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Quand les plantes du jardin guérissent

Connaissez-vous le jardin Dominique Villars ? C’est un jardin de plantes médicinales, ouvert à tous, niché au cœur des facultés de médecine et pharmacie. Fabuleuse découverte.

« Les belles montagnes qui entourent Grenoble se prêtent à servir d’aliment au jardin de botanique placé dans cette ville. » Ainsi parlait Dominique Villars (1745-1814), éminent médecin et botaniste dauphinois en présentant son jardin botanique. À son emplacement exact renaît, depuis 2014, à l’initiative de Serge Krivobok (photo ci-dessus), docteur en pharmacie érudit et passionné, « un jardin pédagogique, véritable salle de cours à ciel ouvert pour les étudiants et le public, dédié à la formation aux plantes médicinales et à leurs risques toxicologiques ».

Étiquettes à histoires

De bacs en parcelles, 250 espèces sont classées selon leurs vertus thérapeutiques et type d’habitat. Des panneaux et des fiches pour chaque plante donnent à découvrir le nom, les propriétés, la toxicité éventuelle, la partie végétale et le mode d’utilisation, et une anecdote souvent délicieuse. « Remercions Napoléon 1er », avertit Serge Krivobok devant un plant de chicorée. « Sous l’embargo contre l’Angleterre, qui nous priva de café, on inventa la torréfaction de la chicorée. »

Sur chaque étiquette, un QR code dirige vers le site Smart Jardin, qui regroupe les jardins botaniques des facultés de pharmacie de France. Au fil des sentiers, on découvre ainsi un jardin de plantes alimentaires médicinales, une parcelle de biodiversité avec son cortège d’orchidées et ophrys sauvages printanières, et une zone de plantes ornementales toxiques. « 90 % des intoxications sont liées aux plantes ornementales et, dans 75 % des cas, il s’agit d’enfants qui ont absorbé des fruits dans les jardins, les maisons », souligne le Dr Krivobok avant d’expliquer : « Le ricin produit de jolies graines marbrées dont les enfants confectionnent des colliers, des pions… Mâchées, ces graines provoquent troubles digestifs graves, arythmie cardiaque, déshydratation, hémolyse. Par contre, le principe actif n’étant pas soluble dans l’huile, l’huile de ricin n’est pas toxique. »

Attention aux plantes toxiques

Comme rien n’est simple dans les plantes, certaines espèces sont à la fois médicinales et toxiques. « La belladone très toxique possède des vertus curatives. Ses fruits peuvent être confondus avec les myrtilles. » Alors, mieux vaut se renseigner en chemin auprès d’un pharmacien.

Dernier en date, créé en 2017, le carré médiéval donne à appréhender l’évolution de la pensée médicale. « À l’époque, on utilisait la vipérine, ou herbe aux vipères, pour soigner les morsures de serpents car sa fleur ressemble à la gueule ouverte du reptile qui attaque sa proie. Il s’avère qu’il n’en est rien. »

informationRenseignements divers
Jardin Dominique Villars, faculté de médecine et pharmacie/UGA (place du commandant Nal à La Tronche). Ouvert au public, visite libre et gratuite. Des visites sont organisées lors des Rendez-vous aux jardins, des Journées du patrimoine et de la Semaine de la science. Visites guidées gratuites sur réservation :

courriel serge.krivobok@univ-grenoble-alpes.fr