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Hébergement d'urgence

Une situation complexe

L’hiver sera encore très rude à Grenoble pour les personnes dans la rue, malgré les mises en garde du maire, du président de l’agglomération, des associations de l’hébergement et de celles qui œuvrent dans l’humanitaire.

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Les structures d’hébergement d’urgence sont saturées, les places se libérant au compte-gouttes. Trois phénomènes expliquent cette situation.
La précarisation augmente : viennent toquer à l’hébergement d’urgence des jeunes, des familles sans le sou, des femmes victimes de violence avec leurs enfants, des travailleurs pauvres ainsi que des réfugiés et des demandeurs d’asiles, seuls ou en famille. Les causes : la crise économique qui s’enlise en France et en Europe et les conflits mondiaux qui ne tarissent pas.

Depuis 2009, l’État concentre les demandes d’asile de quatre départements sur la seule ville de Grenoble, ce qui rassemble les publics étrangers en précarité.
Conséquence : ça bouchonne dans l’urgence car les solutions de sortie sont réduites elles aussi. Manque d’hébergement de « stabilisation » ou d’insertion, manque de logements « très » sociaux destinés à des familles avec de faibles ressources et manque de logements sociaux tout court.

L’État aux abonnés absents

Qui fait la sourde oreille ? L’État. C’est pourtant lui qui a l’obligation, de par la loi et de manière inconditionnelle, d’assurer l’hébergement d’urgence pour ceux qui n’ont pas de toit. On est loin du compte.
Une bénévole témoigne : « Tous les soirs, à Grenoble, des familles avec des enfants dorment dehors ! On s’arrange quand c’est possible avec le CHU pour en mettre à l’abri une ou deux dans la salle d’attente des urgences. » Des bénévoles rendent leur tablier tellement les choses empirent.
Cette année, l’État (via la Direction départementale de la cohésion sociale) ne fera pas mieux que les précédentes. Quelque 236 places supplémentaires de lits d’urgence temporaires seront ouvertes cet hiver pour tout le département. Une capacité largement insuffisante puisque, uniquement à Grenoble, il manque 700 places en hébergement d’urgence. En moyenne, sur l’année, le « 115 », le numéro de secours pour les personnes à la rue, ne satisfait que 2 demandes sur 10.
En cas de froid extrême, l’État réquisitionnera, à l’arraché, gymnases et autres équipements sur l’agglomération. Au retour du printemps, les hébergés retourneront à la rue. Jusqu’à l’hiver prochain ?

 

Hébergement d’urgence, renseignements pratiques sur grenoble.fr

Ce qui existe déjà

  • La Ville, le CCAS, la Métro et les associations spécialisées dans l’hébergement, au contact des personnes dans la rue, ne sont pas à cours d’idées ni d’actions. Exemple : les collectivités proposent à une douzaine de familles rom, intégrées depuis plusieurs années, des logements classiques situés dans l’agglomération. Mais combien de temps durera ce dispositif ? Les collectivités redoutent régulièrement que l’État se désengage.
  • Le CCAS agit également, en cofinançant entre autres huit places d’hébergement d’urgence médicalisées à la Boussole. Il a repris en main le squat Verlaine, relogé 40 personnes sur 80 et cherche des solutions pour les autres. Pour parer au plus pressé, le CCAS a planté quelques tentes marabout sur les terrains ex-Allibert (avenue Edmond Esmonin) afin de venir en aide à plusieurs familles.
  • Des associations comme le Relais Ozanam ou Un Toit pour Tous mènent aussi un travail essentiel : elles repèrent des logements vides partout dans la ville, se mettent d’accord avec les propriétaires et les rénovent pour les proposer à des locataires sans ressources.
    Légende photo ci-dessous : En moyenne, les personnes aux situations complexes (demandeurs d’asile) séjournent 80 jours dans le Centre d’accueil intercommunal. Les autres, dont le problème est surtout lié à un manque de ressources financières, environ 20 jours.

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