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Emmanuel Carroz - Alain Denoyelle

« Une porte d’entrée pour accéder aux droits fondamentaux »

A l’occasion du Forum « accès aux droits et lutte contre le non recours » organisé par la Ville les 16 et 17 février, Emmanuel Carroz, adjoint à l’égalité des droits et la vie associative et Alain Denoyelle, adjoint à l’action sociale nous présentent cette démarche.

Qu’est ce qui a conduit la Ville à initier une réflexion sur l’accès aux droits ?

 Alain Denoyelle : l’accès aux droits est apparu comme un axe prioritaire dans le plan stratégique du CCAS adopté en 2015, et qui a fait émergé les cinq thématiques. Chacune renvoie à un domaine qui nécessite qu’on fasse un effort supplémentaire.

Nous ferons ainsi un focus sur des publics spécifiques, comme les jeunes ou les travailleurs pauvres, mais nous partirons aussi d’analyses de situations : quels droits ne sont pas mobilisés et pourquoi ? Est-ce parce qu’on ne connaît pas ses droits, à cause d’un blocage administratif, par refus ou abandon… ?

 

Comment définir le non recours ?

 Emmanuel Carroz : le non recours aux droits concerne les personnes ignorant qu’elles ont des droits et celles qui abandonnent ces droits.

Cela touche un public très varié : personnes migrantes, ne maîtrisant pas la langue ou avec des difficultés de lecture ou d’écriture, personnes âgées qui ne peuvent pas se déplacer pour des démarches. Sans oublier celles touchées par des accidents de la vie : divorce, maladie…

Aujourd’hui personne n’est épargné ! Les besoins évoluent et il faut être exhaustif pour s’adapter à toutes ces nouvelles situations. D’où la nécessité d’identifier ces personnes et de faire en sorte qu’elles aient une porte d’entrée pour accéder à tous les droits fondamentaux et sociaux.

 

Sur quoi travaillent les groupes que vous pilotez ?

Emmanuel Carroz : le groupe « aller vers » cible les personnes éloignées des systèmes depuis longtemps. Ce public a besoin d’être guidé sans être forcé car il éprouve souvent une méfiance envers les institutions. Du coup il faut non seulement réfléchir à la façon d’identifier ces personnes mais aussi au type d’accompagnement, aux acteurs à mobiliser…

Alain Denoyelle : le groupe dédié aux travailleurs pauvres s’interroge sur ce qui génère cette précarité car les situations sont multiples : revenus trop justes par rapport aux charges familiales, travail à temps partiel ou en intérim… Et il s’intéresse aussi aux problématiques qui en découlent, en lien avec les transports, les enfants…

 

Comment s’organise la réflexion ?
Emmanuel Carroz : on mise beaucoup sur les partenaires associatifs pour identifier les situations par le terrain : l’Amicale du Nid, Emaus Connect, le CODASE… et on part de leurs constats et de leur expérience.

Le témoignage des travailleurs sociaux et des travailleurs de terrain, et tout spécialement les travailleurs « pairs » en santé, est également précieux car ils apportent leur expertise.

Alain Denoyelle : il s’agit aussi de voir comment on se coordonne : le non recours concerne de nombreux acteurs et il faut qu’on se rencontre autour de ces problématiques communes. Nous souhaitons que le Forum soit un vrai temps collectif pour enrichir la réflexion et créer une synergie. D’où une organisation sur deux jours pour permettre aux groupes de travail d’assister aux restitutions des autres groupes

 

Quel est l’objectif de cette démarche ?

Alain Denoyelle : aboutir à des actions concrètes à mener avec les partenaires institutionnels et associatifs. Depuis ces dernières années, on voit se développer une nouvelle forme de précarité qui concerne plusieurs milliers de ménages à Grenoble et on sait aussi que près de la moitié des gens ayant droit au RSA n’en font pas la demande. La question du non accès est donc des plus pertinentes !

Emmanuel Carroz : la Ville se mobilisera sur tout ce qui a émergé des réunions à travers le plan d’action. Le non recours est une source évidente de la précarité et c’est à nous d’apporter des réponses avant cette spirale, ou d’aider à en sortir ceux qui s’y sont laissé entraînés.

Il faut combler le fossé entre les personnes et les réponses, et se mettre au goût du jour. La précarité, les situations changent. La réponse d’il y a dix ans est peut être insuffisante aujourd’hui.

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