP) ?

test par eleves ingenieursFace au constat que le handicap physique ne permet pas de se servir d’instruments du commerce, je me suis dit qu’il faudrait adapter le matériel et j’ai contacté Guillaume Thomann, enseignant-chercheur à l’INP. Notre philosophie, c’est de répondre à toute demande de musiciens handicapés moteur pour leur permettre d’accéder à l’instrument dont ils souhaitent jouer. Pour cela, les élèves de l’INP développent des projets de recherche, de la conception à la réalisation de prototypes, faisant appel aux technologies les plus actuelles : mécanique, électromécanique, électronique, numérique, informatique. Pour certains instruments, cela peut prendre trois ou quatre ans.

Pouvez-vous nous donner des exemples ?

Actuellement, l’INP travaille sur un système de mini-mailloches : de petits maillets mus par un électro-aimant pour les personnes sans motricité des bras qui envoient une impulsion en appuyant sur un bouton avec le menton. Ensuite, des interfaces modulables pourront être développées en fonction des besoins et aptitudes d’autres personnes, toujours en mettant à profit la partie mobile du corps. Par ailleurs, ce système pourrait être adapté à d’autres instruments, xylophone ou métallophone par exemple.

Comment travaillez-vous au quotidien ?

Leonardo avec le portique de soutien de bras (1)Je m’occupe à plein temps du public handicapé. Au Conservatoire, j’ai deux groupes chaque semaine et j’anime des ateliers hebdomadaires dans deux instituts. Cela représente une trentaine d’élèves, enfants et adultes, avec qui je travaille surtout à partir de l’improvisation et en étant très éclectique au niveau des styles.

Une fois par mois, j’organise des ateliers de partage musical où j’invite une ou deux personnes handicapées ainsi qu’un enseignant d’instrument du Conservatoire et un ou deux de ses élèves. Là, tout le monde joue ensemble ! On part sur de l’impro mais aussi des propositions de chacun, et on peut alterner un morceau de Ravel et de Sexion d’Assaut !

Vous donnez des concerts ?

concert au conservatoire de GrenobleOui, très régulièrement. Avec ma collègue Anne-Françoise Perroux, qui anime trois heures par semaine Cap’ Music, des ateliers pour les personnes en situation de handicap mental, nous montons des projets avec d’autres enseignants et élèves, tous au sein d’un même orchestre. Toute l’année, il y a des concerts au Conservatoire et, pour l’ouverture du Mois de l’accessibilité, un groupe mixte jouera dans les rues de Grenoble. On essaie de multiplier ces prestations car c’est l’occasion de sensibiliser le grand public à notre démarche.

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