Nos interviews

Accueil >Découvertes >Nos interviews>« Rendre productifs les toits, les friches, les pelouses…»

César Lechemia et Lucas Courgeon

« Rendre productifs les toits, les friches, les pelouses…»

Rencontre avec César Lechemia, du collectif Autonomie alimentaire de Grenoble, et Lucas Courgeon, tous deux salariés de l’association Cultivons nos toits, qui organise les 21 et 22 avril prochains les 48h de l’Agriculture urbaine à Grenoble.

© Renaud Chaignet

En 2017, l’association Cultivons nos toits réussi à produire, sur les 300 m2 du toit de la Casemate, près d’une tonne de légumes. Quel bilan tirez-vous de cette première expérience ?

Nous avons atteint notre objectif de produire hors sol une tonne de légumes, entre juin et octobre, en utilisant plusieurs techniques : des bacs en bois, des pots en géotextile, des murs verticaux… Plus d’un millier de plants ont été mis en terre, pour une vingtaine d’espèces : tomates, courges, poivrons, courgettes, aubergines, concombres… mais aussi des plantes aromatiques et des fleurs.

Cela démontre que le maraîchage aérien est une solution pour produire des légumes en ville. Un autre point positif est que nous avons ramené de la biodiversité sur le lieu : on a vu des insectes, des oiseaux, des chauve-souris… revenir. Un écosystème s’est clairement créé, qui a proliféré.

Votre démarche s’inscrivait dès le départ dans une démarche de consommation locale. A qui ont été destinés les légumes produits ?

Nous en avons donné une partie aux salariés de l’association, aux contributeurs du financement participatif du projet et à des associations comme Episol ou le Café des enfants. Nous avons vendu la dernière partie à des restaurateurs grenoblois comme Chez nous, le Tablier noisette ou La Tête à l’envers, qui travaillent les produits locaux.

Quel état des lieux dressez-vous de l’agriculture urbaine à Grenoble ?

Peu de villes sont autant engagées que Grenoble, qui compte beaucoup d’acteurs de terrain comme Brin d’Grelinette, Jardins vivants, les Incroyables Mistral, le collectif Autonomie alimentaire de Grenoble…

La Ville réalise aussi plusieurs projets avec sa politique de végétalisation des espaces, comme Jardinons nos rues ou les Jardins à adopter. Mais beaucoup de décisions ne relèvent pas que d’elle. Par exemple, le Plan local d’urbanisme intercommunal (Plui), qui peut permettre de protéger des terres agricoles et d’installer des maraîchers en zone péri-urbaine, relève de la Métropole.

Pourtant, il y a un potentiel agricole réel à Grenoble pour rendre productifs des lieux comme les toits, les friches, les pelouses…

Quel est le potentiel de culture sur les toits grenoblois ?

Nous avons mené un diagnostic et recensé plus de 450 hectares de toits plats sur Grenoble et l’agglo, dont 170 sur Grenoble seule. Bien sûr, tous ne répondent aux contraintes de sécurité et d’accessibilité ou n’ont pas la structure technique suffisante pour supporter le poids des bacs et de la terre, mais c’est un potentiel conséquent, à exploiter.

Si on se base sur le rendement obtenu sur les toits de la Casemate, on pourrait nourrir bon nombre de Grenoblois !

Quels types de culture sont envisageables sur les toits ?

Sur les toits déjà existants, c’est plutôt une culture hors sol, en bacs ou murs verticaux. Pour les constructions neuves, qui ne sont pas encore sorties de terre, tout est envisageable et l’on peut tout à fait recréer des sols !

Quels sont les avantages de la culture potagère aérienne ?

Les potagers sur les toits permettent de diminuer les îlots de chaleur et absorbent la pollution en fixant le Co2. Ils sont aussi de vrais refuges pour la biodiversité.

D’autre part, il est prouvé que les particules fines ne montent pas : un légume cultivé en hauteur est donc moins pollué que celui produit au ras du sol. La différence de chaleur, renvoyée du sol vers le haut, crée de surcroît un microclimat sur les toits, qui accentue la croissance des légumes.

Et, surtout, le maraîchage aérien permet de créer de nouveaux espaces de culture et donc de rendre les villes plus autonomes. A Grenoble, qui est la troisième ville la plus dense de France, c’est cohérent d’utiliser ces espaces pour produire en local.

Existe-t-il d’autres projets de culture aérienne à Grenoble?

Cultivons nos toits travaille actuellement avec des architectes, des promoteurs et des bailleurs sociaux pour des projets grenoblois qui intégreront des potagers sur les toits ou sur les terrasses des parkings. Des jardins sur les toits devraient prochainement voir le jour sur des immeubles de la ZAC Flaubert et de la Presqu’île.

 

informationRenseignements divers
Les 48h de l’Agriculture urbaine, les 21 et 22 avril 2018 à Grenoble.
courrielhttp://cultivonsnostoits.org/
courrielhttps://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/les-48h-de-l-agriculture-urbaine-a-grenoble

Les commentaires (0)

réagir

Votre adresse de courriel ne sera jamais publiée.

Tous les champs sont obligatoires

> Commentaires, mode d'emploi