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Faune

Les oiseaux de Grenoble

On les entend mais on ne les voit pas ou, à l’inverse on les remarque sans les entendre ; ce sont nos voisins ailés, aux couleurs et aux tailles variées, les oiseaux de notre territoire.

Rouge-gorge. ©JM Coquelet

Connaître la faune d’une ville n’est pas chose aisée et requiert beaucoup de patience. A Grenoble, de nombreuses espèces d’oiseaux vivent dans les parcs, les jardins et sur les différents édifices.

Entre soixante et soixante-dix espèces communes ont été observées sur le territoire grenoblois telles que pigeons, rouges-gorges, bergeronnettes, mésanges, martinets, hirondelles des rochers… ou tarins des aulnes et bouvreuils en hiver.

Les quatre espèces de pouillots migrent aussi à Grenoble, dans les lieux arborés, comme le parc Paul Mistral ou le Jardin des Plantes. L’oiseau qui arrive à bien se nourrir, file, celui qui a besoin de se reposer, de se nourrir, reste quelques jours.

Jean-Marc Coquelet, membre de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), contribue à cette connaissance de la faune avienne de notre territoire depuis ses premières observations en 1974 :

J’ai observé plus d’une centaine d’espèces qui ont posé leurs pattes à Grenoble et une cinquantaine qui ont survolé la ville ! Si l’oiseau se pose, c’est qu’il y a un besoin : à ce moment-là il devient oiseau grenoblois même si c’est pour une courte période. Il y a peu d’espèces rares mais cela ne signifie pas qu’ils sont nombreux ; l’effondrement de la biodiversité se fait au sein de chaque espèce avec la diminution du nombre d’individus.

Observer les oiseaux

L’observation dépend beaucoup de la personne qui la pratique ; il faut être patient, aller sur le terrain, revenir à des heures régulières. Si on ne le fait pas, on ne peut avoir qu’une idée très fragmentaire, voire rudimentaire, de ce qu’il se passe, des espèces qui fréquentent le lieu et comment elles le fréquentent ; si elles nichent ou non, et quand elles font des petits…

Il y a différents types d’observateurs : celui qui est impliqué, qui étudie et suit les oiseaux, ou l’observateur occasionnel. Ce dernier se doit d’être prudent afin de ne pas mettre les espèces en danger car elles doivent déjà supporter la pression des agressions extérieures et des prédateurs comme le chat.

Si les gens gardent leurs distances avec les espèces, cela ne porte pas à conséquence. Pour l’observation, il faut utiliser du bon matériel d’observation, au minimum des jumelles à grossissement 8 (ou 10) pour le quotidien avec un diamètre de sortie suffisant de 35, 40 ou 42 mm.

Jean-Marc Coquelet, régisseur de conservation des collections du Muséum d’histoire naturelle, observe des martinets. ©Alain Fischer

La LPO a mis en place un site internet qui s’intitule « faune-Isère » où l’on peut mettre en ligne des observations ; cela se fait de façon instantanée et une grande partie des informations sont ainsi rendues publiques.

A Grenoble, il y a une vingtaine de personnes, membres de la LPO, qui étudient les oiseaux ; c’est sur elles que repose la connaissance des espèces présentes ou en cours de migration.

Pour certaines espèces Jean-Marc Coquelet a plus de mille données, ce qui lui a permis de faire des courbes au fil des ans. Il utilise des carnets spécifiques : l’un pour Grenoble, l’autre pour l’Isère, un autre pour le reste de la France.

Il en a un pour le Grand Duc également, dans le cadre d’une observation pour le Département de l’Isère. Il dispose également, en fonction d’observations particulières, de carnets spécifiques sur des phénomènes ponctuels.

Les habitants de la tour Perret et de la Collégiale Saint-André

Observées quotidiennement par Jean-Marc Coquelet depuis 2010 lorsqu’il a découvert la présence d’hirondelles des rochers sur la tour Perret, elles forment désormais une colonie avec trois nids depuis cette année. On considère qu’il s’agit d’une colonie à partir de 3 nids qui sont proches car les oiseaux se connaissent.

Sur la tour, il peut y en avoir un 4ème que l’on n’a pas trouvé car il y a plein de recoins. Les hirondelles des rochers font trois à quatre petits par nichée, deux nichées par an au moins.

Cette année, il a été très compliqué de savoir si c’était la première nichée ou non en raison des perturbations de la météo ; de ce fait, il a été difficile de savoir si les hirondelles observées étaient des hirondelles qui nichaient là ou qui étaient en cours de migration.

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Ces oiseaux « peu fréquents » (non classés comme « rares »), vivent habituellement en montagne. Il est possible qu’il y en ait d’autres dans la ville mais il faudrait que les habitants qui les remarquent le signalent, indique Jean-Marc Coquelet :

J’ai pu découvrir ce premier nid grâce à ma fréquentation quotidienne de la tour : je passe au pied de la tour tous les jours, à midi et parfois le soir quand la nuit tombe tôt. J’ai compté jusqu’à 140 hirondelles des rochers sur la tour au début du printemps alors qu’il pleuvait : c’était difficile de savoir s’il y a avait des locales parmi elles car la majorité étaient en cours de migration vers le nord et on n’avait pas encore découvert les deuxième et troisième nids. Le comptage est effectué sur photos avec un grossissement maximal ; c’est un travail très méticuleux. Lorsque je fais mes observations, je vois aussi s’il y a un faucon-pèlerin qui dort sur la tour.

Plus nombreux à Grenoble sont les faucons crécerelles que l’on peut apercevoir à l’église Saint-Joseph ou à Saint-Louis, et aussi sur la collégiale Saint-André. Sur la collégiale, les martinets forment la plus grosse colonie de martinets de l’agglomération voire du département et peut-être même au-delà.

L’édifice comporte environ 600 trous de boulin, vestiges de la construction dans lesquels s’encastraient les échafaudages ; certains sont bouchés, trop bas, ou trop petits ; les plus grands sont plutôt occupés par des pigeons mais heureusement il n’y en a pas beaucoup.

Plus de 150 des trous restants sont utilisés par les martinets. Alors, gardez vos distances et à vos jumelles !

informationRenseignements divers
courrielwww.isere.lpo.fr
courrielwww.faune-isere.org

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