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L’arbre en ville, acteur de nouveaux scénarios

Depuis le printemps dernier, la Ville de Grenoble s’entoure d’un groupement de quatre agences locales aux expertises complémentaires : paysagistes, géographes et environnementalistes, sociologues-urbanistes, et experts forestiers. Tous s’attellent à la réalisation d’un diagnostic approfondi des arbres sur le territoire communal, assorti de scénarios pour préserver les arbres et intensifier leur présence. Objectif : améliorer le climat urbain et le bien-être des citadin-es, et atténuer – à la mesure de ce que peuvent apporter les arbres – les effets du changement climatique.

Aujourd’hui Grenoble abrite environ 32 000 arbres publics. L’état sanitaire des arbres est plutôt satisfaisant : 72 % d’entre eux ont une bonne vigueur. ©Sylvain Frappat

Explorer le potentiel de la ville dans l’objectif d’y intégrer de nouveaux arbres et préserver ceux déjà existants, telle est la mission de ce groupement.

«Les arbres apportent une meilleure qualité de l’air, de la fraîcheur et de la beauté, aussi subjective soit-elle. Ce sont autant d’éléments à prendre en compte pour reconnaître leur valeur et en prendre soin», estime Marie-Christine Couic, sociologue-urbaniste et membre du groupe d’expert-es.

Des bienfaits qui profitent aussi à la vie animale citadine. Anne Boutonnet, experte au cabinet Forestry, explique :

L’arbre a un rôle dans l’écosystème. Il participe à la richesse de la biodiversité en accueillant la faune. À ce titre, il est fondamental. Il permet aux petits animaux de se déplacer et de connecter les berges avec les grands parcs.

Vers une canopée plus confortable

Augmenter la présence de l’arbre en ville, c’est augmenter sa canopée, c’est-à-dire le pourcentage de couverture d’ombre projetée au sol par les feuillages et branchages.

À Grenoble, celle-ci vient d’être appréciée par le groupe d’expert-es, qui a tenu compte des arbres publics aussi bien que privés : elle est d’environ 20 % lorsque l’horloge sonne midi.

La canopée de Grenoble est estimée à 350 hectares pour 1813 hectares de surface totale (soit 20 %). ©Alain Fischer

«À ce jour, les villes qui s’engagent dans des démarches de confort par les arbres visent 30 à 35 % de canopée, précise Marie-Christine Couic. Cela demandera un effort considérable, car pour obtenir 22 % de canopée à Grenoble, il faudrait planter 15 000 arbres».

Privilégier les essences méditerranéennes

Toujours est-il que le groupement planche sur des pistes de réflexion, qui se préciseront dans les mois à venir. De nombreux espaces pourraient accueillir des plantations. Il s’agit en particulier de viser les espaces non bâtis (rues, parkings d’entreprises, espaces extérieurs privés, équipements communaux, parcs, etc.), et cela de manière équitable pour chaque quartier, afin d’offrir des espaces de fraîcheur à chacun-e.

Il est aussi nécessaire d’accompagner les espèces actuelles dans leur adaptation au changement climatique. Pour l’heure, ce qui prévaut est de ne pas trop interférer dans les processus d’adaptation naturelle, mais d’accroître la surveillance individualisée des arbres, la qualité de leur terre et leur accès à l’eau.

Quelles sont les nouvelles essences à intégrer ? Anne Boutonnet préconise par exemple les «essences méditerranéennes et frugales qui ne demandent pas trop d’eau, ni trop d’aliments dans le sol. Certaines espèces présentes sur la Bastille notamment ont déjà des caractéristiques méditerranéennes, dues à la roche calcaire et à l’exposition plein sud. L’idée est de ne pas miser sur une seule essence, car si un pathogène arrive, il détruit tout

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