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Pascal Clouaire / Antoine Back

« L’objectif, c’est de donner du pouvoir d’agir aux habitants »

Pascal Clouaire, adjoint élu à la démocratie locale, et Antoine Back, conseiller municipal élu du secteur 2, expliquent la démarche de co-construction menée sur le projet de l’Esplanade. Interviews croisés.

Qu’est-ce que signifie « co-construction » selon vous ?

719296_Pascal ClouairePascal Clouaire : J’appelle « co-construction » la mise en œuvre d’une méthode de travail qui vise à ce que la mairie et les habitants puissent élaborer un projet commun et partagé, qui tienne compte des contraintes respectives, des volontés et des désirs des uns et des autres. Même si c’est la Ville qui prend la décision finale, les deux partenaires sont à égalité.

Antoine Back : Il y a trois niveaux de participation des habitants au projet : l’information pure à sens unique, la concertation (un projet porté par la collectivité à définir en consultant les riverains) et la co-construction (on part d’une page presque blanche sur laquelle on écrit avec les riverains, les commerçants et les usagers).

Quel est votre objectif politique dans le cadre de la co-construction ?

Pascal Clouaire : L’objectif politique, c’est de donner du pouvoir d’agir aux habitants. Les habitants ont une expertise de vie dans le quartier. A ce titre, ils sont des partenaires pour réaliser ce projet avec nous, s’ils ont une volonté de s’engager bien sûr.

Pourquoi ? Car nous souhaitons redonner confiance dans la relation que les politiques peuvent avoir avec les citoyens. Si on veut prendre le tournant des villes en transition démocratique, il est important de travailler ensemble.

Comment se traduit-t-elle sur le quartier Esplanade ?

Pascal Clouaire : Le quartier Esplanade était considéré uniquement comme une entrée de ville, niant les habitants. C’est une entrée de ville certes, mais c’est aussi un quartier, et nous avons besoin d’imaginer son futur avec ses habitants. Par contre, il faut savoir que sur l’Esplanade, la co-construction est limitée sur le territoire qui est propriété de la Ville.

Certaines parties de l’Esplanade sont des terrains privés sur lesquels les marges de manœuvre pour co-construire ne sont pas possibles. Pour autant, nous voulons travailler en transparence sur ce que l’on fait, c’est pourquoi il y a eu des réunions d’informations sur l’îlot Peugeot, avec la présence des habitants, du promoteur et des cabinets d’architectes.

 

vendredi 24 octobre 2014 Antoine Back, élu du secteur 2. © Sylvain Frappat - Ville de Grenoble

Antoine Back : Historiquement, sur l’Esplanade, il y avait un projet de ZAC très contesté par les habitants. Une pétition contre ce projet a d’ailleurs récolté 20 000 signatures, dont celles de 8 000 Grenoblois. La municipalité a stoppé le projet, sans oublier qu’il y a tout de même un véritable besoin de logements sur Grenoble. Nous avons donc décidé de faire un nouveau projet. Certains habitants, alertés par le précédent projet, ont émis le souhait qu’il soit concerté et que la méthode de concertation soit construite avec eux.

Alors on s’est lancés. On a monté un comité de co-construction, le Comité Esplanade, qui est opérationnel depuis la fin de l’automne dernier. Il est composé d’élus et d’acteurs du quartier et des quartiers voisins. Son objectif est d’organiser la co-construction, choisir les thèmes de concertation, la façon de les mener, avec qui, quand, le calendrier, et bien sûr, les orientations du projet en termes d’usages et de fonctionnalités – comment on veut que le quartier soit utilisé….

De ce travail, un document final sera transmis au futur concepteur urbain (en cours de recrutement) mi-octobre, avec nos préconisations.

Comment avez-vous ressenti l’appropriation des Grenoblois à ce projet ?

Pascal Clouaire : J’ai remarqué deux choses. D’une part, une extrême maturité et une responsabilité des membres du comité pour surmonter les difficultés, et une certaine clairvoyance par rapport à l’avenir du quartier, malgré les intérêts divergents. Ensuite, une bonne participation de la part des habitants. Des propositions utiles, une intelligence collective.

C’est un début prometteur. Un grand merci à eux.

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