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La montagne prend un coup de jeunes

Pour (re)découvrir et s’initier à la montagne et à ses pratiques, quoi de mieux que l’opération Jeunes en montagne ? Le dispositif se renforce cette année avec l’implication de nouvelles structures socioculturelles et de nouveaux établissements scolaires. Son ambition reste intacte : permettre à tous d’accéder à la richesse de notre environnement.

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« Au bout de chaque rue, une montagne. » La célèbre phrase, attribuée à Stendhal, ne souffre d’aucune contestation. La montagne est une évidence visuelle quand on habite à Grenoble : impossible pour les regards d’esquiver les massifs environnants. La pratique, elle, est en revanche nettement moins évidente et subit d’importantes disparités qui concernent principalement le public jeune.

Un constat fait dès 2003 par Sadok Bouzaiene, actuel adjoint aux sports, alors qu’il était déjà élu. La Ville lance alors le programme Jeunes en montagne pour permettre à chaque jeune Grenoblois de découvrir toutes les valeurs et les richesses de nos territoires. La mairie assure la prise en charge du coût de l’encadrement professionnel et met à disposition des participants du matériel, y compris l’équipement vestimentaire.

Accessibilité, proximité mais aussi confiance et patience sont autant d’éléments pris en compte par l’opération.

Marcher encore plus loin

716132_jeunes-en-montagne« Depuis, le dispositif a connu des hauts et des bas et nous avons souhaité le redynamiser cette année, en étendant le réseau des MJC participantes pour que tous les quartiers de la ville soient concernés, ce qui n’était pas le cas jusque-là », explique Pierre Mériaux, conseiller municipal délégué au tourisme et à la montagne. « Notre ambition : passer de plusieurs centaines de jeunes concernés aujourd’hui à un millier d’ici la fin du mandat. »

La dynamique est en marche. Cette année, l’opération devrait permettre à 330 jeunes, contre 288 l’an passé, de s’initier aux pratiques montagnardes. Le dispositif s’est enrichi depuis début 2016 de la présence de plusieurs structures socioculturelles, de deux structures socio-éducatives (le SESSAD et l’École de la deuxième chance), alors que le lycée Mounier et le collège Lucie Aubrac (lire l’encadré ci-contre) vont rejoindre le programme.

Avant tout, une passion

Accessibilité, proximité mais aussi confiance et patience sont autant d’éléments pris en compte par l’opération. Car la dynamique actuelle ne doit pas faire oublier qu’une relation à la montagne se construit sur la durée et se heurte à un certain nombre d’obstacles. Le service montagne de la Ville rappelle ainsi que si tous les enfants des écoles primaires de Grenoble font du ski, cela reste pour nombre d’entre eux leur unique expérience. D’où une méconnaissance de la « culture » de la montagne et de la diversité de ses pratiques et un travail de création d’un lien à effectuer.

« On parle aussi d’une génération habituée à l’immédiateté », note Pierre Mériaux. « Or, avec la montagne, il y a la nécessité d’établir un rapport différent, sur un temps long. Il y a une notion de progression à prendre en compte. » Un besoin d’apprivoiser le milieu pour profiter pleinement de ses atouts mais aussi pour des raisons de sécurité.

D’où la mise en place d’un programme de six sorties, qui permet d’aborder progressivement la montagne sous ses différents aspects (escalade, ski de randonnée, cascade de glace, alpinisme…), hiver comme été.

Vendredi 27 juin 2014 Jeunes en montagne, massif du Mont Blanc, Ascension de l'Aiguille de la Bérangère depuis le refuge des Conscrits © JM Francillon

Fiers de réussir

En ces temps de sensibilisation accrue à notre milieu naturel, à sa fragilité et à l’impact que nous avons sur lui, la montagne reste une formidable école de la vie.

Pauline, animatrice permanente au secteur jeunes Bajatière, confirme. « Il y a un vrai travail pour aller chercher les jeunes qui ne sont, pour la plupart, pas intéressés spontanément. L’an dernier, il fallait parfois les appeler à 7h du matin pour s’assurer de leur présence. Il y a aussi un vrai travail de mise en confiance à effectuer. On travaille ainsi toujours avec le même guide référent qui, en plus, est un habitant du quartier. » 
Si l’investissement est important, l’animatrice se réjouit en revanche des résultats. « L’an passé, j’ai eu une jeune fille qui a souffert physiquement et émotionnellement. Mais elle n’a jamais abandonné. Elle a affronté ses peurs, elle a dépassé ses limites et elle a participé aux six sorties jusqu’au bout. C’était une grande fierté pour tout le groupe et un bel exemple de réussite. »

Une école de la vie

De quoi faire naître quelques vocations ? C’est sans doute LE grand défi de demain : offrir à ces jeunes la possibilité de poursuivre des activités montagne une fois sortis du dispositif. « C’est effectivement un autre objet que nous développons » acquiesce Pierre Mériaux. « Des réunions avec les clubs sont prévues à l’occasion des Rencontres du cinéma de montagne. Il y a un passage de relais à effectuer. Les clubs doivent pouvoir proposer des activités à destination des jeunes adultes, certains ont d’ailleurs déjà commencé à le faire. »

Car c’est aussi une question que l’on peut aborder dans l’autre sens. Les clubs rencontrent en effet des problèmes à recruter des adhérents jeunes et la tendance est à l’essoufflement des pratiques. En ces temps de sensibilisation accrue à notre milieu naturel, à sa fragilité et à l’impact que nous avons sur lui, la montagne reste une formidable école de la vie.

 

Renseignements sur le site de Grenoble montagne, rubrique Jeunes en montagne :
www.grenoble-montagne.com

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