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faites-le vous-même !

Grenoble entre dans l’âge de faire

La deuxième édition du Maker Faire a tenu ses promesses d’innovation et de passion pour la fabrication d’objets par soi-même. Cette communauté de « makers » ne se contente pas de faire travailler ses doigts. Elle porte avec elle une vision de la société bâtie sur les valeurs d’échange et de partage, qui inspire à son tour de nouvelles initiatives.

Il y a le dirigeant de PME qui vient fabriquer le prototype d’un futur produit. Il y a le citoyen qui préfère refaire ici la pièce cassée de son grille-pain plutôt que d’en acheter un autre. Il y a ce jeune skateur aussi, qui va rouler sur une planche dessinée et montée par ses propres soins. Tous ont en commun l’envie, la passion de faire par soi-même, et c’est d’ailleurs pour cela qu’on les appelle les « makers ».

Ils se donnent rendez-vous dans l’un des six ou sept fab labs (ateliers de fabrication) recensés à Grenoble, et notamment à la Casemate, qui abrite le premier fab lab officiel de la ville. Lancé en 2012, ce tiers lieu a connu ces dernières années un décollage rapide, suscitant un enthousiasme contagieux et attisant de vraies vocations d’artisans « do-it-yourself ».

La passion de faire

Tout ce public s’est d’ailleurs retrouvé à Alpexpo en mars dernier, à l’occasion de la Maker Faire. Un événement festif qui a réuni près de 7 000 visiteurs en un week-end, autour d’une centaine d’exposants aux profils variés. D’un côté, le bidouilleur isolé dans son garage est venu tester au-delà de son cercle d’amis habituel la pertinence de son objet auprès du grand public. De l’autre, des grands groupes industriels comme Schneider Electric ont présenté de nouvelles générations de composants, très utiles pour aller plus loin dans ses propres montages électroniques.

Et ce n’est pas parce qu’un clone de R2D2 se baladait dans les allées pour distribuer des cacahuètes (photo ci-dessus) qu’il faut réduire la communauté des « makers » à des nostalgiques de Star Wars fondus d’électronique croustillante. « On a tendance à assimiler les “makers” à l’imprimante 3D, mais cela va bien au-delà », observe Quentin Garnier, de la Casemate. « Ce sont d’abord des gens passionnés par la fabrication par soi-même et qui ont envie d’apprendre encore, tout en aimant transmettre leurs connaissances. »

Côté visiteurs, tous, petits et grands, néophytes et spécialistes, témoignaient d’une envie de progresser, que ce soit dans la fabrication de produits de plus en plus complexes ou dans celle de savoir réparer

La Maker Faire a démontré la diversité des profils et des envies, avec des brasseurs de bière locale, des spécialistes du design, des artisans du cuir végétal… Côté visiteurs, tous, petits et grands, néophytes et spécialistes, témoignaient d’une envie de progresser, que ce soit dans la fabrication de produits de plus en plus complexes ou dans celle de savoir réparer et, finalement, d’une volonté de libérer sa créativité.

Plus loin ensemble

La magie du numérique permet aujourd’hui de réaliser des objets d’une sophistication et d’un design tels qu’ils participent à l’affirmation de soi. Dans le fab lab de la Casemate de Grenoble, les équipements, régulièrement complétés et modernisés, entretiennent la passion de créer ensemble. Mais au-delà des postes à commande numérique, des imprimantes 3D et autres découpeuses laser, c’est la convivialité de l’endroit qui participe à cet engouement.
Et quand notre système de consommation montre ses limites (obsolescence programmée, gaspillages…), l’appropriation par les utilisateurs de tels espaces laisse entrevoir une nouvelle façon de vivre et de consommer.
À la Casemate, on a pris acte de la volonté des utilisateurs d’aller plus loin. Le lieu devrait ainsi élargir sa vocation, tout en conservant son état d’esprit. « Nous souhaitons à la fois nous orienter vers davantage de disciplines, comme les médias et la biologie, et favoriser un esprit où les usagers deviennent acteurs de l’innovation », précise Pascal Sagnol, en charge des partenariats avec les entreprises et les associations.

Quand notre système de consommation montre ses limites (obsolescence programmée, gaspillages…), l’appropriation par les utilisateurs de tels espaces laisse entrevoir une nouvelle façon de vivre et de consommer.

Une manière de faire que La Casemate entend également instiller dans le milieu économique. « En renforçant le fab lab, nous allons mettre nos services et nos machines à la disposition des très petites, petites et moyennes entreprises pour leur permettre de rester à la pointe. Nous voulons participer à l’identité innovante de l’économie grenobloise ! », insiste Pascal Sagnol. Où l’émulation constructive remplacerait la concurrence agressive : la Casemate souhaite accompagner aussi les entreprises dans une démarche de responsabilité sociale, et les aider à basculer vers de nouveaux schémas qui intégreraient les « makers » dans leur organisation.

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