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Jacques Wiart

« Le vélo doit être un choix volontaire et positif »

Entretien avec Jacques Wiart, élu aux déplacements et à la logistique urbaine.

Lundi 30 juin 2014 Conseil Municipal, Jacques Wiart, Adjoint - Déplacements et logistique urbaine Photo : © Thierry CHENU thierry.chenu@grenoblecommunication.fr +336 84 52 10 99 - www.grenoble.fr Droits réservés : Ville de Grenoble © 2014

Quelles sont vos ambitions et actions pour le vélo utilitaire en ville ?

Notre objectif est d’amener la part des déplacements à vélo au minimum à 15 % à l’issue du mandat. Personnellement, vu la configuration et la compacité de la ville je pense qu’on pourrait viser 25 à 30 %, comme on l’observe dans d’autres villes très cyclables en Suisse, Allemagne, Hollande, etc…

En tant qu’employeur, à travers son plan de déplacements d’administration (PDA), la ville de Grenoble encourage ses salariés à venir au travail à vélo. Cela passe par des actions très facilitatrices très concrètes pour faciliter l’usage du vélo : parkings, service d’entretien et de réparation, mise à disposition de vélos de service… Nous appliquerons également l’indemnité kilométrique vélo dont le montant vient d’être fixé à 25 centimes par kilomètre.

Menaçant pour les piétons sur les trottoirs, menacés par les voitures sur la chaussée, le vélo a du mal à trouver sa place dans nos villes ?

Dorénavant, le partage de la voirie prévaut et c’est pour ça qu’on a instauré la ville à 30 km/h. Les futurs aménagements cyclables seront sur la chaussée car les trottoirs sont réservés aux piétons. De même, les arceaux à vélo sont maintenant installés de préférence sur des places de stationnement, au plus proche des intersections, pour améliorer la visibilité. Car il faut avant tout assurer la sécurité des plus fragiles à savoir les piétons, les enfants, les personnes âgées, les personnes à mobilité réduite…

En 2009, dans l’agglomération, 3 déplacements en voiture sur 4 de moins de 3 kilomètres se faisaient en voiture. Sur ces courtes distances, comment inciter les conducteurs à plus utiliser le vélo ?

Le transfert de la voiture vers le vélo doit être un choix volontaire et positif. On délaissera sa voiture quand les autres modes de déplacement seront plus commodes et efficaces. En libérant de l’espace, en élargissant les trottoirs, en créant des pistes cyclables, on rend les déplacements à pied et à vélo plus sécurisés, plus agréables. Je constate aussi une demande de la part de personnes âgées et de parents qui aimeraient utiliser le vélo mais qui ne sont pas rassurés. C’est d’autant plus dommage que le vélo présente un « atout santé » très fort. C’est en toute sécurité, qu’il est nécessaire de retrouver des modes de déplacements actifs, qui font du bien à notre corps et notre santé.

Et pour les distances plus importantes ?

En complément, il faut parvenir à davantage rabattre les voitures vers les parking-relais en entrée d’agglomération, pour prendre les transports en commun ou des vélos de location « Métrovélo ».

Le co-voiturage, qui s’est développé sur des moyennes et longues distances, peut aussi être renforcé localement. Sur l’agglomération ce n’est sans doute pas encore assez optimisé et encouragé. Le télétravail est également une solution à promouvoir, en développant un vrai réseau de « tiers-lieux » à l’échelle de la région urbaine de Grenoble, utilisables tant par des professions indépendantes que par des salariés.

Si la voiture devient moins pertinente pour certains usages, elle le restera pour d’autres. En contrepartie, cette baisse du trafic devrait bénéficier aux véhicules professionnels, pour la livraison et la logistique urbaine notamment.
Actuellement à l’étude par les services de la Métropole, les grandes voies vélos ont été pensées par les participants à la concertation pour être un réseau d’axes structurants d’agglomération qui offrent un maximum de continuités cyclables. En limitant les stops autant que possible, ce « réseau express vélo » permettrait par exemple de relier rapidement et efficacement le campus à Saint-Martin-le-Vinoux ou, à Seyssinet et, à Fontaine.
La voiture a une place très importante dans nos villes et il faut trouver un nouvel équilibre. Dans la ville de demain, on a va rééquilibrer sa place au profit des autres modes de déplacement.

En parallèle à ces axes structurants à l’étude, la ville a lancé une démarche participative avec des habitants à l’échelle d’un quartier…

Effectivement, en complément de ce travail à l’échelle de la métropole, nous avons expérimenté un travail fin au niveau des quartiers avec des habitants et des membres de l’union de quartier Ile verte qui circulent à vélo. De janvier à mars nous avons travaillé autour d’une carte, en nous rendant sur site afin d’imaginer concrètement des améliorations : où installer des arceaux et des stationnements sécurisés, où mettre des pictogrammes sur la chaussée, où proposer des pistes cyclables… Maintenant nous faisons remonter ces propositions aux services de la métropole pour examen technico-économique, et suites à donner. Cette manière de travailler, où l’élu est à l’interface des besoins des habitants me semble être une bonne méthode que nous envisageons de reproduire dans chaque secteur de la ville.

Vos commentaires

Commentaire de Soulhol Marc le 18 septembre 2016 à 19 h 55 min

Je suis d’accord à 200% Seul bémol de taille , beaucoup de cyclistes roulent sur les trottoirs !

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Commentaire de Benjamin le 22 septembre 2016 à 11 h 03 min

Oui Marc, encore beaucoup de cyclistes roulent sur les trottoirs ! J’ai envie de dire que c’est encore « normal » pour le moment…
A grenoble le velo ne represente que 6% des deplacements urbains, autrement dit, la place du velo est encore tres tres faible. De ce fait, la securite des cyclistes est aussi tres faible sur des routes encore dominees par les voitures. C’est bien ce qui est relaye par M. Wiart dans l’article, certaines personnes n’osent meme pas aller sur la route avec leur velo par peur du danger. Et c’est une realite, la voiture est encore reine sur nos routes…
Des etudes, et la pratique montrent que la securite vient principalement du fait d’un usage plus important du velo en ville (le nombre fait la force!) et du developpement d’infrastructures adaptees (Vraies voies cyclable dediees, et non partagees avec les automobilistes). Pour vous en convaincre, je vous invite a aller faire du velo a Copenhague ou la-bas c’est pas 6% mais 50% des deplacements urbains fait a velo !
A un feu rouge en centre ville de Copenhague, on compte plus de velo que de voiture. On se rend compte de ce que c’est une « ville apaisee » en allant la-bas 😉
Je pense que cette ville, entre autre, devrait servir de modele a Grenoble.

ps: Marc, j’etais volontairement provocateur en debut de message, mais cela n’a rien de personnel vous l’aurez compris, je me sers juste de votre commentaire pour rebondir dessus 🙂

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