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papillon nocturne

L’invasion de la pyrale du buis

Une multitude de papillons blancs tournoie autour des lampadaires de Grenoble en ce moment : c’est la pyrale du buis, non nuisible à ce stade, mais redoutable à l’état de chenille.

© Christophe Huant

© Christophe Huant

 

Le soir, dans les rues de Grenoble, le spectacle a de quoi surprendre : des centaines de papillons s’agitent autour de l’éclairage public, tapissent les murs des immeubles, s’invitent dans les intérieurs. L’invasion est signalée depuis plusieurs jours déjà. Originaire d’Asie, ce papillon nocturne, vraisemblablement arrivé en France au milieu des années 2000 est une espèce envahissante dont la chenille fait des dégâts considérables sur les buis. Elle figure sur la liste d’alerte de l’Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes (OEPP), et n’a en Europe aucun prédateur naturel.

Gre-mag a interrogé Jacques Ginet, spécialiste de la biodiversité au service des Espaces verts de la Ville.

La chenille est-elle urticante ?
La chenille n’est pas du tout urticante et ne présente aucun danger pour l’homme.

Comment la détruire ?
Si on le savait, il y en aurait beaucoup moins !
Actuellement, le seul moyen de lutte qui a une efficacité prouvée est le traitement avec du Bacille de Thuringe quand la chenille est jeune, ce qui nécessite entre 4 et 10 traitements par an suivant les sites.
A noter que le traitement au BT en zone naturelle, sur la colline de la Bastille par exemple, n’est pas envisageable pour deux raisons :

  • Accessibilité du site pour le matériel de pulvérisation.
  • Risques pour l’environnement, surtout la biodiversité et les espèces endémiques, même avec un produit dit « bio ».

Comment se prémunir du papillon ?
La meilleure façon de se prémunir des papillons est de détruire les chenilles et les œufs pondus par la génération précédente.
Pour les zones d’habitation, certain bricoleurs ont fabriqué des pièges à grande capacité avec une lampe halogène, un ventilateur de voiture ou un autre petit ventilateur et un grand sac en toile légère type étamine ou filet à petite maille.

Ce matériel permet de capturer de nombreux papillons en une nuit, et ainsi de réduire la nuisance due à son vol nocturne dans les habitations.
Mais cette technique trouve très vite ses limites en bordure d’espaces naturels colonisés par les buis (Bastille, Néron, Vouillants…)

Combien de temps cela va durer ?
Si on le savait, le problème serait déjà presque résolu !!!

Il y a jusqu’à trois générations par été, c’est-à-dire des vols de papillons plus ou moins importants entre juin et octobre.
L’animal hiverne sous forme de petite chenille dans les bourgeons de buis. Et le cycle recommence chaque printemps. La sortie d’hivernage se fait entre avril et mai.
De plus le papillon est un bon « voilier », c’est-à-dire qu’il peut voler assez loin (plusieurs km).

Y a t-il des moyens de lutte ?
Au niveau des jardins et parcs urbains, les traitements correctement programmés permettent de sauver les buis, même s’il y a parfois quelques dégâts sur le feuillage.
Dans le milieu naturel, il n’y a encore aucune méthode qui puisse surmonter la rapidité de reproduction du papillon.

Une femelle pond entre 200 et 300 œufs dont une moitié environ sont des mâles. 6 semaines plus tard, il éclot 100 femelles environ. 6 autres semaines plus tard, il y a 10 000 femelles et à la troisième génération, 4 mois et demi après le premier vol, il y a 1 000 000 de femelles, qui vont pondre 2000 millions d’œufs, donc autant de jeunes chenilles pour l’année suivante.

Imaginez la progression pour 1000 hectare de buis avec une centaine de chenilles par arbuste ! Voilà les données du problème en l’état actuel des connaissances.
(Certains auteurs disent jusqu’à 1000 œufs par femelle, mais cela reste à prouver. Dans ce cas en fin d’été la descendance d’une seule femelle serait de 1000 milliards de chenilles, mais ce chiffre reste à prouver).

Et est ce qu’il y a un risque de propagation à d’autres espèces que le buis ?
Pour le moment cette espèce de papillon ne pond que sur les buis à l’exclusion de toute autre plante.

Des recherches ont en cours depuis 2011 (le projet Save Buxus) mais il faudra probablement une dizaine d’années avant de trouver une méthode de lutte efficace à grande échelle.
Des essais sont menés (y compris à Grenoble) avec un parasitoïde du genre Trichogramme.

Les commentaires (12)

Commentaire de Riguet le 14 septembre 2016 à 14 h 47 min

Je suis sur Voreppe et j’ai vu mes géraniums dépérir …les papillons venant se poser partout…j’ai remarqué au fil des semaines que les branches se trouaient ainsi que les bourgeons des fleurs…laissant des cavités noircies comme grignotées…j’ai dû tout jeter en désespoir de cause….

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Commentaire de pistone marie therese le 14 septembre 2016 à 14 h 52 min

si tout le monde prenait le temps de prendre une bassine de savon ou de produit vaisselle et d’aller la mettre vers la lumière les papillons se noient dedans et ça pourrait marcher on pourrait diminuer la quantité

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Commentaire de Marie le 14 septembre 2016 à 16 h 39 min

Je suis sur la tronche et mes plantes, géraniums, gerbera, pourpier sont mangés par un ver. Et laissant des petites billes noires. Que peux t on faire ?

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Commentaire de Annick le 14 septembre 2016 à 17 h 54 min

En zone rurbaine, nous n’avons pas de buis à proximité. ces maudits papillons, après avoir chassé les abeilles, colonisent les arbres à fleurs, s’introduisent dans les maisons, difficile de laisser les fenêtres ouvertes. Un véritable fléau!!!

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Commentaire de mel le 14 septembre 2016 à 23 h 18 min

Les pyrales depuis deux ans à Saint egreve et saint martin le vinoux ne s’attaquent pas qu’au buis. J’ai vu les haies de ma copropriété se faire grignoter et devenir pleines de petit trous, pour qu’au printemps, en secouant les haies, des centaines de papillons s’envolent en un nuage immense….

Enfin je me permets d’ajouter une information que cet article sous entend à peine : le prédateur naturel de cette chenille est le frelon asiatique…….. prédateur dont on se passerait ici vu sa dangerosité comparé au frelon européen.

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Commentaire de Natambre le 15 septembre 2016 à 7 h 49 min

La bassine d’eau + produit vaisselle ne fonctionne pas…

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Commentaire de pc francois le 15 septembre 2016 à 10 h 04 min

vous trouverez des infos sur le blog de la commune de CHORANCHE la mairie et ses citoyens se sont lancés dans la lutte

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Commentaire de VIALE le 15 septembre 2016 à 23 h 18 min

je suis à Noyarey et il me semble que ça attaque les oliviers car chez moi je voie l’extrémité des jeunes pousses les feuilles jaunissent et deviennent transparentes et il y a comme des toiles d’araignée ; ce que j’avais constaté sur mes buis

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Commentaire de marie le 17 septembre 2016 à 9 h 21 min

A Voreppe, c’est un seringua qui semble colonisé, toutes les extrêmités des branches desséchées. Mais toutes les haies, toutes variétés confondues, sont infestées de papillons. Faute de buis, à mon avis ils vont y pondre. La question est, qu’adviendra-t-il le printemps prochain ? Est-ce que les chenilles vont muter et se nourrir de thuyas ou d’épine-vinette ?

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Commentaire de jayet le 17 septembre 2016 à 19 h 41 min

Bonjour, nous avons une haie de buis d’une petite dizaine de mètres, cela aura pris un bon nombre d’heures, mais sans aucun produit je crois avoir tout éliminé..pour cette année. Branche par branche, il a fallu à plusieurs reprises ôter les cocons, tuer les chenilles, avec un canif et les doigts ! Puis balayer à répétions.
Pendant cet exercice j’ai du esquiver quelques vols en rase-mottes, donc j’ai décidé de mettre à la chasse aux papillons (que jusque-là je considérais romantique !) avec un bon balai et de la dextérité. J’ai remarqué qu’il faut bien insister en les écrasant car ils sont très résistants.
J’avais jamais passé autant de temps avec mes arbrisseaux, et tout m’indique qu’il est grand temps que nous prenions grand soin de ce qui nous entoure, sans ajouter encore des artifices.

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Commentaire de Philippe le 23 septembre 2016 à 14 h 17 min

J’ai perdu tout mes buis sauf celui qui était au milieu des troénes. Simple constatation à confirmer.

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Commentaire de huant le 27 septembre 2019 à 13 h 47 min

Il ne faut pas confondre la Pyrale du buis et le Brun des Pélargoniums qui eux s’attaquent au Géraniums de vos balcons. Ce sont deux choses différentes qui n’ont pas de liens si ce n’est qu’il s’agisse ici de deux papillons.

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