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Point de vue

Grenoble, une ville à la montagne

Grenoble a souvent vécu une relation contrariée avec ses montagnes. Parfois reléguées au second plan derrière sa dynamique économique et scientifique, elles lui donnent pourtant une identité singulière et un cadre de vie envié.

C’est aussi sur ses sommets que la ville a bâti une partie de sa politique culturelle et sociale, à travers des projets auxquels la nouvelle municipalité veut offrir un peu plus de relief. Illustration dans les pages suivantes avec la Maison de la montagne, la Bastille et tous les événements dédiés à la montagne.

497801_3 Pucelles

Pour la première fois depuis longtemps à Grenoble, un adjoint spécifique à la montagne a été nommé. « La politique montagne est peu onéreuse dans le budget global de la ville, mais c’est une politique qui peut générer beaucoup de bénéfices, sociaux, culturels, économiques, si on la pratique à bon escient » reconnaît Pierre Mériaux, le conseiller municipal en charge des dossiers montagne et tourisme.

Si les Grenoblois montrent un attachement sincère à leurs chères cimes, ils restent trop peu nombreux à les arpenter régulièrement. Les plus jeunes en particulier semblent les avoir délaissées. « Petit à petit, des formes de barrières se sont installées entre les quartiers et les sommets, qui se sont largement marchandisés avec l’essor des stations de ski. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi : avant l’or blanc, la montagne appartenait aux agriculteurs et aux chasseurs, des gens humbles » analyse l’élu.

Faciliter l’accès à la montagne

La Ville réaffirme son ambition : faire que dans chaque quartier les jeunes puissent bénéficier d’une porte d’entrée vers les cimes. Tout un travail de promotion et d’animation doit donc se développer, en lien notamment avec les socioprofessionnels et les établissements scolaires, afin de redémocratiser l’accès à la montagne.

Pierre Mériaux

Pierre Mériaux

C’est l’objectif de l’opération Jeunes en montagne, qui invite chaque année plus de 300 jeunes de tous les quartiers à tutoyer les sommets. Chacun à son rythme et sous la conduite de professionnels du Bureau des guides et des accompagnateurs en montagne : ski de randonnée, escalade… Ce projet, qui a fêté récemment ses dix ans, doit bénéficier d’un soutien plus appuyé pour gagner en efficacité.

C’est le pari de la municipalité, qui relance la promotion du dispositif auprès des MJC et rajoute une brique pédagogique à l’opération. Elle met à la disposition des enseignants une douzaine de films de montagne. Validés par l’Éducation nationale, ces films serviront de supports de construction pour des projets variés. Pour les 8-12 ans, Jeunes en montagne se décline aussi en Montagne pour tous : un programme d’animations ludiques et de découverte sur les sentiers de randonnée.

Un terrain pour des valeurs clés

Les jeunes constituent un public ciblé. C’est aussi auprès d’eux que les Rencontres du cinéma de montagne se redéploient (lire page suivante). Depuis fin 2014 se sont greffées les Rencontres montagnes et sciences, durant lesquelles plus de 2 500 jeunes et scolaires ont pu visionner sept films, commentés par des pédagogues et illustrés par des ateliers sur scène. Le succès précoce de ces Rencontres montagnes et sciences en fait déjà l’un des tout premiers événements de ce genre en France.

De quoi encourager l’action de Pierre Mériaux : « Nous cherchons à montrer que la montagne constitue un formidable terrain pour apprendre des valeurs clés telles que la solidarité, la sobriété, le respect de l’environnement ou encore la culture scientifique. »

La bastille

Le perron de la montagne

Atteignant tout juste l’altitude de 500 mètres, la Bastille n’est pas une montagne comme les autres. Géologiquement intégrée au massif calcaire de la Chartreuse, elle est un camp de base fort utile vers des aventures plus sportives.

Popularisée par son téléphérique, la Bastille concentre aussi des enjeux touristiques et culturels que la Ville cherche à souligner, tout en valorisant ses richesses naturelles.

Cours Jean Jaures

Promontoire historique et naturel, la Bastille offre à Grenoble un attrait récréatif et touristique qui la distingue de toute autre cité alpine. Ne serait-ce que grâce à son téléphérique urbain, le premier d’Europe, qui en 80 ans a hissé plus de 14 millions de personnes.

La fréquentation des fameuses bulles surfe d’ailleurs de record en record chaque été, au gré des pics de chaleur : plus de 300 000 personnes l’ont emprunté l’an passé, soit autant que les usagers pedibus, en vélo ou motorisés. L’air est toujours un peu plus frais là-haut, et le belvédère, qui embrasse en un clin d’œil les Alpes depuis le Vercors jusqu’au Mont-Blanc, ravive à coup sûr les esprits accablés.

C’est aussi depuis la Bastille que l’on constate la pollution atmosphérique qui embrume la cuvette quand le vent tarde à dissiper les particules… Dans le cadre d’un partenariat avec la Ville, la Ligue pour la protection des oiseaux planche actuellement sur une étude de faisabilité pour un projet d’Espace naturel sensible à la Bastille. « C’est un milieu fragile et menacé qui abrite un cortège d’espèces animales et végétales typiques mais rares en Isère », résume Jean-Marc Taupiac, directeur de la LPO Isère.

Un espace naturel sensible ?

Le statut d’espace naturel sensible, s’il s’appliquait à la Bastille, serait un atout pour l’ouvrir davantage. Il a d’abord une fonction pédagogique et ne sanctuarise qu’une partie du milieu, tout en s’ouvrant aux activités humaines dès lors qu’elles respectent les fonctionnalités écologiques. D’autres associations sont partenaires de cette étude, notamment Gentiana, qui observe de près les fleurs de nos contrées.

Les botanistes ont souvent rappelé l’intérêt naturaliste du site : ses pelouses sèches se constellent au printemps d’une quinzaine d’espèces d’orchidées, dont certaines revêtent une valeur patrimoniale.

La Bastille dans les starting-blocks

Quatrième site touristique de Rhône-Alpes, la Bastille mérite aussi qu’on capitalise sur sa dimension sportive. La Ville a compris l’enjeu. Une piste de VTT sera prochainement tracée pour faciliter l’ascension vers le mont Jalla.

« Cette piste a aussi pour objectif de réduire les conflits d’usage de l’espace de la Bastille » pointe Pierre Mériaux, élu au tourisme et à la montagne. La Ville veut aussi prendre en compte la demande croissante des pratiquants de trail. Cette course à pied en milieu naturel a le vent en poupe, comme l’a démontré l’événement sportif de l’UT4M l’été dernier.

Avec l’association Passion Chartreuse, elle a programmé la création d’une piste de trail qui partirait des quais de l’Isère pour rejoindre Saint-Pierre-de-Chartreuse. Il ne s’agit pas de creuser au bulldozer de nouveaux chemins, mais plutôt de valoriser les sentiers existants, en accentuant le balisage et en offrant des clés d’interprétation du paysage.

Une réponse adaptée à une nouvelle forme de tourisme « sport et nature », qui pourrait bénéficier aux hébergements et plus globalement à l’économie de la métropole. Grenoble a d’ailleurs proposé que la Métro s’appuie sur des axes innovants tels que le tourisme zéro carbone pour définir sa politique touristique.

« Les expériences réalisées en Europe et en France ont démontré que le tourisme décarboné génère davantage de retombées économiques que le tourisme motorisé, ne serait-ce que parce qu’on s’arrête plus souvent pour acheter des produits alimentaires » précise l’élu.

Vos commentaires

Commentaire de Sophie Chambon le 8 juillet 2015 à 14 h 47 min

« Pour la première fois depuis longtemps à Grenoble, un adjoint spécifique à la montagne a été nommé » ? Pierre Meriaux n’est pas adjoint mais conseiller délégué. Par contre l’ancien élu à la Montagne, Alain Pilaud, était adjoint.

Lire la suite >

    Commentaire de La rédaction le 8 juillet 2015 à 15 h 57 min

    Bonjour,
    Effectivement, comme nous le précisons trois lignes plus loin dans l’article, Pierre Mériaux est « conseiller municipal délégué à la montagne et au tourisme ». On peut vraiment dire qu’il y consacre sa délégation. Quand à Alain Pilaud, il a été adjoint aux sports en 2001. Et adjoint à l’animation, au secteur 2, aux droits de voirie, aux travaux, aux relations avec les clubs sportifs professionnels et à la montagne en 2008.
    Il semble donc que c’est la première fois depuis longtemps à Grenoble qu’il y a un élu spécifique à la montagne.

    Lire la suite >

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