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Simone Lagrange

Une femme libre

Cette Résistante à la personnalité exceptionnelle s’est éteinte à 85 ans, le 17 février, à La Tronche, après avoir combattu toute sa vie le fanatisme, dénonçant les extrémismes sans relâche, portant haut le souci de la mémoire.

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Simone Lagrange était une femme profondément libre, au verbe mordant et incisif. C’est ce que disent et retiennent d’elle tous ceux qui l’ont côtoyée. Cette femme à la personnalité exceptionnelle s’est éteinte à 85 ans, le 17 février, à La Tronche, après avoir combattu toute sa vie le fanatisme, dénonçant les extrémismes sans relâche, portant haut le souci de la mémoire.

Née Simy Kadosche, le 23 octobre 1930 à Saint-Fons (Rhône), au sein d’une famille juive originaire du Maroc, Simone Lagrange est une ancienne déportée française, témoin clé lors du procès de Klaus Barbie. Elle a 13 ans quand elle est arrêtée, sur dénonciation, avec ses parents et une de ses sœurs, le 6 juin 1944. Incarcérée à la prison de Montluc, embarquée au siège de la Gestapo à Lyon, Simone est torturée pendant plusieurs jours par Klaus Barbie pour lui faire avouer où étaient cachés ses plus jeunes frère et sœur.

Elle est ensuite transférée à Drancy le 23 juin 1944 avec sa mère, Rachel : les deux femmes seront déportées à Auschwitz, par le convoi 76, le 30 juin. Rachel sera gazée en août 44. Simon, le père de Simone, sera déporté à Auschwitz par le dernier convoi à quitter Lyon. Le 18 janvier 1945, 25 000 déportés évacuent à pied le camp d’Auschwitz pour Ravensbrück. Simone survivra à cette marche de la mort ; pas son père, assassiné sous ses yeux.

De retour en France, fin mai 1945, elle retrouve ses jeunes frère et sœur, cachés dans une institution religieuse. Des années plus tard, en 1987, Simy, devenue Simone Lagrange, sera un témoin essentiel lors du procès de Klaus Barbie. À partir de là, elle ne cessera plus de témoigner et de s’engager. Auprès des collégiens et lycéens d’abord, lors des différentes cérémonies du Souvenir, ensuite, ne mâchant pas ses mots pour dénoncer, en France ou en Europe, la montée des thèses extrêmes, l’antisémitisme ou le racisme.

Celle qui fut la compagne de camp de Simone Veil, qui a fréquenté l’écrivain Primo Levi — l’un des plus célèbres survivants d’Auschwitz — écrit à son tour un livre, Coupable d’être née, préfacé par Elie Wiesel, écrivain et philosophe américain, autre rescapé de la Shoah.

Devenue présidente de l’Amicale des déportés d’Auschwitz-Birkenau, membre du comité du musée de la Résistance et de la Déportation de Grenoble, Simone Lagrange a aussi participé à la création du Mémorial des enfants d’Izieu.

Inlassablement, elle a dit, raconté, témoigné, avec courage et combativité, et, surtout, avec un amour de la vie incroyable.

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