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JO de 1968

Quartier Malherbe : le centre de presse, une ruche à la pointe de l’innovation

Idéalement situé à proximité du stade des Jeux Olympiques et du Village olympique, le quartier Malherbe, ancien coin de campagne, a accueilli le centre de presse des Jeux Olympiques, une véritable cité nouvelle de 1 500 âmes dédiée au logement des journalistes et aux rédactions. Une première mondiale pour ces Jeux de la modernité.

© emdé 2017

 

En 1964, Malherbe « c’est un coin de campagne » selon Simone Carrel, habitante du quartier avant les Jeux.

Corsetées entre la voie ferrée qui les isole au nord de Grenoble et le terrain d’aviation Jean Mermoz au sud, ces terres agricoles portent en germe les traces de l’extension grenobloise. Au sud de l’avenue Malherbe existait, depuis le milieu des années 50, le quartier expérimental de la Caisse d’Épargne (QECE), un ensemble mixte de pavillons et de bâtiments et au nord, le « bâtiment fantôme », construit sans permis de construire. Le plan Bernard prévoyait le centre d’affaires de Grenoble au sud sur la place des États Généraux (secteur de la MC2). L’arrivée des Jeux Olympiques redistribua les cartes et l’avenir du quartier Malherbe.

Malherbe avant… des champs. 20 mai 1966 © AMMG

En 1965, à trois ans des Jeux Olympiques, Hubert Dudedout devient maire. A Malherbe, le projet Bernard, sur une dizaine d’hectares, prévoyait 633 logements, un groupe scolaire de 46 classes, un centre social, un garage… Confié au jeune architecte Maurice Novarina, et conçu sur le même style que le Village olympique, le chantier, tous corps d’état mobilisés jour et nuit avec 600 ouvriers, fut achevé en 18 mois entre mars 1966 et septembre 1967, grâce au procédé de préfabrication.

Un bourg de 1500 habitants

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Un seul site regroupe tous les services de la presse et des médias. Avenue Malherbe une ceinture de sept immeubles de huit à dix étages ouverte sur des espaces verts accueille les logements des 1 500 journalistes, techniciens, photographes de la presse écrite, radio et télévisée. Chaque bâtiment est dédié à une langue : allemand, anglais, français russe et l’un pour la radio et la télévision. Les deux étages inférieurs sont réservés aux journaux, agences, rédactions, labos photos N/B et couleur. Un restaurant gastronomique bichonne ses convives. Un pôle de navettes et voitures individuelles avec 600 chauffeurs est à disposition des journalistes et un héliport est construit le long de l’avenue Paul Claudel actuelle.

Priorité à l’information

Au nord, pour des raisons de commodité de gestion, l’école accueille les studios de l’ORTF et le centre de traitement de l’information d’IBM et de ses partenaires. La télévision couleur arrive en octobre 1967 en France : les JO grenoblois sont le premier événement sportif international diffusé dans le monde par cette technologie, avec des moyens colossaux à la hauteur de l’événement. L’ORTF produit 120 heures de retransmission en direct ou en différé pour 500 millions de spectateurs de l’Eurovision.

A deux pas, le centre de traitement de l’information d’IBM, Philips, Gestetner, Omega Lip et Longines reçoivent les informations en direct des épreuves, les traitent sur une batterie d’ordinateur et fournissent aux journalistes, spectateurs, téléspectateurs une information immédiate et précise sur les lieux des épreuves, et en direct à la télévision.

Naissance d’un quartier

Avenue Malherbe. Immeuble Charles Dullin © AMMG

A la fin des JO, les équipements sont reconvertis en un quartier bien équipé. Après quelques mois de travaux, place Charles Dullin, les appartements sont destinés aux logements sociaux tandis que ceux de la place Louis Jouvet sont mis en vente. Leur prix, les conditions de crédit, leur qualité en firent une opération immobilière à succès.

Le centre d’accueil mute en centre de loisirs pour les jeunes, le restaurant devient un garage et les locaux techniques un groupe scolaire. « Mais aujourd’hui, qui, sinon les anciens résidents, se souviennent du passé glorieux de ce centre de presse Malherbe dont la qualité d’accueil, puis la reconversion ont participé au succès de ces JO ? » s’interroge Géo Perli président du Coljog.

Alors que le bailleur social, Grenoble Habitat, projette de décorer un pignon de la place Charles Dullin d’une fresque géante évoquant les Jeux Olympiques, l’Union des Habitants du Quartier Malherbe (UHQM), souhaite un signe fort et pérenne : renommer le quartier « Malherbe-Olympique. »

 

Le restaurant : les journalistes, des coqs en pâte

Tirant les leçons d’olympiades précédentes où les repas « n’étaient pas à la hauteur de l’événement », Paul Blanc, directeur du centre de presse, invite le jeune chef déjà renommé Roger Vergé, bardé d’une brigade de 150 personnes dont 50 maîtres queux capables de mitonner 1600 repas à l’heure. Chaque jour mettait en lumière les spécialités gastronomiques d’une province française.

La maison de la Culture : l’art des Jeux

André Wogenscky, disciple de Le Corbusier l’a conçue, André Malraux l’a inaugurée le 13 février 1968. Il en fit « la première Maison de la Culture du Monde ». Elle trône à six mètres de haut, relique de l’urbanisme de dalle prôné dans les années 60, sur ce qui devait être la place des États Généraux dans le plan d’urbanisme Bernard. Témoin de l’audace architecturale et technique de l’époque, elle proposait une scène tournante qui fonctionna peu ou pas. La Maison de la culture est classée au label Patrimoine du XXème siècle.

Le centre œcuménique Saint Marc : sous le signe de la concorde

Le centre œcuménique Saint-Marc, construit en 1968, a pris la place d’une ancienne ferme transformée en chapelle et en centre paroissial. Le plan Bernard prévoyait l’édification d’un temple et d’une église à côté de la Maison de la culture. Mais les deux communautés souhaitèrent créer un seul lieu pour organiser des événements communs et servir de centre d’animation à l’ensemble du quartier. Le centre œcuménique est le seul en France à être régi par une association loi de 1901.

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