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Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois

« Il faudra que le CCN invente la danse de demain »

Le chorégraphe Rachid Ouramdane (44 ans) et l’artiste de cirque Yoann Bourgeois (34 ans) dirigent le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN) depuis le 1er janvier. Ils succèdent ainsi au chorégraphe Jean-Claude Gallotta. Rencontre.

Portrait © Géraldine Aresteanu 1

Les nouveaux directeurs du Centre chorégraphique de Grenoble, Rachid Ouramdane (à droite) et Yoann Bourgeois (à gauche), ont été désignés conjointement par l’Etat, la Région, le Département et la Ville. © Géraldine Aresteanu

Quels liens entretenez-vous avec Grenoble ?

Yoann Bourgeois : Un lien très fort, affectif. C’est là que je suis né et, si je n’y ai pas grandi, mes parents m’en parlaient beaucoup. Grenoble est pour moi une ville longtemps fantasmée et j’ai choisi d’y implanter ma compagnie en 2009. J’aime sa dimension hétérogène, multiple, et la montagne qui ouvre une autre échelle, où l’humain n’est plus au centre.

Rachid Ouramdane : J’ai étudié à Grenoble et j’ai assisté à de nombreuses créations du groupe Émile Dubois au CCN. Pour un jeune danseur, c’était formidable. La liberté créative de Jean-Claude Gallotta et son écriture atypique m’ont permis de me projeter, de voir qu’on peut penser la danse hors dessentiers battus ! C’était très formateur.

En quoi l’identité artistique de Grenoble vous inspire ?

RO : Avec le CCN, la MC2 et le Pacifique-CDC, Grenoble peut embrasser tous les formats de danse, de l’émergence jusqu’aux créations d’envergure. Quant au lien historique entre le CCN et la MC2, il permet de donner à voir ce que l’on crée. Cette configuration unique et précieuse a beaucoup compté dans notre choix.

YB : Il y a une vraie dynamique créative, un bouillonnement artistique auquel s’ajoute au niveau de l’agglomération de nombreuses structures à des échelles très différentes. C’est un potentiel incroyable qu’il faut exploiter en encourageant les rencontres et la concertation.

Quel est votre projet pour le CNN ?

RO : Il porte sur la notion de partage des outils et l’invitation d’autres artistes. Il faudra que le CCN invente la danse de demain et continue à se remettre en question grâce à la transversalité, au débordement des disciplines… car c’est ce qui caractérise notre travail. Il s’agira aussi de mettre Grenoble au cœur du monde grâce à nos réseaux internationaux.

YB : Nous souhaitons entretenir la relation à l’autre et tout ce qui fait « autre », ce qui signifie que la création n’est pas première, mais qu’elle part des espaces. Nous projetons un CCN décentralisé, mobile, et souhaitons encourager le décloisonnement en travaillant avec des compagnies qui ont de fortes capacités d’hybridation.

Des rendez-vous sont-ils déjà prévus ?

YB : En juin, le temps d’un week-end, nous ouvrirons la MC2 lors d’un grand rassemblement populaire pour qu’elle soit traversée par des pratiques diversifiées dans un rapport au spectacle différent, moins formel. À cette occasion, des compagnies de danse, de cirque et autres seront invitées pour bâtir une communauté artistique.

RO : Et puisqu’on envisage le CCN comme un lieu itinérant, ces rassemblements se dérouleront ensuite dans l’espace public. Ce seront des moments de pratique et de spectacle que l’on conçoit comme un élan partagé avec les populations.
Des projets participatifs qui s’ancreront dans la réalité de Grenoble.

informationRenseignements divers
courrielhttp://www.cieyoannbourgeois.fr/
courrielhttp://www.rachidouramdane.com/

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