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Christophe Berthier

Peintre de la lumière

Maître-verrier depuis 1981, Christophe Berthier assemble ses jeux de verre comme on compose une ode à la lumière et à l’architecture.
Ses vitraux, créations et restaurations, habillent édifices religieux, appartements contemporains, écoles, mairies…

Christophe Berthier

Il a posé ses blaireaux(1), son fer à souder et ses 1 500 nuances de verre dans un grand atelier chargé d’histoire, rue Émile Gueymard, en 1999, tout juste un siècle après l’installation de l’atelier Bessac au même endroit, en 1895.
« Vous savez combien de vitraux sont sortis de cet atelier pour le monde entier depuis sa création en 1860 ? 6 000… » Derrière l’apparente nonchalance du propos, l’œil pétille. Christophe Berthier ouvre de grands tiroirs qui conservent des maquettes, des plans, des cahiers régulièrement calligraphiés, des négatifs sur plaques de verre, des esquisses au trait… Toute une mémoire, la comptabilité précise, la trace archivée de ces milliers de vitraux qui brillent à Madagascar, aux Seychelles, en Nouvelle-Calédonie, au Canada, en Algérie, en Côte d’Or ou en France.

Il y a du bonheur à habiter cet atelier au quotidien. Les outils transmis de génération en génération, les grandes baies vitrées qui apportent la bonne lumière, les rayonnages et les planchers en bois, et l’immense chevalet de plusieurs mètres de haut à l’entrée, manœuvrable par un seul homme, monté sur vis, pour exposer le travail en cours.

Le maître-verrier aime les rencontres, le partage, la transmission. Il prend régulièrement des apprentis. Des femmes beaucoup, « parce que le métier est exigeant ». Une des
dernières, Charlotte Kapp, a été reconnue meilleure apprentie de France en 2014.
Avec l’exigence et la qualité extrême, Christophe Berthier ne transige pas. Il travaille avec le dernier fabricant français de verre soufflé à la bouche. Ses plaques qui déclinent le verre dans toutes les couleurs renferment de la matière apte à se jouer de et à transformer la lumière. « Un vitrail doit être en harmonie avec un lieu » raconte-t-il. « Il est lié à une architecture, c’est un traitement de la lumière, il apporte une atmosphère et une ambiance. »

Patiemment, il assemble ses créations, serties de baguettes de plomb — « ça donne du mouvement » — grisaille au pinceau ses vitraux pour leur donner du relief, joue avec les variations de couleur d’un morceau de verre, avant de vitrifier au four. « On a toujours des surprises au final. Les surprises, c’est génial quand on crée, pas bien du tout quand on fait de la restauration. »

Il a reçu le feu sacré à 12 ans devant les représentations des vitraux de la cathédrale de Bourges, s’est formé dans les grands ateliers de Chartres et de Reims, a restauré l’ensemble des verrières de la basilique Notre-Dame de Fourvière à Lyon et a fidèlement traduit l’œuvre du peintre Arcabas.
« J’aime fouiller, regarder l’architecture existante, comprendre le rôle de la lumière et la transformer, créer l’harmonie » dit-il. « Entre verre, pierre et métal, le vitrail est un métier complet. »

(1) Pinceau fait de poils de blaireau dont se servent les peintres

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