Le bricolage, autrefois une compétence essentielle transmise de génération en génération, semble être en perte de vitesse chez les jeunes d’aujourd’hui. Une étude récente révèle qu’une partie de la génération Z préfère déléguer des tâches domestiques pourtant basiques, comme changer une ampoule, gonfler les pneus d’une voiture ou fixer un tableau au mur.
Un phénomène grandissant : la montée du « GOTDIT »
Alors que les tutoriels en ligne et les guides pratiques n’ont jamais été aussi accessibles, un nombre croissant de jeunes adultes déclarent qu’ils ne se sentent pas capables d’effectuer certaines tâches du quotidien. Ce phénomène, baptisé « GOTDIT » (pour « Get Others To Do It », soit « laisser les autres le faire »), prend de l’ampleur. Selon une enquête menée par la marque automobile Halfords, 21 % des jeunes interrogés avouent ne pas oser changer une simple ampoule, invoquant des raisons de sécurité ou un manque de savoir-faire.
Pourquoi la génération Z évite certaines tâches simples ?
L’étude met en avant plusieurs raisons expliquant cette tendance. Un jeune sur cinq affirme que monter sur une échelle pour remplacer une ampoule lui semble trop risqué. D’autres évoquent la peur des installations électriques ou encore la crainte de se brûler avec une ampoule encore chaude.
Mais le phénomène ne s’arrête pas là. Environ 11 % des sondés déclarent qu’ils préfèrent engager un professionnel pour accrocher un tableau, tandis que 30 % ne sauraient pas différencier un tournevis plat d’un tournevis cruciforme. Plus frappant encore, près de 44 % des jeunes britanniques choisissent de payer un service pour des gestes aussi simples que gonfler les pneus de leur voiture ou remplacer leurs essuie-glaces, des opérations qui ne prennent pourtant que quelques minutes.
Une dépendance aux services professionnels qui coûte cher
Cette réticence à effectuer des tâches de base a un coût. Selon les estimations, un jeune adulte britannique dépense en moyenne 1 500 euros par an pour déléguer ces petites réparations. Si certains se tournent vers leurs parents pour obtenir de l’aide (22 % des sondés), d’autres préfèrent directement faire appel à des professionnels, contribuant ainsi à un véritable marché du service pour des besoins autrefois considérés comme basiques.
Un regard critique des générations précédentes
Face à ces chiffres, de nombreux représentants des générations précédentes, notamment les Millenials et les Boomers, s’interrogent. Alors qu’Internet regorge de tutoriels détaillés permettant d’apprendre ces gestes en quelques minutes, comment expliquer que la génération Z soit moins autonome sur ces aspects pratiques ?
Certains experts avancent l’idée que cette dépendance croissante aux services résulte d’un changement dans l’éducation et les habitudes de vie. L’ère du numérique a favorisé l’externalisation de nombreuses tâches, et les jeunes adultes ont grandi dans un monde où tout est accessible à la demande, via une application ou un service en ligne.
Vers un retour du DIY ou une tendance durable ?
Reste à savoir si cette tendance du « GOTDIT » s’inscrira durablement dans les habitudes ou si un retour au « Do It Yourself » (DIY) pourrait s’opérer avec la montée de la crise économique et la nécessité de réduire les dépenses. Avec le coût de la vie qui augmente, certains pourraient être amenés à apprendre ces gestes du quotidien pour économiser de l’argent.
En attendant, cette étude révèle un changement générationnel intéressant et soulève une question : sommes-nous en train d’assister à la fin du bricolage amateur au profit d’une externalisation généralisée des tâches les plus simples ?
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