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Fouilles archéologiques

Les rues de Lionne, Chenoise et Cujas passées au crible

Pendant deux semaines, trois archéologues de l’INRAP (Institut National de Recherche Archéologique Préventive) ont effectué des fouilles dans les rues de Lionne, Chenoise et Cujas, au centre-ville de Grenoble. Ces recherches sont menées en amont d’une plantation d’arbres réalisée par Grenoble-Alpes-Métropole. Rencontre avec Franck Gabayet, archéologue et responsable d’opération INRAP.

Franck Gabayet, responsable d’opération à l’INRAP.

 ©Auriane Poillet

Quel est le contexte de cette fouille archéologique ? 

On est en archéologie préventive. Cela veut dire qu’on intervient quand il y a une menace de destruction des vestiges. Ici, c’est un projet qui est mené par la Ville et La Métropole pour installer des arbres dans la zone piétonnière.

Les fosses d’arbres sont impactantes car elles descendent à 1,20m dans le sol. Elles sont aussi installées dans un périmètre qui se trouve dans la zone de sensibilité archéologique particulière de la ville.

Quelles sont les raisons qui vous poussent à effectuer des fouilles, ici, en hyper-centre de Grenoble ?

On sait que la ville ancienne est là. Il y aura forcément des vestiges historiques datant du 19ème siècle jusqu’à l’époque de la création de la ville. On sait que la ville antique n’est pas loin car on a fouillé juste à côté. Le rempart antique de la fin du 3ème siècle et le baptistère du 5ème siècle sont situés sur la place Notre Dame, à 50 m de la rue Chenoise.

Les vestiges antiques sont beaucoup plus profonds que la côte demandée (1,20-1,50m) pour installer des arbres. Or ces vestiges sont plus bas. Exceptionnellement, on nous a donné l’autorisation d’aller jeter un oeil au fond du sondage.

Avez-vous trouvé quelque chose rue Chenoise ?

Dans les 1,20m, on n’a trouvé que des remblais du 19ème. En revanche quand on est en dessous des 1,50m, on a des éléments qui nous disent qu’on est peut-être dans des niveaux antiques. Tout ce qu’on peut dire c’est qu’il y a probablement des vestiges antiques là-dessous. C’est un peu frustrant. 

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On trouve quand même quelques pierres maçonnées avec du mortier. On en a extrait une, mais on n’est pas capables de dire si elle est antique, médiévale ou moderne. En revanche, on voit que c’est une pierre taillée avec une feuillure.

Elle a servi plusieurs fois. Elle a été percée, taillée sur le sommet, re-percée… Elle a eu toute une vie qu’on essaie un peu de déterminer en faisant des observations fines : de la 3D avec des éclairages un peu particuliers.

Et dans les autres rues ?

Dans les autres rues, il y a très peu de mobilier, très peu de ferraille, de monnaie… En revanche, on trouve quelques murs intéressants, dont certains sont des surprises.

Rue de Lionne, on a des murs qui sont antérieurs à la réouverture de la rue en 1843. Ce sont des parcelles qui n’existent plus et que l’on va, j’espère, retrouver dans les plans. On a aussi éventuellement un mur de cave avec un soupirail qui s’installe sur un autre mur en brique datant, peut-être, du 19e siècle.

informationRenseignements divers
courrielhttps://www.inrap.fr

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