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Jeux olympiques de Grenoble en 1968 : épreuves, médailles, mascotte et sites olympiques

Des Jeux d’hiver charnière: télévision en couleur, identité signée Excoffon, Schuss la mascotte culte, et un palmarès marqué par le triplé de Killy. Parcourez d’un coup d’œil les épreuves, médailles et sites de Grenoble, Chamrousse et du Vercors.

Jeux olympiques de Grenoble en 1968 : épreuves, médailles, mascotte et sites olympiques

Les Jeux olympiques de Grenoble en 1968, du 6 au 18 février, ont marqué un tournant pour l’olympisme d’hiver : diffusion télévisée en couleur, identité visuelle forte et apparition d’une mascotte devenue culte. Voici, en un coup d’œil précis, les épreuves disputées, le palmarès marquant, la mascotte « Schuss » et les principaux sites olympiques autour de Grenoble et du Vercors.

Dates, contexte et faits saillants

Attribués à Grenoble lors de la session du CIO à Innsbruck, les Xes Jeux olympiques d’hiver se déroulent du 6 au 18 février 1968, avec 1 158 participants réunis dans les Alpes françaises. Côté image, ces Jeux installent un standard : une identité visuelle signée Roger Excoffon et une diffusion télé en couleur qui propulse les sports d’hiver dans les salons européens.

Épreuves des Jeux de Grenoble 1968

Le programme compte 10 sports, couvrant l’ensemble des disciplines majeures de l’époque :

  • Ski alpin : descente, slalom géant, slalom (dames et messieurs).
  • Ski de fond : épreuves individuelles et relais (dames et messieurs).
  • Biathlon : épreuves masculines (le biathlon féminin n’est pas encore au programme).
  • Saut à ski et Combiné nordique.
  • Patinage de vitesse et Patinage artistique.
  • Hockey sur glace.
  • Luge et Bobsleigh.

Cette programmation met en lumière la montée en puissance des disciplines nordiques, tout en offrant à l’alpin un récit sportif fort, sublimé par les performances françaises sur les pentes de Chamrousse.

Médailles : nations en vue et triomphe français

Le tableau des médailles voit s’illustrer les grandes nations de l’hiver, notamment les pays nordiques et l’URSS. Côté tricolore, l’édition grenobloise reste historique avec quatre titres olympiques, dont le triplé de Jean‑Claude Killy en descente, géant et slalom, qui égale l’exploit de Toni Sailer douze ans plus tôt. Marielle Goitschel décroche l’or en slalom, scellant la meilleure moisson française aux Jeux d’hiver de l’époque. Ces résultats, portés par la médiatisation en couleur, installent durablement le ski alpin français dans l’imaginaire collectif.

La mascotte « Schuss » : une première qui fait école

Créée par la dessinatrice Aline Lafargue pour l’agence Publinel, la petite silhouette de skieur stylisée baptisée « Schuss » envahit affiches, gadgets et vitrines pendant les Jeux. Elle n’est pas reconnue officiellement par le CIO comme mascotte, mais elle fait date : sa popularité impose l’idée même de mascotte olympique, formalisée ensuite dans les éditions suivantes. Son design simple, dynamique et immédiatement mémorisable en fait un précurseur du marketing olympique moderne.

Les sites olympiques : Grenoble, Chamrousse et le Vercors

Le dispositif s’appuie sur un maillage efficace entre la ville-centre et les massifs proches. Les sites clés à retenir :

  • Grenoble : le Stade de glace (actuel palais des sports Pierre‑Mendès‑France) accueille le patinage artistique et des matches de hockey ; l’anneau de vitesse jouxtant le palais des sports reçoit le patinage de vitesse. Le stade olympique provisoire, implanté pour la cérémonie d’ouverture, complète cet ensemble urbain au cœur du parc Paul‑Mistral.
  • Chamrousse : théâtre de toutes les épreuves de ski alpin, avec des tracés taillés pour la grande vitesse et des stades techniques au Recoin.
  • Autrans (plateau du Vercors) : pôle des disciplines nordiques, notamment le ski de fond et le biathlon, avec un stade et des boucles forestières adaptées à la télévision.
  • Saint‑Nizier‑du‑Moucherotte : le tremplin accueille le saut à ski, offrant de spectaculaires images sur la vallée grenobloise.
  • Villard‑de‑Lans : site de la luge, aménagé sur les pentes du Vercors.
  • L’Alpe d’Huez : destination du bobsleigh pour les épreuves de deux et de quatre.

La répartition urbaine et montagnarde répond à une double exigence : proximité logistique pour les sports de glace et valorisation des reliefs pour les disciplines de neige. Plusieurs équipements grenoblois ont ensuite poursuivi leur vie sportive et événementielle, témoignant d’un héritage urbain tangible.

Héritage et organisation : ce que Grenoble a légué aux Jeux d’hiver

Outre l’essor des infrastructures sportives et routières, Grenoble 1968 laisse un héritage méthodologique : coordination fine des chantiers, cartographie claire des sites, signalétique unifiée et narration visuelle cohérente. Sur le plan sportif, les Jeux popularisent les disciplines nordiques en France et montrent la capacité d’un territoire à articuler ville, stations et plateaux pour un événement global. Côté image, la combinaison identité graphique + télévision couleur + « Schuss » façonne une grammaire olympique encore utilisée, des pictogrammes aux mascottes.

Repères pratiques pour (re)visiter les sites

Pour un itinéraire de terrain, on peut débuter au palais des sports Pierre‑Mendès‑France et sur l’anneau de vitesse du parc Paul‑Mistral, avant de gagner Chamrousse pour suivre au plus près les tracés des épreuves alpines, puis Autrans et Saint‑Nizier pour le souffle des disciplines nordiques et du saut. À Villard‑de‑Lans et à l’Alpe d’Huez, l’empreinte des pistes de luge et de bobsleigh complète la lecture du territoire olympique. Munissez‑vous d’un plan actuel des sites et comparez‑le aux schémas et archives de 1968 : on mesure ainsi la pérennité de certaines implantations et les reconversions réussies.

En somme, les Jeux olympiques de Grenoble 1968 ont tenu leurs promesses sportives et urbaines : un programme complet d’épreuves, un palmarès mémorable pour la France, une mascotte fondatrice et des sites encore identifiables. Pour préparer une visite, appuyez‑vous sur les plans patrimoniaux de la ville et les archives du mouvement olympique, afin d’éviter les confusions de localisation et de mieux lire les reconversions.

Sources

CNOSF. Équipe de France olympique : Jeux Olympiques d’hiver de Grenoble 1968 : https://cnosf.franceolympique.com/jeux-olympiques-dhiver-de-grenoble-1968

Ville de Grenoble. Grenoble Patrimoine : Stade de glace des JO de 1968, actuel palais des sports Pierre Mendès France : https://www.grenoble-patrimoine.fr/element/176/595-stade-de-glace-des-jo-de-1968-actuel-palais-des-sports-pierre-mendes-france.htm

IOC Olympic Studies Centre (archives) : Historical Archives. Grenoble 1968 (sélection, dates, participants) : https://library.olympics.com/Default/basicfilesdownload.ashx?itemId=1002

Olympic Museum. Collections : Grenoble 1968, Shuss, the Games’ mascot (non reconnu comme mascotte officielle) : https://olympic-museum-artefacts.zetcom.net/en/collection/item/119714/

Wikipedia (synthèse et localisation des sites) : Venues of the 1968 Winter Olympics : https://en.wikipedia.org/wiki/Venues_of_the_1968_Winter_Olympics